Comment j’apprends à redéfinir mon rôle de mère
Je prends une grande respiration car en m’installant pour écrire ce texte, mes yeux se remplissent d’eau quasi immédiatement.
En toute franchise, ce serait plus simple d’ignorer le sujet et tout simplement aller faire des tests de recettes pour du contenu à venir. Mais dans cette ère où je suis Jaime 2.0, est-ce que je vais faire ça? Ignorer un sujet important? L’enfouir?
Bien que non.
Terminé les jours où j’enfouis dans une boîte mes émotions. Même que je suis rendue à un point où il m’arrive de réagir de façon intense (tristesse, déception, des fois même un peu de colère) face à des situations, et une fois que je vocalise mes émotions, souvent je le ressens : je sais quand je dois investiguer le pourquoi de ma réaction.
Et là, quand je suis incapable de digérer un événement ou une situation après quelques jours et que je sens qu’il y a quelque chose d’amer qui vit en moi, je me booke une séance en neurocoaching ou en coaching, car je sais qu’il y a quelque chose que je dois apprendre et recadrer dans ma tête.
Puis souvent, le sentiment initial se dissout et je réalise que j’ai été triggered par l’événement. Et c’est à moi de travailler sur moi. Ah là là.
J’en parle car ça vient justement de m’arriver dans la dernière semaine.
Parler des vrais sujets
Tout ça pour dire que je trouve ça important d’aborder des sujets importants, car mon but est toujours d’aider et de rappeler que nous ne sommes jamais seules à vivre une situation.
Dans mon cas, je vis présentement un gros tournant :
celui du lâcher-prise, de ce nouvel espace qui fait instantanément son apparition quand ton enfant quitte la maison — déménagement, mariage, ou dans mon cas, les deux.
OUF.
Je ne l’ai pas vu venir.
Je savais que ce serait intense, mais pas à ce point.
Le vide (ou appelons-le l’espace, c’est plus positif) après le départ
Mon corps a vécu un shutdown total après le mariage : aucune énergie, grosse congestion, énormément de larmes et un cœur qui avait mal, si mal.
Moi qui croyais être prête pour cette étape… hahahahaha!
Une chance que j’avais déjà commencé à prendre soin de moi, car je ne sais pas ce qui serait arrivé autrement.
Mais je réalise que j’aurais dû me prioriser encore plus, commencer encore plus tôt.
Je prends le tout comme une leçon et j’avance avec la meilleure des intentions sur ma route.
Une étape pour laquelle on n’est pas préparées
Je constate aussi qu’on est un peu laissées à nous-mêmes à cette phase de notre vie de mère : le départ de nos enfants.
On n’est pas tant préparées, et chaque mère le vit différemment.
Un jour, on voit nos enfants un ou plusieurs fois par jour, on est au courant de tout ou presque.
Et le lendemain, c’est tout le contraire.
Tout un changement. Tout un ajustement.
Tout un laisser-aller.
Faire face à ce que ça réveille
Pour ma part, comme j’avais vécu de l’abandon dans mon enfance, c’est venu rebrasser pas mal de choses.
Mais j’ai choisi d’y faire face.
J’ai reçu des dizaines et des dizaines de témoignages de mères pour qui ce ne fut pas un temps facile.
Pour d’autres, ça s’est mieux passé.
Une chose est certaine : il faut tellement en parler davantage.
Que ça se passe bien pour toi ou non, il faut en parler.
Je crois sincèrement que c’est la première étape vers un retour à soi.
La dualité du cœur d’une mère
Pour ma part, j’avais un peu peur de m’assumer parce que je ne voulais pas enlever ce que vit ma fille : un chapitre si excitant dans sa vie, le début de sa vie adulte.
Mais je peux très bien être contente pour ma fille, la supporter dans cette étape, tout en nommant comment je me sens.
Parce que ça n’a rien à voir avec elle personnellement, mais plutôt avec le changement qui est arrivé.
Mon rôle de mère change.
Je suis en transition.
Après toutes ces années à tout donner pour nos enfants (et celles à venir où nous continuerons à le faire), le temps est venu de tenir la dualité la tête haute.
Une dualité. Ah, les fameuses dualités.
J’ai le droit d’être excitée pour elle, et de trouver ça rough par moments pour moi.
Le nouveau chapitre
J’ai le droit d’être heureuse pour elle tout en revoyant mon rôle de mère.
J’ai le droit d’être fière de la femme qu’elle est devenue et de prendre du temps pour revenir à moi, revoir mes balises, mes besoins, mes rêves, et voir comment tout peut se marier ensemble pour mon bien-être et celui de ma famille.
Alors oui, gros tournant dans ma vie de maman.
Et je choisis d’en parler pour normaliser ce qui se passe dans ma vie.
Maintenant que je me suis assise avec ces émotions, que j’ai fait le tri, que j’ai consulté, que j’ai fait tout un ménage physique et émotionnel, j’entame un nouveau chapitre dans mon rôle de mère : être OK avec le lâcher-prise.
Et ce lâcher-prise ne change rien à ma valeur.
Dans ma vie, le moment est venu pour un retour à moi.
Mon cœur a besoin que je prenne soin de Jaime, que je prenne ma place dans cette nouvelle ère, que je tienne la tête haute et que j’apprivoise tout ce nouvel espace dans ma vie et dans mon cœur, avec espoir, courage et bienveillance.
Je t’amène avec moi. C’est parti.
Un témoignage touchant et vrai sur le tournant que vit une mère quand son enfant quitte la maison. Jaime partage son parcours de lâcher-prise, d’émotions, de guérison et de retour à soi, avec bienveillance et courage.