Des vacances bordées d’argent

Ah les vacances d’été! On y pense le coeur rempli d’espoir. L’attente est longue, surtout quand elles sont en août! Les enfants en parlent tous les soirs à l’heure du dodo: « je vais apporter tel toutou, je mettrai telle chose dans mes valises .» Tu te surprends à y rêver aussi, à moi la plage, le bronzage, les beaux couchers de soleil! 

 

Le grand moment arrive enfin! La voiture est pleine, les enfants sont installés, j’ai même fait une « playlist » de musique de vacances. Tout est parfait dans ma tête, exactement, dans ma tête, oui (hmm!!).

 

En effet, malgré les heures de préparation, les interminables listes, le petit sac (trop petit!) de surprises pour les faire patienter pendant le voyage, il y a toujours une possibilité, un imprévu, une étincelle qui pourrait tout faire chavirer. 

 

Nos vacances se passent souvent comme ça, avec des étincelles. Je ne vous le cacherai pas, ça m’est arrivé secrètement d’envier les familles qui réussissent à faire de longs voyages en voiture sans anicroche, mais je me dis aussitôt que je dois vivre ses petites épreuves pour une raison! L’an dernier, par exemple, nous devions faire un trajet de plusieurs heures pour nous rendre au lac Saint-Jean. L’inconfort d’un long voyage en auto, les querelles entre frère et sœur, l’impatience ressentie à travers les « on arrive quand? » les nombreux arrêts aux haltes routières, tout ça rendait le voyage presque identique aux années précédentes! Mais on a tendance à vite oublier. C’est mieux comme ça, non?

 

Après quelques heures, enfin arrivés à destination, mon petit sac de surprises vide depuis belle lurette, on se croyait bien au bout de nos peines quand on nous annonce qu’il y aura un « léger » retard, notre chambre n’étant pas encore prête. On nous offre donc une consommation pour patienter sur la terrasse. J’aurais bien besoin d’un verre de vin, mais mon mal de tête m’empêche de saisir l’occasion et j’opte plutôt pour l’eau minérale. Tanné d’attendre sur la terrasse (nous avons quand même fait un voyage de près de sept heures en voiture!), mon garçon allait voir à la réception à chaque cinq minutes : « C’est long, on aura notre chambre quand? » Prends ton mal en patience, mon garçon, notre chambre, on l’aura dans  trois heures! Effectivement, on aura eu notre chambre qu’après le souper! Enfin! Les vacances pouvaient enfin commencer!

 

Les jours suivants furent parsemés de beaux et parfois intenses moments. Les après-midis à la plage étaient magnifiques, notre périple au Trou de la Fée fut effrayant, du moins pour moi, sans oublier notre cueillette de bleuets extraordinairement zen (étrangement!) et à travers tout ça de petits périples en voiture souvent, mais pas toujours tendus.

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 Quand je pense à ces vacances, une expression me vient en tête, vous connaissez l’expression anglaise  « silver lining »? Celle qui nous force à trouver le bon côté des choses malgré les difficultés? Et bien j’aime bien, avec le recul l’appliquer à mes vacances d’été. J’ai réussi (merci Google!), après plusieurs tentatives à lui trouver une traduction à mon goût, une qui coule de source, qui est aussi belle que sa version originale et je l’ai appliquée à notre expérience. Des « vacances bordées d’argent », parce que je vous l’assure, malgré l’attente qui nous semblait interminable pour l’obtention de notre chambre, une fois installés, nous avons pu profiter d’un site extraordinaire, de magnifiques couchers de soleil et même être témoins d’un merveilleux spectacle de perséides! Je sais également que dans les pires moments, comme dans les randonnées pédestres effrayantes, mes enfants ont su développer un sens de l’entraide et de l’encouragement hors du commun! 

 

Est-ce que c’est l’expérience qui vient avec la quarantaine qui me fait voir les choses sous cet angle? Le lâcher-prise peut-être? Une chose est certaine, je sais pertinemment qu’après la pluie revient immanquablement le beau temps! Sinon, pourquoi y retournerions-nous pour une troisième fois cet été?

 

Texte rédigé par Julie Campeau


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