La dysphasie

C’est quoi, « ça » ?

Selon le site Langage Québec, la dysphasie se définit comme suit :

La dysphasie est un trouble primaire du langage, dans les sphères expressive ou (réceptive ndlr) ou expressive et réceptive, qui s'observe par des atteintes variables affectant le développement de plus d`une composante du langage .

Source :  http://www.langagequebec.ca/fr/info-dysphasie/161362/la-dysphasie-:-la-definition-et-qui-ca-touche

Ça veut dire quoi, tout « ça » ??

Allons-y par étape.  Avant tout, il importe de préciser qu’il y a autant de variations de la dysphasie qu’il y a de personnes dysphasiques!  Ici, je fais un survol de manifestations « populaires », pour vous donner envie de chercher plus loin!

Crédit photo : Annie Goudreau

Crédit photo : Annie Goudreau

Si j’avais à écrire un livre sur « la dysphasie pour les nuls », j’indiquerais que la dysphasie, c’est le cerveau qui vit dans un univers parallèle.  Ça semble intense, pourtant, lorsqu’on a un enfant dysphasique, ou qu’on l’est soi-même, c’est l’impression que ça peut donner!

La dysphasie réceptive, c’est toute la compréhension du langage qui est atteinte.  Et le langage, ce n’est pas seulement les paroles que l’on dit!  Le langage, c’est tout ce qui nous entoure.  Les mots dits et les mots écrits évidemment, mais aussi la conception du temps, de l’ordre des choses, de concepts X… ce sont tous des points où l’humain a décidé d’utiliser une forme de communication pour identifier quelque chose.  Les animaux, dans leur « langage », n’ont pas la même vision du temps que l’homme (on a qu’à penser à notre chat qui nous réveille pour manger à 4h du matin!), les fourmis, elles, n’ont pas de concept de hier-aujourd’hui-demain.  L’être humain, oui.

Ainsi, un enfant ayant une dysphasie réceptive peut avoir des difficultés à se repérer dans le temps.  Hier, après-demain, lundi, matin, avant, après… c’est du pareil au même.  Il peut aussi avoir de la difficulté à faire des suites logiques, comme mettre des images dans le bon ordre pour faire une histoire. Il peut avoir de la difficulté à comprendre des concepts simples, à comprendre le sens d’une consigne ou d’une question, ce qui occasionne des réponses inadéquates à ces dernières!

Crédit photo : Annie Goudreau

Crédit photo : Annie Goudreau

Il est facile de confondre ce genre de dysphasie avec un déficit d’attention, on dira que l’enfant n’est pas attentif, perdu dans sa tête, qu’il ne suit pas les autres. Toutefois, alors qu’un déficit d’attention peut être mieux contrôlé avec une aide pharmacologique, la dysphasie ne se médicamente pas.  C’est ainsi qu’on a finalement pu déterminer, après une évaluation poussée par une orthophoniste, que mon garçon avait une dysphasie réceptive, à la toute fin de sa 5e année du primaire! 

La dysphasie expressive, c’est, vous l’aurez deviné, tout le volet expressif du langage qui fonctionne différemment.  Parfois ce sont les mots qui ne sortent pas comme on veut de la bouche, parfois ce sont les mots qui ne se placent pas dans le bon ordre, parfois notre bouche dit un mot avec des lettres manquantes, alors que notre cerveau croit avoir dit exactement la bonne chose!  Un exemple :  le fils d’une amie aime les fraises.  Il demande des « raises ».  Après avoir fini par comprendre qu’il veut des « fraises », elle lui répète « Ahhh, tu veux des raises! ».  Et son fils de répondre « Non, pas des raises, des RAISES! ».  Dans sa tête, SON « raises » s’entendait bel et bien comme « fraises »…

Parfois, c’est l’accès lexical qui est en cause, donc la faculté de trouver le mot adéquat dans notre mémoire pour l’insérer dans son discours.  Notre cerveau est persuadé d’avoir le bon mot, mais notre bouche en dit un autre, et malgré la réaction des autres, notre cerveau continue à croire que la bouche a dit la bonne chose.  Un exemple?  Un enfant, voulant raconter à son père qu’il avait rencontré le voisin, lui a dit « Papa, ce matin, j’ai vu le vagin d’à côté! » 

On peut facilement confondre la dysphasie expressive avec une dyspraxie verbale, où c’est le mouvement des muscles de la mâchoire et de la langue qui est en cause.  Dans la dysphasie, le mouvement des muscles n’est pas en problème, c’est le message envoyé du centre du langage qui est en cause.  Mais pour en arriver à déterminer qui fait quoi, il faut souvent plusieurs années et évaluations, plusieurs spécialistes, et souvent, on en arrive pas à une finalité.  Comme le diagnostic de dyspraxie est éliminatoire, on posera souvent un diagnostic de dysphasie expressive en tout premier afin de pouvoir offrir les services et le soutien adéquat à l’enfant le plus rapidement possible.

Pour en savoir plus sur la dysphasie et ses manifestations, deux livres pour vous :

« Laisse-moi t’expliquer la dysphasie » aux Éditions Midi-Trente http://www.centam.ca/dysphasie.html

« Vincent et les pommes »  aux Éditions Boomerang http://boomerangjeunesse.com/catalogue/au-coeur-des-differences/vincent-et-les-pommes-2/


Vous pouvez également consulter les sites suivants :

http://www.centam.ca/dysphasie.html

http://www.langagequebec.ca/fr/index

http://www.aqetaoutaouais.qc.ca/WP/?page_id=231

Article rédigé par Annie Goudreau
Son blogue : Morceaux-arc-en-ciel




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