Faire confiance à nos enfants

Crédit photo : fils de Carolyne Soulard

Crédit photo : fils de Carolyne Soulard

En juin dernier, j’ai eu à mettre mes peurs de maman de côté. Je devais taire ces peurs irrationnelles qui m’enlevaient toute objectivité. Je devais garder le sourire alors que la peur qu’il arrive quelque chose me torturait l’esprit. Je devais faire confiance les yeux fermés et ça, c’est difficile. Pourquoi cette peur ? Mon grand de 17 ans partait seul, en train, dans l’Ouest canadien. Quand je dis seul, c’est vraiment seul. Pas d’ami, pas de famille. Seul à plus de 4 600 km de la maison. Point. Un « road trip » en train pour voir du paysage et pour explorer les gares et leurs alentours. Il avait tout organisé : itinéraires, arrêts épicerie, budget bouffe et activités, hébergement dans les HI (auberges de jeunesse), etc. TOUT, TOUT SEUL ! Je connais des adultes qui en font beaucoup moins pour plus loin. J’ai dû, à un moment donné, lâcher prise et le laisser aller. Je ne voulais pas être cette mère qui dit quoi faire et qui impose ses règles. Je ne voulais pas me le mettre à dos.

 

Je devais lui faire confiance.

 

Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire des recommandations du genre : ne perd pas de vue ton sac, garde de l’argent caché au cas où, appelle-nous au moindre souci, fais attention aux filles (ou garçons) trop entreprenantes (tsé, une mère reste une mère !), alimente-toi bien, sors dans les gares pour te dégourdir les jambes, etc. J’aurais pu ne rien dire, mais c’était plus fort que moi. Je voulais juste m’assurer qu’il serait correct pendant son « road trip ».

 

Je devais lui faire confiance.

 

Des questions, j’en ai eu pas à peu près avant, pendant et après son départ. D’où me venait cette peur soudaine qu’il lui arrive quelque chose ? À quel moment cesse-t-on d’avoir peur pour nos enfants ? Suis-je une mère ingrate de laisser partir son jeune-pas-encore-majeur-seul ? Pourquoi m’en faire autant pour lui alors qu’il est un habitué des longs voyages (je vous informe qu’il est allé en Chine à 11 ans, sans nous, ses parents) ? À quel moment l’adolescence prend fin et que le monde des adultes prend le relais ? On dit que les voyages forment la jeunesse, mais a-t-on pensé aux mamans angoissées ? Suis-je une bonne mère de laisser vivre un rêve de mon grand ? J’ai dû, à travers cette histoire, me connecter avec moi-même et comprendre que la peur qui me tenaillait le ventre était due au fait que je craignais une mauvaise expérience du côté de mon fils. La peur insidieuse qu’il lui arrive quelque chose de grave et qu’il en soit bouleversé. La peur, maitresse de bien des maux, ne devait pas m’empêcher de me réjouir pour lui. En tant que mère, je ne dois pas brimer ses désirs, mais bien l’accompagner là-dedans.

 

Je devais lui faire confiance.

 

Et c’est ce que j’ai fait. Je lui ai fait confiance les yeux fermés. Il est parti seul explorer une partie du Canada. Tout s’est très bien déroulé : pas de vol, pas de blessure, pas de mauvaises rencontres, etc. Il est revenu enchanté par son expérience. Il a fait de belles rencontres et ses yeux ont vu des paysages magnifiques. Sincèrement, j’ai trouvé qu’il avait gagné en confiance en lui. Il m’a semblé plus posé, plus réfléchi. J’ai compris à son retour que la confiance envers nos enfants est primordiale si on veut vivre de belles expériences de vie. On se doit de leur faire confiance ; je crois que c’est une belle preuve d’amour que de les laisser vivre leurs rêves. On peut les soutenir, les outiller du mieux que nous pouvons et leur faire des suggestions, mais ultimement, ce sont eux qui auront à faire des choix. Pour le reste, advienne que pourra ! La morale de cette histoire, qu’ils soient petits ou grands, faites confiance à vos enfants. Vous n’en serez que plus fier lorsque viendra le temps de les laisser vivre des expériences extraordinaires !

Crédit photo : fils de Carolyne Soulard

Crédit photo : fils de Carolyne Soulard

 Article rédigé par Carolyne Soulard

@SoulardCarolyne

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