Confidences. Je ne veux pas revenir à la maison.
Confidences. Je ne veux pas revenir à la maison.
Assise dans l’avion, je ne peux m’empêcher de pleurer.
De pleurer comme un bébé. Incapable d’arrêter.
Photo prise entre les larmes.
C’est la première fois (depuis que je suis mère) que j’ai un p’tit goût amer dans la bouche en route vers la maison. Chose qui ne m’est jamais arrivée auparavant.
Autant que j’aime voyager, je suis toujours autant heureuse de rentrer à la maison (souvent même plus) pour voir mon monde. Pour retrouver ma famille.
Mais cette fois-ci, ouf, rentrer à la maison me fait vivre toute une dualité et une partie de moi ne veut pas revenir. J’aimerais arrêter le temps.
D’un côté, j’ai hâte de retrouver Pierre et Philippe, de retrouver mon lit, mon petit havre de paix dans la nature, mes choses, mon monde.
De l’autre, mon cœur a quasi mal au coeur et je dois me ressaisir car dans moins de 45 minutes, mon fils va venir me chercher à l’aéroport et je ne veux pas qu’il me voie comme ça.
Mais je suis incapable d’arrêter de pleurer.
Pourquoi?
Car dans 4 dodos, je repars. Je repars pour un séjour à l’extérieur pour mon travail et à mon retour, mon bébé ne sera plus là. Il aura quitté mon nid pour voler de ses propres ailes.
Je suis siiiii excitée pour lui, pour son prochain chapitre.
Et je suis également tellement fière de lui.
Il prend de grandes décisions, fait preuve d’une maturité incroyable et d’une foi que je n’avais pas à son âge.
Il rayonne d’excitation et de fébrilité à l’idée d’emménager dans la grande ville.
Ça fait des années qu’il nous dit qu’un jour, il habitera là.
Je suis donc zéro surprise par sa décision.
Mais sa décision me force à vivre une autre transition dans ma vie de maman.
Puis je dois avouer que je viens quasi de retrouver l’harmonie et une nouvelle normalité avec le départ d’Emma il y a 5 mois, me voilà un peu déstabilisée à nouveau.
Je dois aussi avouer que j’aimais beaucoup la vie à trois que nous avons créée à la maison.
Moi et mes boys.
On a eu de beaux moments ensemble. En toute simplicité. C’était parfait.
Me voici donc à l’aube d’une nouvelle transition.
Et avec tout ce que j’ai appris dans les dernières années, je sais que je dois y faire face. Je ne peux pas mettre le tout sous le tapis… ce serait pourtant si simple.
Je dois vivre mes émotions tout en supportant mon fils car il a tout de même besoin de nous durant cette transition dans sa vie.
Toute une dualité…
Photo prise en arrivant à Montréal.
Et curieusement, le pilote vient d’annoncer une descente vers Montréal avec un risque de turbulences intenses.
Timing divin?
C’est sûr que oui.
Tout ce qui reste à faire?
Essuyer mes larmes. Attacher ma ceinture. Prendre une grande respiration.
Et avoir confiance… en moi, mon fils, notre famille, nos prochains chapitres respectifs.
La descente est commencée, prête pas prête, on y va.
À bientôt pour la suite,
Jaime XO
*** Je choisis de partager ce qui m’arrive, ce que je vis, comment je me sens car je réalise qu’il y a très peu de contenu sur ce sujet : la transition de maman à mère quand nos enfants quittent le nid.
Faut en parler plus.
Faut normaliser la dualité d’émotions que nous vivons.
Et surtout faut les vivre.
Car je suis convaincue qu’une femme qui se prend en charge et vit tout ce qu’elle a à vivre, qui trouve des outils, des ressources, qui comprend le pourquoi de ces émotions, grandira à travers la transition et la relation parent-enfant en sera meilleure.
Quand les enfants quittent le nid, une grande transition commence pour les mères. Un texte vrai, un témoignage de Jaime sur le nid vide, le départ des enfants et comment mieux vivre cette étape. C’est ce qu’elle vit présentement.