Il n’y a pas de bonne façon de faire son deuil (et c’est ben correct)
Il y a quelques années, j’avais oublié ce que c’était, cette journée.
Quand j’ai vu le 29 mai sur mon calendrier, le lendemain, j’ai figé. Je n’en revenais pas d’avoir oublié.
La honte et la culpabilité m’ont complètement envahie.
Ce matin, sur ma marche, j’ai enfin compris. Vraiment compris.
Et j’ai pu laisser aller la culpabilité et la honte qui vivaient encore un peu en moi depuis tout ce temps.
Mon père est décédé il y a 34 ans aujourd’hui.
Je peux fermer les yeux et revivre tout l’après-midi et la soirée dans ma tête. Je vois tout, tout, tout.
Mais je n’en ai plus vraiment envie de voir tout, tout, tout.
Parce que je n’en ai plus besoin.
Il n’existe pas un seul moule pour vivre le deuil
Tout le monde vit le deuil à sa façon.
Pour certains, « la journée du départ » est importante. Pour d’autres, ça ne l’est pas.
Longtemps, j’ai cru qu’il n’existait qu’un seul moule. Une seule bonne façon d’être. Une seule façon de se souvenir. Une seule façon de pleurer. Une seule façon d’honorer.
Ce matin, j’ai réalisé que je n’ai pas à rentrer dans le moule que je croyais devoir porter.
Les moments qui me font penser à lui
Moi, je pense à mon père quand je suis dans un magasin ou un restaurant et qu’ils vendent des baklavas maison. Personne ne les faisait aussi bien que lui.
Je pense à lui quand je suis au Ripplecove ou au Hovey Manor, en sachant que lui, il y a longtemps, était dans cette cuisine.
Je pense à lui quand je regarde Loulou, le toutou qu’il m’a donné quand j’avais 10 ans.
Il y a tellement de moments qui me font penser à lui. Des moments doux. Des moments qui sentent bon. Des moments qui font sourire.
Et c’est ça, mon moule à moi.
La permission de lâcher la culpabilité
Alors que « la journée du départ » soit importante pour toi ou non, que tu l’oublies ou non, il n’y a pas de moule à respecter. Pas de culpabilité à porter. Pas de honte.
Le deuil ne se vit pas de façon linéaire. Il ne suit pas de calendrier. Il ne s’explique pas. Il se vit, à ta façon, à ton rythme, dans tes moments à toi.
Le temps est venu de laisser aller, et d’être libre.
Sois toi. Sois heureuse. Et souviens-toi juste que tu as été aimée.
C’est ce que je choisis pour moi.
*Et si ta façon de vivre tout ça change au fil des ans... c'est ben correct, on a droit de changer d'idée et nos besoins évoluent avec le temps.
**Et n’oublie pas, tu n’es jamais seule.
Hey Dad — your baby girl is all grown up (and has started speaking up again). XO
Jaime XO

