Il est parti.
Il est parti.De maman à mère : la transition dont on ne parle pas assez — Partie 3
J’ai l’impression que la maison a perdue une partie de son âme.
Je me suis posée comme question : est-ce que je me suis vraiment engagée à partager tout ce qui m’arrive en temps réel??!!!! Il me semble que ce serait tellement plus facile faire un résumé dans quelques mois, quand la poussière aura retombée.
Mais je suis là. Parce que je pense que c'est important que je te parle en temps réel de ce que je vis.
Pas dans deux mois quand tout sera digéré. Maintenant. Dans le vrai.
Il est parti.
Mon grand (bébé) a déménagé.
Et moi, je suis rentrée à la maison lundi (nous sommes mercredi aujourd’hui).
Ouf.
Le plus beau des messages reçu lors de mon voyage.
Le jeudi. Richmond. Un caneton et sa maman.
Je suis arrivée à la conférence mercredi en de journée avec mon cœur dans la gorge. Je savais que le lendemain était la dernière journée où Phil était encore à la maison.
Le jeudi, en après-midi, j'ai eu un grand besoin de sortir. De marcher. D'être seule.
Je suis partie deux heures. J'ai appelé une amie. On a jasé. Ça m'a fait du bien.
Puis je me suis assise dans un petit parc près de l'hôtel. Le soleil me plombait en plein visage. Il y avait un étang devant moi.
Et là… j'ai vu une maman cane avec son tout petit caneton.
Minuscule. Tellement mignon. Il se promenait partout… et elle, elle le suivait. Toujours juste derrière. Toujours là.
J'ai ri. Et j'ai pleuré en même temps.
Parce que je voyais moi. Et je voyais mon garçon.
Et quelque chose en moi s'est apaisé. J’ai compris. J’ai souris.
Peu importe l'âge de nos enfants… on est toujours là.
On sera toujours là. C'est pas le déménagement qui change ça.
Timing divin ?
C'est sûr que oui.
Le vol annulé. La leçon que je m'attendais pas à recevoir.
Samedi matin, je me réveille de bonne heure pour rentrer à la maison.
Je regarde mon téléphone.
Mon vol est annulé.
Là, j'avoue, j'ai eu un moment de frustration extrême. Je voulais rentrer. Je voulais aller voir mon garçon dans son nouveau chez-lui. Je voulais juste être là.
Mais j'avais pas le choix.
Alors j'ai respiré. J'ai patienté. J'ai fait des refresh sur l'application. J'ai lâché prise.
Et finalement, j'ai eu le dernier siège sur un vol de 17h.
Je suis rentrée à une heure du matin. Épuisée. Mais rentrée.
Et j'ai réalisé que cette journée-là m'avait appris quelque chose d'important.
Des fois, la vie nous force à ralentir. À lâcher prise. À faire confiance.
Même quand on veut tellement contrôler.
Son appartement. Sa vie. Sa lumière.
Dimanche, avant de reprendre la route pour Sherbrooke, je suis allée voir son appart.
Il est TELLEMENT bien installé. Il est heureux. Il rayonne.
Il a un emploi qu'il aime. Un chez-lui qui lui ressemble. Des projets devant lui.
Je suis tellement fière de lui.
J'ai rarement vu un jeune homme aussi déterminé, aussi travaillant, avec une foi aussi solide. Il a un beau cœur. C'est juste le fun de le voir aller.
La dualité des émotions qui frappe à nouveau. Comme quoi on peut vivre une grande joie et aussi une peine en même temps. Et c’est important d’apprendre à le faire. D’apprendre à naviguer les dualités de la vie car il y en a TOUJOURS. Tout le monde en bénéficie quand on maitrise l’art de bien les naviguer.
Le retour à la maison. Le silence.
Et puis il a fallu partir. Prendre le chemin du retour.
C'est là que j'avais le plus peur.
En montant au deuxième, j'ai vu sa chambre.
Son bureau vide dans la chambre de sa sœur. Les affaires qui restaient.
J'étais pas capable d’y faire face.
J'ai fermé les portes.
Les mêmes portes que j'avais fermées quand ma fille était partie.
Et je me suis couchée lundi soir en pleurant.
Parce qu'il y a un vide qui est apparu. Pas juste dans mon cœur. Dans mon espace de vie. Dans mon quotidien.
C'est silencieux.
Et autant j'aime le silence, autant que j'en ai BESOIN habituellement… là, ce silence-là, il est quasi insupportable.
Ce que je comprends maintenant.
Je suis ici pour te partager ma réalité parce que je suis convaincue qu'on est PLUSIEURS à vivre ça. Et qu'on mérite de savoir qu'on est pas seules.
En 14 mois, mon cœur en a absorbé beaucoup. Le décès subit de ma belle-mère. Le mariage de ma fille. Son déménagement. Celui de mon fils maintenant. Beaucoup de transitions. Beaucoup de gros changements.
Mon verre… il s'est vidé pas mal.
Alors là, je me donne de la grâce. Je vais écrire dans mon journal. Aller marcher en nature. Prendre soin de moi, ma santé mentale, physique, émotionnelle.
Et au lieu d'appeler ça un vide…
Je vais l'appeler de l'espace.
Parce que c'est ça, au fond. J'ai maintenant plus d'espace dans ma vie. Dans mon cœur. Dans mon rôle de mère.
Qu'est-ce que je veux faire avec tout cet espace ?
C'est la question que je me pose ce matin.
Et je pense que la réponse va être belle.
Prête pas prête, j’y vais.
Jaime XO
Tu traverses toi aussi cette transition ? Tu l'as vécue ? Tu veux en jaser ? Ma porte est grande ouverte. Et n'hésite pas à partager ce trio de textes à une femme qui en a besoin. C'est pour ça qu'on est là.
Tu peux aussi écouter le balado de la semaine où je te raconte tout ça de vive voix.
À lire aussi sur le blogue Je suis une maman…
Il a déménagé. Et moi je suis rentrée dans une maison silencieuse. Nid vide, émotions, espace qui s'ouvre : je te partage ce que je vis vraiment, sans filtre.