Mon sentiment d’imposteur

Du plus loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours eu des problèmes d’estime de moi. Je n’ai jamais ressemblé aux autres, j’ai toujours été différente et bien que je m’accommode très bien de ma différence maintenant, il fut un temps où j’aurais tout donné pour être comme mes amies… Grande, belle, populaire, mince…tout ce que moi je croyais ne pas être.

Aujourd’hui, malgré la sagesse qui vient avec l’âge (parce que selon mes enfants, les dinosaures et moi on a déjà cohabité sur cette belle planète), je me prends encore à me demander si je suis vraiment « bonne », si je mérite vraiment la confiance des gens ou même si je mérite vraiment le poste que j’occupe au travail. J’ai toujours le sentiment qu’un jour, on me démasquera…qu’on me verra pour ce que je suis vraiment…un imposteur!

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La meilleure définition que j’ai trouvée à ce qui s’appelle officiellement le Syndrome de l’imposteur est celle qui figure au site Passeport santé… « Le syndrome de l’imposteur, également appelé syndrome de l’autodidacte, induit une forme de doute maladif chez les personnes qui en sont victimes. Ces doutes les incitent à nier la propriété de tout accomplissement… » Ça, c’est moi, de la tête au bout des ongles d’orteils ! Y a rien à y faire, je ne crois jamais être « assez bonne » … pourtant, tous les matins je me fais un « pep talk » à la « T’es belle, t’es bonne, t’es fine, t’es capable ».

Évidemment, je ne suis pas née avec ce problème. Je l’ai développé avec le temps. Ma nature profonde c’est d’être une fille effacée, conciliante et qui aide tout le monde, parfois à mon détriment. Quand j’étais enfant, j’avais tendance à laisser de côté mes jeux à moi, mes envies à moi, pour laisser place à ceux de mes amis. Ça me permettait de garder la paix et de ne pas finir seule dans mon coin…parce que jouer au ballon c’était toujours plus amusant que ce que moi j’aurais eu envie de faire!

Ajoutez à ça quelques profs qui ont réussi à finir de me convaincre de mon « bonne à rientisme » et on a une Stéphanie pas toujours confiante et qui attend toujours qu’on découvre qui elle est vraiment ! Et les dégâts que ça peut faire au niveau des relations interpersonnelles…J’ai perdu des ami(e)s à force de m’effacer et m’oublier…j’ai « scrappé » des opportunités de tout genre…j’ai saboté une ou deux relations amoureuses à force d’attendre que ça me pète au visage…

 La peur de ne pas être à la hauteur n’est pas rationnelle. La peur de me faire « domper » me pousse parfois à être celle qui « dompe » ! Même si je travaille très fort pour remonter mon estime de moi…même si je me bats contre moi-même chaque jour, je ne changerai probablement jamais ma nature profonde. Mais il y a de l’espoir ! Il existe des trucs pour s’aider à vaincre le syndrome de l’imposteur.

Les miens sont simples, je me demande ce qui fait de moi qui je suis, mes qualités, mes accomplissements…je me fais des listes de réussites et quand je me sens dans les bas-fonds, je les relis. Je demande parfois à mes amies de me brasser la cage…de me remettre les yeux devant les trous et ça fonctionne.  

Je ne suis pas un imposteur.

Je suis bonne, je suis fine, je suis capable…

Article rédigé par Stéphanie Powers

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