Quand on a moins besoin de toi

Cette année, je me suis absentée quelques fois pour le travail. Habituellement, c’est une période de 24 heures mais parfois c’est aussi 48 ou 72 heures. Mon mari est fabuleux et très compréhensif : il prend le relais sans questionnement. Ce qui m’aide à quitter sans me sentir coupable de le laisser avec toute la gestion du train-train quotidien.

En toute honnêteté, lors de mon dernier voyage, j’étais un tantinet heureuse de quitter. Je travaille beaucoup ces temps-ci et les enfants sont dans leur phase préadolescence / adolescence et les prises de bec sont plus au rendez-vous. Un brin épuisée, ce petit séjour me ferait assurément du bien même si j’avais un horaire chargé pour le travail. Avant de quitter, j’ai averti Pierre… afin qu’il puisse bien se préparer. J’avais trouvé les derniers jours lourds.

À mon retour, d’un air sympathique, je lui ai demandé comment ça s’était passé. Sa réponse fut comme un coup de poing dans l’estomac : « Ça s’est très bien déroulé, c’était même facile. » Euhhhhhh. Quoi ?

Bon, il ne me disait pas ça pour me blesser mais moi, l’habitante de la planète Venus que je suis, à pris ça personnel. Comme un rejet. Comme on n’a plus besoin de moi. Comme je suis une mère poche car moi je trouvais ça difficile avant mon départ. Soupir.

Évidemment quand mon chum a vu ma réaction, il a pris le temps de me parler et approfondir sa pensée. Dans le fond, tant mieux si tout s’est bien passé durant mon absence.

Après ma petite crisette intérieure, à tête reposée, j’ai réalisé que j’en fait possiblement trop pour mes enfants. Je suis quasiment toujours présente à la maison et au fil des ans, j’ai toujours été là pour veiller et m’occuper d’eux mais ils grandissent et sont maintenant capables d’en faire plus. Je ne dis pas que je faisais tout pour eux mais Pierre et moi avons des façons différentes de gérer la maisonnée et autant qu’avant il y avait des choses à apprendre de moi, je crois que le moment est venu où c’est à mon tour d’apprendre de lui.

Alors oui, mon ego, a pris toute une débarque la semaine dernière. Mais avec le recul, je constate que c’est une bonne affaire. Notre équilibre familial est simplement en train de changer. Ça m’a déstabilisée.

La morale de cette histoire ?

Ce n’est pas parce qu’on a moins besoin de moi, qu’on ne m’aime pas ou moins qu’avant.

À me remémorer souvent. ;-)

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