Je colère comme maman

Image de Caroline Lesmerises

Image de Caroline Lesmerises

Je suis assise, tranquillement en train d’écrire un article, quand je vois passer ma mini de quatre ans piochant du pied en marchant, les poings serrés et en criant haut et fort : je suis fâchée bon! Je ne connais pas le détonateur de cette colère, mais je peux vous dire que j’ai compris son message! Dire qu’il n’y a pas si longtemps, quand je « l’arrachais » du sein droit pour un rot, sa colère s’exprimait avec un cri retentissant qui cessait dès le retour au sein gauche. Aujourd’hui, la colère s’exprime plus clairement, mais aussi plus longuement.

Je sais que les émotions de base sont universelles à tous les peuples et sont décodées dès le plus jeune âge d’un poupon, mais il demeure que son expression a un petit quelque chose de culturel et même de familial! En fait, je dois admettre que je me reconnais dans ce petit air renfrogné de ma mini!

J’en étais à ces réflexions quand ma grande est passée devant moi en se dandinant le popotin, dans petite danse sur un air inventé, le sourire aux lèvres. Une belle démonstration de joie! Ma grande, elle est comme ça, dans la joie tout gesticule! Cette démonstration me fait sourire à nouveau, il n’y a rien à faire, mes deux filles me ressemblent.

Cette scène matinale me fait réaliser combien, nous les adultes qui gravitent autour des enfants, nous modelons l’expression de leurs émotions. Du simple cri de larme aux poings serrés, il y a tout un monde d’apprentissages.

Toute petite, j’ai appris rapidement que toutes autres émotions que la joie et le calme se devaient d’être cessées rapidement. Le mot d’ordre : arrête ou va dans ta chambre! J’ai donc appris que les émotions dites négatives ne doivent pas être exprimées. Ce qui s’est traduit par plusieurs problèmes physiques dès l’adolescence et une très faible capacité à exprimer correctement mes émotions. Aujourd’hui, j’ai fait la paix avec mes émotions. Ce n’est pas une relation simple, mais tellement plus équilibrée. Je dois remercier mes deux pétillantes petites filles, car ce sont pour elles que j’ai appris à mieux m’exprimer. Je veux leur transmettre l’acceptation de soi dans ce qu’elles ont de lumineux et d’ombragé. Reconnaitre que toutes les émotions ont leur place dans notre vie et qu’elles méritent d’être vécues et exprimées. Maintenant, reste à apprendre comment le faire dans le respect de soi et des autres. Une étape bien laborieuse quand on a 4 ans!

Alors ce matin, je n’ai pas terminé mon article. J’ai plutôt décidé de me lever et de faire quelques pas de danse avec ma grande pour ensuite aller jaser avec ma mini afin de la réconforter et d’accueillir son émotion. C’est un travail presque à temps plein avec deux petites filles émotives et expressives comme leur maman.

Et vous, vous arrive-t-il de vous reconnaitre dans les réactions émotives de vos enfants?

Un texte de Caroline Lesmerises