Fais de beaux rêves…

La nuit, tous les chats sont gris. Et, comme chacun sait, la nuit est le moment de la journée que les monstres privilégient pour se cacher sous les lits et faire des grimaces à nos tout-petits (et moins petits aussi). Tous les livres nous diront qu’il ne faut surtout pas dire simplement à nos enfants que ça n’existe pas, qu’il faut plutôt agir sur leur peur. Bien. Et on fait ça comment au juste ?

Voici quelques trucs testés sur des enfants de 3 et 5 ans qui ont porté leurs fruits :

  • Prenez un de leurs toutous (un loup, un ours, un lion, etc.) et mettez-le au bout de leur lit. C’est lui qui assurera la protection pour la nuit.
  • Faites faire le tour de la chambre à votre enfant. Ouvrez la porte de garde-robe. L’enfant doit dire lui-même au monstre, ou lui crier de toutes ses forces s’il préfère, de s’en aller de sa chambre, qu’il n’est pas le bienvenu et qu’il n’a pas peur de lui.
  • Remplissez une petite salière de poudre. Vous pouvez prendre de la poudre de bébé, de la farine, peu importe. Cette poudre, entre les mains de l’enfant, deviendra de la poudre magique antimonstre. Il la saupoudrera partout où il croit que c’est nécessaire. La première fois, il en mettra partout. Autour de son lit, à la porte de la garde-robe, à l’entrée de sa chambre, etc. Au fil des jours, l’utilisation de la poudre diminuera au même rythme que l’angoisse.
  • Faites-le piger son beau rêve. Mettez dans une enveloppe des petits bouts de papiers sur lesquels vous aurez noté des idées de beaux rêves en fonction de ce qu’il aime. Par exemple : « se balader dans une forêt de sucette en compagnie de petits lapins blancs et roses. » Prenez le temps d’en parler ensemble, de laisser l’imagination de l’enfant entrer dans le beau rêve. Déposez le bout de papier sous son oreiller et l’enfant dans son lit. Bisous. Bonne nuit.

En agissant sur sa peur, l’enfant l’apprivoise. Un méchant lion rugissant une fois dompté n’est rien de plus qu’un gros minou. C’est quand même bien moins impressionnant. Les deux enfants qui ont testé ces trucs n’ont conservé, après quelque temps, que la pige des beaux rêves. C’est un moment de la routine du dodo qui est attendu. Et, chaque matin, nous avons droit au récit rocambolesque de la chevauchée intrépide ou de la cueillette de pâquerettes. Avouons-le. C’est beaucoup plus joli que la peur des monstres.

Article rédigé par Catherine Lemire