Les vacances – le revers de la médaille…

En tant qu’adulte, on rêve tous de nos vacances, ces petites semaines qui nous permettent de décrocher de notre quotidien, de recharger nos batteries. Par contre, les vacances n’ont pas la même saveur pour tout le monde…  

 

Depuis le début de ma toute jeune carrière d’enseignante, s’il y a une chose primordiale que j’ai apprise, c’est de ne pas rappeler à mes élèves que les vacances arrivent. Certains diront que c’est motivant de leur dire qu’il ne reste que quelques semaines, quelques jours avant les grandes vacances d’été, qu’ils pourront jouer dehors, aller au camp de jour avec leurs amis, faire une foule d’activités toutes plus amusantes les unes que les autres. Mais pour certains élèves, la réalité est toute autre.

 

Ils doivent quitter leur classe où ils se sentaient bien et en sécurité, où ils ont réalisé de nouveaux apprentissages et grandi un peu plus chaque jour. Un endroit où les routines et les attentes étaient claires. Cet encadrement sécurisant favorise l’épanouissement de chaque élève et fait de la classe un milieu de vie à part entière, un port d’attache.

 

Ils auront aussi à quitter leurs amis, avec qui ils ont tout partagé pendant les dix derniers mois. Ils ont grandi les uns au contact des autres. Ils ont fait partie d’un groupe, ils se sont forgés en partageant joies, rires et disputes. Tous ces bons moments partagés ne seront plus que des souvenirs une fois la fin des classes arrivée…


Et finalement, leur professeur. Cette personne de cœur qui, durant 180 jours, a fait en sorte que leur épanouissement soit plus grand et plus beau. Elle était présente afin que chaque petit humain de la classe trouve sa place. Son accompagnement quotidien, son dévouement, sa présence sécurisante font d’elle une personne-ressource qui, malheureusement, ne pourra plus tenir leur main et guider leurs pas.

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Lorsque la cloche retentira pour la dernière fois de l’année, certains élèves seront devant un grand vide : des journées qui seront peu ou pas meublées de sourire, de mots d’encouragement, de plaisir durant les récrés. Ils n’auront pas toujours un adulte qui sera présent et qui prendra soin d’eux. C’est pour ces élèves que la définition de vacances prend une tout autre forme.

 

Attention, il n’est pas question de la majorité des enfants, mais bien de cette minorité qui, dès l’apparition des premiers rayons de mai, commencent à faire vivre du rejet aux personnes qui les entourent ; rejeter avant de l’être. Ces petits oisillons fragiles, insécurisés, qui quittent leur petit nid douillet et encadrant pour voler vers l’inconnu d’un été beaucoup trop long.

 

Ils ne diront pas comment ils se sentent, le sachant difficilement eux-mêmes, mais on voit dans leur sourire effacé, dans la distance qu’ils prennent, que leur cœur d’enfant a mal et qu’une fois de plus, dans leur si courte existence, ils auront à dire adieu.

 

Texte rédigé par Stéphanie Pigeon

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