Le grand tableau  

Je l’avoue. Mea culpa. Parfois j’oublie de regarder mon grand tableau. C’est justement arrivé la semaine dernière. J’ai reçu un appel de la centrale de rendez-vous du CHUS pour prévoir un rendez-vous en allergie pour Emma. Les deux dates ne me convenaient pas vraiment, mais je savais que je devais en choisir une pour ne pas perdre la place. Une fois l’appel terminé, j’étais dans tous mes états, car je ne pourrais pas être au rendez-vous.

 

Culpabilité, doutes et déception sont les sentiments qui m’habitaient.

« Je ne peux pas croire que je ne serai pas là. Tu parles d’une mère présente. »

« J’espère qu’elle sait à quel point je l’aime même si je ne suis pas là. »

« Moi qui aime être là pour tous les rendez-vous, je suis déçue. »

 

Voilà quelques phrases qui me passaient par la tête. J’ai partagé mes pensées du moment avec Pierre et il m’a regardé comme si j’arrivais d’une autre planète. Avec un peu de recul, je peux le comprendre.

 

Voyez-vous, j’avais oublié de regarder mon grand tableau. Si je l’avais regardé, j’aurais bien vu que ce n’était pas la fin du monde. En 16 ans, j’ai manqué environ 4 rendez-vous sur les 117 qu’elle a eus. 97 % du temps, j’étais là – quand même pas si mal. Si c’était une évaluation à l’école, j’aurais eu un A +.

 

Je vous raconte cette anecdote, car je constate à quel point nous sommes dures envers nous-mêmes ces jours-ci. On se sent coupable dès le moindre petit événement et on se met tellement de pression pour être un parent exemplaire. Souvent, on regarde la situation courante et on oublie de jeter un coup d’œil sur notre grand tableau.

Crédit photo :  Kim Gaudreau

Crédit photo : Kim Gaudreau

Précision. Je ne dis pas que le grand tableau devrait excuser nos actions. Du tout. Je crois qu’il est primordial qu’on prenne responsabilité pour nos choix. Je suis d’avis qu’en tant que parent, nous n’avons jamais terminé d’apprendre et de grandir. Les péripéties de la vie sont d’ailleurs là pour cette raison.

 

Cela dit, au lieu d’entrer dans un engrenage de doute, culpabilité et négativité qui n’a pas de fin, je suis convaincue qu’en prenant un instant pour regarder le grand tableau, notre perspective changerait plus rapidement. Pour le mieux.

 

Et si on le faisait un peu plus souvent ?

On constaterait qu’il y a beaucoup plus de belles journées que de mauvaises.

 

Qu’on perd patience moins souvent qu’on le pense.

 

Qu’on est là dans les moments importants.

 

Que malgré la crise au magasin ou au restaurant, on est des pas pires parents.

 

Que nos enfants savent qu’on les aime.

 

Que nos #MomFails sont moins nombreux qu’on le croyait.

 

Que nos bons coups dépassent largement ceux qu’on aimerait oublier.

 

Qu’on fait du mieux que l’on peut.

 

Et ce, tous les jours. Malgré les journées qui passent à la vitesse de l’éclair. Malgré les journées où nous avons moins de patience. Malgré les journées où nous sommes moins présents pour la famille. Malgré les journées où les SPM sont dans le tapis. Malgré ces journées où nous avons oublié de dire « Je t’aime » à nos enfants.

 

Prenez un instant là là. Regardez votre grand tableau. Voyez comment il est rempli de belles couleurs, de beaux moments et surtout, rempli d’amour.

 

Puis si vous le regardez et que vous ne l’aimez pas, n’oubliez pas surtout pas une chose : il n’est JAMAIS trop tard pour le modifier.

 

Je nous souhaite tous d’être un peu plus à l’affût de notre grand tableau…

 

Jaime xo

Article rédigé par Jaime Damak

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