Quand notre enfant doit aller dans une classe adaptée

On vous a peut-être annoncé il y a quelque temps qu'en septembre, votre enfant fréquenterait une classe adaptée (ou spécialisée). Ça vous a peut-être énervé, ça vous a peut-être stressé, ça vous a peut-être choqué, ça vous a peut-être soulagé...

En ce qui me concerne, ça aura été tout ça en même temps, ou presque.

C'est après une première année au régulier passée sous la cage d'escalier de son école de quartier (dans un petit coin tout douillet aménagé par son éducateur spécialisé!) qu'on nous annonça à papa et moi qu'en septembre, fiston fréquenterait une classe adaptée connue sous le doux nom de "psychopatho" (ou réadaptation, c'est moins épeurant.  Quoique....).  On nous annonçait également que cette classe se trouvait dans une autre école que celle de notre quartier, à l'autre bout de la ville en fait.

Joie, stress, peur, colère, anxiété.  Dans l'ordre. 

Joie parce qu'enfin, on nous proposait une solution tangible pour remédier à la situation invivable de la dernière année, une classe de 6 à 8 enfants pour 3 adultes.

Stress parce que j'étais carrément à bout à la suite de cette année infernale « au régulier ».

Peur parce que je ne voulais pas que mon téléphone sonne encore tous les jours pour me dire que mon fils était un monstre.

Colère parce que Grand Frère ne pouvait pas fréquenter la même nouvelle école que Junior, faute de place.

Anxiété parce que je n'arrivais pas à voir comment j'allais gérer les horaires et le transport vers deux écoles différentes.

Bref, c'est un peu à reculons qu'on y sera allé, ayant le choix à l'époque entre « ça » et « l'enfer », plus ou moins. 

Est-ce que le personnel saura comprendre mon fils?  Est-ce qu'ils sauront gérer ses comportements particuliers, son agressivité?  Est-ce que mon fils apprendra un jour à lire, à écrire?  Est-ce qu'il sera pointé du doigt par les autres, mis à l'écart à cause de sa différence, est-ce qu'il aura des amis?

4 ans ont passé. Et sincèrement, cette classe adaptée aura été la meilleure chose qui ne soit jamais arrivée dans la vie de Junior, et dans la nôtre aussi. À 10 ans, il est maintenant considéré comme l'élève modèle de sa classe, il a des amis, il (re)demande des devoirs et des leçons, il sait lire et écrire, il ne lance (presque!) plus d'objets quand il est en colère et sait reconnaître et gérer ses émotions comme un grand!

Évidemment, le système de classe adaptée n'est pas fait pour tous les enfants. Dans notre cas, fiston avait (et a toujours!) besoin d'un groupe restreint pour fonctionner, mais pour d'autres, ça ne fonctionnera pas, l'enfant ayant besoin de la stimulation des autres pour évoluer. Certains auront besoin d'un suivi rapproché, d'autres voudront travailler seuls, sans aide à côté! 

Photo : Annie Goudreau

Photo : Annie Goudreau

Mes conseils de mère-qui-est-passée-par-là sont donc les suivants :

1.         Faites confiance au personnel de l'école! Le professeur est la personne qui passe le plus de temps avec votre enfant dans un contexte d'apprentissage, différent du contexte à la maison, ne l'oubliez pas! 

2.         Posez des questions, demandez à visiter les lieux et à rencontrer le personnel avant la rentrée, partagez avec eux vos inquiétudes, elles sont toutes légitimes et importantes, n'ayez crainte.

3.         Souriez! Votre enfant ressent vos émotions. Montrez-lui que vous êtes heureux et n'avez pas peur (il sera toujours temps de pleurer en cachette plus tard!)

4.         Le dernier (et le plus précieux!): Impliquez-vous. Dans toutes les commissions scolaires, il existe un comité EHDAA (Enfant Handicapé ou en Difficulté d'Adaptation ou d'Apprentissage).  Ce comité est consultatif, selon les régions il est plus ou moins actif, mais une chose est certaine, il vous permettra de rencontrer d'autres parents qui vivent des situations semblables à la vôtre, il vous permettra de comprendre le fonctionnement du système scolaire, il vous permettra de calmer vos angoisses aussi et de réaliser que vous n'êtes pas seul! 

N'oubliez pas que la fréquentation d'une classe adaptée n'est pas une finalité en soit... c'est souvent un tremplin vers du meilleur!

Article rédigé par Annie Goudreau

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