Prendre des vacances... de tout?

(Attention!  Sujet sensible! À lire sans jugement…)

Vous donnez du Ritalin à votre enfant quand il va à l’école, du lundi au vendredi, parce qu’il n’arrive pas à être attentif en classe.  Le samedi, c’est congé, on n’en donne pas!  On se lève à 6h du matin pour aller au hockey, mais on ne sait pas trop pourquoi on fait ça, notre enfant déteste ça…  Il se fait mettre au banc constamment, dit qu’il est pourri et veut mourir.  Et honnêtement, vous-même le trouvez très mauvais, il est toujours 3 minutes en retard sur les autres et ne suit pas l’action, ce que vous ne vous gênez pas de lui faire remarquer!  Le lundi, on recommence le Ritalin, même si notre enfant a de la difficulté à dormir pendant 2 jours, qu’il a mal au ventre et au cœur...  Au moins, il est attentif à l’école!  Et de toute façon, c’est toujours comme ça, vous savez que le mercredi, tout ira super bien.  Fin juin?  LES VACANCES!  Enfin, on arrête ça, cette drogue-là!!!  On commence le soccer, à raison de deux soirs par semaines plus les week-ends, et tout recommence comme à l’hiver, sauf que là, le mercredi, ça ne va pas mieux…

Le problème?  En fait, la plupart des gens associent « déficit d’attention » et « école », et donc « Ritalin » et « école » et quand c’est congé bien… C’est congé.  Sauf que le déficit d’attention, lui, ne prend jamais de congé… ni de vacances d’ailleurs!

Crédit photo : Annie Goudreau

Crédit photo : Annie Goudreau

À chaque instant de notre vie, le lundi, le mardi, le samedi, Noël ou la Saint-Jean, notre cerveau est stimulé et notre concentration est requise.  Même quand on passe la journée en pyjama à regarder la télé!  Un déficit d’attention, c’est (en très gros et large et résumé!) une difficulté à focusser son attention sur une chose à la fois.  Peu importe la nature de cette « chose ».   La médication intervient pour aider notre cerveau à organiser l’information afin de la traiter de façon adéquate.  Toutefois, comme avec toute médication qui est prise de façon continue sur une longue période (i.e. plusieurs jours), un arrêt drastique aura des conséquences, et une reprise tout aussi drastique aura également des effets secondaires désagréables (mal de ventre, de cœur, insomnie, etc!) – ce qui explique le « ça va mieux rendu au mercredi »!

Ayant 2 fils avec un déficit d’attention et prenant de la médication, je me suis questionnée sur la pertinence de poursuivre la prise de Concerta (une autre version du célèbre Ritalin) les week-ends et l'été.  En fait, pour mon plus jeune, ça n’a jamais été envisageable pour différentes raisons (notamment une hyperactivité hors du commun!), mais pour mon grand, j’avoue avoir éprouvé ce sentiment de culpabilité immense créé par les nombreux avis pas toujours flatteurs envers les parents qui « droguent » leurs enfants.  Ainsi, pendant plusieurs mois, fiston ne prenait pas sa médication le week-end.  Et pendant deux étés, il ne l’a pas prise également. Jusqu’à ce que je réalise que l’exemple cité plus haut était devenu notre quotidien. 

C’est une pédiatre de la région de Gatineau, spécialisée en TDAH (Dre Chantal Gagné!) qui m’a expliqué que le déficit d’attention ne prenait jamais de vacances…

Je n’ai plus envie de voir mon fils se détester, je n’ai plus envie de me fâcher après lui alors que je sais que certains de ses comportements ne sont pas totalement contrôlables (je le sais, j’ai les mêmes pulsions incontrôlables !!!).  Cet été, nous ne prendrons pas de vacances de tout!

Pour en savoir plus, procurez-vous le livre « Mon cerveau a besoin de lunettes » de Annick Vincent.  Un bijou! Cliquez ici pour en savoir plus.

Article rédigé par Annie Goudreau
Son blogue : Morceaux-arc-en-ciel