Mon (non) rendez-vous chez la coiffeuse

Maman depuis près de 5 mois, j’apprivoise ce nouveau rôle un peu plus tous les jours. Il faut dire qu’en tant que nouveaux parents, mon chum et moi avons eu droit à des apprentissages en «accéléré» avec nos jumeaux!

 

Récemment, j’ai pris rendez-vous chez ma coiffeuse. La raison première était évidemment de remettre de l’ordre dans ma tignasse et de me trouver une coupe qui m’allait bien malgré la perte de cheveux post-accouchement. Pour être honnête, je pensais m’en sauver. Partout, je lisais des publications de mamans qui demandaient conseil et, bien qu’empathique à leur situation, je me réjouissais de ne pas la vivre...jusqu’au jour où PAF, sans crier gare, je me suis retrouvé avec une petite boulette de cheveux restés prisonniers de mes doigts en appliquant mon revitalisant. Le jour suivant aussi. Et le lendemain encore...

 

Outre mes raisons capillaires, j’avais hâte à ce rendez-vous pour avoir du temps pour moi. Oui, c’est vrai que dans la journée, je pourrais m’accorder une petite pause, mais il y a tellement à faire: ménage, vaisselle, lavage, montage de couches lavables, sortir le chien, faire la liste d’épicerie, trier les vêtements qui ne font plus, faire l’inventaire de ceux à acheter...bref, je n’arrive pas encore à me reposer tant et aussi longtemps que les tâches du jour ne sont pas terminées.

 

Vint enfin le jour tant attendu. Je pars 30 minutes avant ledit rendez-vous. Le trajet en prend 15. Peut-être 20 dans le trafic de retour à la maison. Google Maps me le confirme.

 

Visiblement Google s’est gouré ce jour-là. Au fur et à mesure que j’avançais, des bouchons de circulation se créaient jusqu’au moment où j’ai dû complètement immobiliser la voiture à cause de travaux routiers.

 

J’appelle ma coiffeuse. J’ai trop de retard, elle préfère remettre le rendez-vous. J’essaie de négocier: «Si tu ne me laves pas les cheveux et qu’on oublie la mise en plis, penses-tu que tu aurais le temps de me les couper?». Elle me répond qu’elle n’a pas envie de se presser ni d’avoir du retard pour ses autres rendez-vous. Ce que je comprends tout à fait, sa journée étant loin d’être terminée. Sauf que...sauf que je mets fin à l’appel et fonds en larmes. J’ai beau me raisonner, à ce moment-là, je n’arrive pas à être objective. Et, une fois que je commence à pleurer, ça ne s’arrête pas de sitôt.

 

Avec le recul, je me rends compte que c’était le trop-plein accumulé jusque-là qui m’a mise dans cet état. Rien à voir avec la non-coupe de cheveux (croyez-moi, le look de la toque de travers me convient encore!). Je m’accrochais à ce rendez-vous comme à une bouée de sauvetage. Jusqu’à tout récemment, je n’avais plus de temps pour moi. Je devais accomplir la majorité de mes tâches en vitesse pendant les 15 petites minutes où mes jumeaux dormaient simultanément tout en sachant pertinemment que je n’y arriverais pas. Mon chum et moi nous nous levions encore aux 2-3 heures la nuit. La fatigue s’était accumulée et tout paraît pire lorsqu’on est en manque de sommeil.

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 Ma réaction à cette situation a été un signal d’alarme. Non, je n’étais pas (encore) à bout, mais quelque chose devait changer rapidement dans notre quotidien pour éviter que la situation ne se détériore davantage. Hors de question que je devienne une terne version de moi-même. Mon chum, mes bébés et moi méritons mieux que ça!

 

Une semaine plus tard, j’ai le bonheur d’affirmer que nous allons tous beaucoup mieux. Une routine a été instaurée, mes bébés y répondent bien. J’ai recommencé à lire, j’ai du temps dans la journée pour avancer ma maîtrise. Ce matin, j’ai pu aller courir avant que nous allions réveiller les petits. Enfin. Je sais bien que plusieurs autres nuits difficiles nous attendent (changement d’heure, régression du sommeil, dents, anxiété de séparation et j’en passe…), mais le répit actuel est apprécié.

 

En discutant du sujet avec mon amie Val, nous en sommes venues à la conclusion que c’était l’accumulation des tâches jumelée au manque de temps pour les mener à terme qui faisait naître et amplifiait graduellement ce sentiment d’impuissance, d’être à bout de souffle et en mode survie au quotidien. Penser prendre du temps pour moi, dans ces conditions, était tout simplement inconcevable. Avec notre nouvelle routine, la quantité de tâches n’a pas changé, mais nous avons réussi à dégager du temps pour ces dernières et pour nous-mêmes. De savoir que ces moments-là (les siestes!) reviendront jour après jour est vraiment rassurant. Tant pour les bébés que pour moi.

 

J’ai envie de terminer ce texte en souhaitant à toutes les mamans d’être à l’écoute d’elles-mêmes. Je suis consciente que nous ne vivons pas toutes la même réalité, que l’aide reçue et que les ressources disponibles sont différentes de l’une à l’autre, mais j’espère tout de même que vous pourrez trouver des solutions ou avoir accès à une oreille attentive quand un «signal d’alarme» se fera ressentir. Et ce, plus tôt que trop tard. Quant à moi, je suis vraiment reconnaissante de ce «non rendez-vous» parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mon état (et aussi parce que j’ai trois semaines de plus pour décider si je me fais faire un toupet ou non!).

 

Que votre journée soit remplie de beau et de doux

Article par Noémie Robidoux Blogueuse famille – Team J

 

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