Apprivoiser la mort

deuil-mort-apprivoiser la mort-vivre le deuil-perte d'un être cher-grand maman-chagrin-épreuve de la vie-dernier souffle-décès-Je suis une maman

Il y a maintenant un peu plus d’un mois, j’ai perdu ma grand-maman. Cette femme avec qui j’avais un lien du cœur si puissant. Je l’ai accompagnée jusqu’à son dernier souffle. À son chevet, ne sachant trop comment gérer la situation, pour me donner un peu de courage, la seule chose que j’ai trouvé à faire est d’écrire. Alors que ma tête et mon cœur se livraient une solide lutte d’émotions et de rationalité, mon crayon sur le papier tentait de mettre un peu d’ordre dans mes idées. Je vous livre ici en toute humilité, l’un des passages les plus troublants de ma vie. Un petit bout de mes réflexions guidées par la peine, la douleur et l’incompréhension. Ces quelques mots ont aidé à guérir mes maux. Peut-être pourront-ils donner un peu de sens aux vôtres.   

C’est la première fois que je fais face à la maladie. La maladie qui s’infiltre, la maladie qui emporte. La maladie qui prend la vie d’une personne que l’on a tant chérie. Cette maladie qui offre cette vie à la mort. À la mort qui nous nargue et qui nous regarde droit dans les yeux, sans ciller. À la vie qui danse un temps avec la mort, jusqu’à en perdre le rythme, jusqu’à en perdre pied, jusqu’à sombrer. La vie, la mort. Cette vie qui s’éteint en donnant ainsi naissance à un jour nouveau. C’est ce jour nouveau qui fait peur. Cette peur de vivre sans l’autre. Cette peur de ne vivre dorénavant qu’avec un souvenir. Cette peur de laisser l’autre derrière pour aller de l’avant. Cette peur d’avancer, cette peur d’oublier. Fuir la douleur ou l’enfouir dans son cœur? Vivre la douleur. Sans aucun doute. La vivre, s’en souvenir, mais surtout ne pas l’enfouir.  

Ma belle grand-maman d’amour est rendue au bout du chemin, de son chemin. La laisser partir est à ce jour l’une des choses les plus dures que j’aie eu à faire. La vie peut être si sournoise. Comment peut-elle nous faire vivre de si beaux moments et nous faire souffrir aussi intensément? Comment peut-elle offrir sans compter et reprendre sans avertissement? C’est un manège qui finit si abruptement parfois. Dans cette montagne russe qu’est la vie, j’aime à croire que l’on repart avec le sourire en sortant. Je réalise que la sortie est rarement celle que l’on avait prévue.    

Se sentir aussi impuissant devant cette douleur. Se sentir aussi petit devant la mort. Avoir envie de lui faire un pied de nez et en même temps de lui dire merci. Merci de la libérer de ce corps qui ne lui appartient plus. Ce corps qui lui pèse tant. C’est cette dualité, cette relation amour/haine avec cette mort si proche, que je tente d’apprivoiser. Suis-je en colère contre la vie ou plutôt contre la mort? Suis-je en colère contre cette vie qui prend fin ou contre cette mort qui survient? Je ne sais pas… Je ne sais plus… Ma tête essaie tant bien que mal de rester hors de l’eau, alors que mon cœur se laisse emporter par le courant. Je sens que la tempête se lève. J’ai le mal de mer. Pourvu que la vague ne fasse pas couler mon bateau…

Il y a maintenant un peu plus d’un mois, j’ai perdu ma grand-maman. Chaque fois que j’écris cette phrase, j’apprivoise un peu plus la situation. Pas un jour ne passe sans que j’y pense. La tempête est passée, elle fut plus noire encore que ce que j’avais anticipé. Mais mon bateau n’a pas coulé. Il y a certes encore un peu (parfois beaucoup) d’eau dans la coque, mais la mer est plus calme maintenant. J’ai laissé couler l’encre pour éviter la dérive. Le vent a tourné. Il me pousse vers l’avant. On meurt tous un jour. Mais il faut vivre avant.

Si tout comme moi vous devez vivre avec le départ d’un être cher, si vous devez vous aussi apprivoiser la mort, je vous souhaite de trouver ce qui vous aidera à garder le cap. Du bout de mon crayon, je vous dis : Bon courage!

Article rédigé par Véronique Désormeaux

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