Je ne voulais pas avoir de regrets alors…
De maman à mère : la transition dont on ne parle pas assez — Partie 2
Je t'avais dit : à bientôt pour la suite.
La voilà.
Dans mon dernier texte, j'étais assise dans l'avion. Je pleurais comme un bébé. Incapable d'arrêter.
J'avais un p'tit goût amer en bouche à l'idée de rentrer à la maison… parce que rentrer, c'était faire face à la réalité.
Mon bébé allait partir. Quitter le nid. Déménager. Commencer sa vie adulte.
Puis là, après avoir laissé toutes ces émotions sortir, je me suis posée une question. Une question que je me suis souvent posée depuis que je suis devenue une mère, une question, qui à de maintes reprises, a changé le parcours de ma vie.
Comment est-ce que je veux vivre ça pour avoir le moins de regrets possible ?
La réponse est venue rapidement. C’était d’une évidence.
Cette semaine-là… j'allais être maman. Tout simplement.
C’était les derniers moments que je pouvais vivre mon rôle de mère comme je la connaissais.
Un nouveau chapitre allait débuter et je voulais savourer chaque instant de ce rôle qui aura non seulement marqué mon parcours de femme mais qui m’a permis de grandir, cheminer et devenir une version de moi que je ne savais pas existait en moi.
J’étais un peu dans le déni…
Je savais que la date du déménagement arrivait. Mais c'est comme si je l'avais pas vraiment saisie. Pas intégrée. Pas dans le ventre.
On le sait. Mais on y pense pas trop.
Puis ça frappe.
Et là, on a un choix. Continuer à faire semblant. Ou décider d'être VRAIMENT là.
J'ai choisi d'être là. All in. Comme je l’ai été pendant les 23 dernières années.
Ce que ça a voulu dire, concrètement.
J’ai dit à mon chum : cette semaine, je suis une mère tout simplement. Ma priorité, c’est Phil, ma famille.
J'ai mis de côté des trucs de travail. J'ai sorti ma liste de maman.
Costco. Walmart. Toutes les commissions pendant la semaine… comme dans le bon vieux temps.
Je lui ai demandé : quels repas aimerais-tu que je te cuisine cette semaine ?
Puis j'ai cuisiné. Toute la semaine. J’ai organisé son trousseau. J’ai ajouté des trucs pour l’aider.
On est allés souper chez ma mère. On a magasiné sa literie ensemble. On a juste… été ensemble.
Et avant de partir, j'ai écrit des petits mots. Cachés dans son trousseau.
Pour qu'il les trouve après le déménagement, un à la fois.
Parce que c'est ça, moi. Depuis toujours.
La discussion qu'on a eue tous les trois.
Un soir… on a eu une conversation franche. Riche. Intense.
Tellement nécessaire.
En toute franchise, je pense que c'est parce que j'étais vraiment présente cette semaine-là que ça a été possible. Pas à moitié. Pas la tête ailleurs.
Juste là.
Et quand on est vraiment là… il se passe des vraies choses. Des discussions qu'on aurait pas eues autrement.
Parce que veut veut pas, cette transition… elle se vit pour tout le monde. Pas juste pour moi.
Confidences. Je ne serai pas là pour le jour du déménagement.
J'avais une conférence. La fin de semaine exacte où il déménageait.
Au début… je me suis sentie coupable.
Puis j'ai réalisé quelque chose de magnifiquement beau.
Je savais que je ne pouvais pas être là. Je devais lui laisser l’espace pour vivre ça à sa façon. Avec son père. Je serais trop émotive.
En plus, c’est le père de Pierre qui lui a déménagé. Et là, Pierre allait déménager son fils.
Ça m'a apaisée d'une façon que j'attendais pas. Comme si c’était encore une fois, un timing divin.
J'ai coupé ma conférence d'une journée pour être là le weekend. À ma façon.
Parce qu'être maman… ça prend tellement de formes différentes.
Et parfois, faut se tasser, même si c’est difficile. Même si ce n’est pas ce que l’on veut pour soi.
Faut se poser comme question : Qu’est-ce qui serait le mieux pour notre enfant ?
Si toi aussi tu traverses ce moment… ou tu sens qu'il s'en vient… je t'envoie le plus grand des câlins.
Tu n’es pas seule. Vraiment.
Maintenant, je dois rentrer à la maison. Sans lui.
Prête pas prête, on y va.
Jaime XO
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