Une rentrée Instagrammable

La rentrée, qu’est-ce que ça m’inspire? C’est pourtant simple comme sujet, plein d’images me viennent à l’esprit : l’automne, les autobus jaunes, les souliers neufs… Avant, à une autre époque je vous aurais sûrement partagé mes souvenirs d’enfance reliés à cette période de l’année, un texte romancé, nostalgique, mais bon, pas aujourd’hui. Pourquoi? Parce que j’ai les deux pieds dedans en tant que maman et que je suis entrain de me créer de nouveaux repères, une nouvelle réalité qui s’éloigne tranquillement de mes photos d’enfance qui semblent désormais sortir tout droit d’un album Instagram.

 

Je pourrais bien vous dire que, comme Tom Hanks dans « You’ve Got Mail » (allô 1998!) ça me donne le goût de faire des « bouquets de crayons nouvellement aiguisés », je pourrais aussi dire que ça me rappelle les matins frais de septembre, les petites laines, les belles marches dans les vergers à la Anne Shirley et ses pignons verts. Quoique les petites laines et les matins frais m’enchantent, la rentrée évoque autre chose…

 

Je suis toujours nerveuse, stressée en fin d’été, bien que j’aime le retour à la routine (ô combien bénéfique!) que marque le début des classes, je m’en fais pour mes enfants. Même si je sais qu’ils ont une plus grande capacité d’adaptation que nous, je m’en fais quand même.

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Ce sera donc la quatrième année pour notre fils. Je pense beaucoup trop au secondaire qui approche. Malgré le fait qu’il soit autiste, il a toujours su tirer son épingle du jeu, il s’est adapté à son école, mais je m’en fais quand même. Comment il sera dans une école de grands? Comment les grands seront avec lui? Voilà que je me projette déjà trois ans en avant quand je devrais profiter du moment présent et me rappeler qu’il est dans une école merveilleuse et que lorsqu’il la quittera il sera prêt!

 

Et la troisième pour notre fille, mon bébé qui me semble beaucoup plus grande que huit ans. Peut-être parce qu’elle s’adapte plus facilement à la vie que son grand frère et qu’elle ne demande pas autant de soutien académique ou social. Elle s’en sort bien, même si je sais qu’elle a, comme toutes les petites filles de son âge, ses défis à relever et que ce n’est pas toujours facile.

 

Au plus profond de moi je sais, malgré les premières lignes de ce texte, la rentrée me rappellera toujours de beaux souvenirs : une petite fille habillée d’une robe de Calinours qui quitte sa maman pour aller à la prématernelle, ou encore, une petite fille qui marche enfin un kilomètre avec ses grands frères pour aller à l’école, les cheveux dans le vent d’un matin frais de septembre. Ces photos seront toujours gravées dans ma mémoire, mon album Instagram à moi. Au fil des ans ma mémoire y aura ajouté des filtres qui n’auront fait ressortir que la beauté et la douceur de ces précieux moments afin de les garder vivants. Ils sont là et ne me quitteront plus.

 

À l’album de mes enfants s’ajoutera une nouvelle année, une nouvelle rentrée. Ces photos seront aussi belles que les miennes. Quand ils y repenseront, l’année prochaine, ils se souviendront peut-être qu’ils étaient angoissés à l’idée revivre une nouvelle année, se faire de nouveaux amis, mais à la longue, ses sentiments laisseront leur place à la nostalgie, aux « quand j’étais petit... » et aux « dans mon temps... ». Ce qui se passe aujourd’hui, pour eux sera leurs souvenirs de demain. On ne devrait pas se souvenir que notre mère était nerveuse, inquiète de nous voir grandir, mais plutôt qu’elle était fière de nous! Cette réalité est la mienne en tant que parent, pas la leur en tant qu’enfant. Elle ne doit pas venir assombrir leur joli et si précieux album de photos. De toute façon, mon inquiétude s’estompe toujours rapidement et c’est à ce moment que les plus belles photos viennent s’ajouter à mon album de maman à moi!

 

Article rédigé par Julie Campeau

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