Ah la fameuse perspective

C’est jour de rentrée officielle. Je m’attendais à une journée remplie d’émotions variées puisque mon bébé débutait officiellement au secondaire. J’avais passé les 9 dernières années avec au moins un enfant au primaire et notre routine était bien installée. Puis là, bang, c’était terminé et mes deux petits (!) amours quittaient la maison, boîte à lunch à la main.

Quand ils ont franchi la porte avec leur père (c’est lui qui les amène à l’école le matin), j’avais l’impression de voir tout défiler devant moi sur le «slow mo». Je me suis mise dans le cadre de porte pour les saluer, pour les voir partir en voiture et malgré ma bonne humeur et mon gros sourire, en dedans, je ne me sentais pas très bien. J’étais en train de tomber.

Une fois la voiture partie, j’ai constaté que toutes les familles du quartier ayant des enfants au primaire entamaient leur marche vers l’école pour la fameuse rentrée scolaire dans la cour d’école.

Il faisait beau, le soleil était au rendez-vous et j’étais heureuse pour tous ces écoliers! Débuter l’année sous des rayons de soleil lumineux, avec une fête extérieure… me semble que ça part bien la rentrée.

La délégation passait et soudainement, je n’étais plus capable de les regarder. Malgré la matinée ensoleillée, je sentais une tempête voir le jour. J’ai fermé la porte puis je me suis assise, à mon bureau dans la salle à manger (lire ici notre table à manger), dans le silence.

Ça faisait des mois que je n’avais pas entendu ce silence. C’était le calme plat.

Qu’allais-je faire toute la journée, seule?

J’étais déstabilisée.

Je marchais vers un nouveau chemin. Je n’étais pas certaine de l’aimer.

Soudainement, je regrettais de ne pas être allée reconduire les enfants.

Tout à coup, je me sentais comme un parent, « out », car je n’étais pas en route, avec les autres, vers l’école du primaire.

Même si le soleil frappait le coin de ma table, je ne voyais que des éclairs et entendais au loin des grognements.

Puis la tempête est arrivée.

J’ai pleuré. J’ai pleuré beaucoup.

Une fois l’orage passé, je me suis ressaisi, j’ai pris une grande respiration et j’ai choisi d’avancer sur cette nouvelle route, un pas à la fois.

Pour me sortir le nez de mon nombril, j’ai décidé d’écrire un mot à ma collabo Catherine, car elle, sa fille commençait la maternelle. Une autre sorte de nouveauté. Elle m’a raconté sa rentrée puis je lui ai raconté la mienne. Même si j’étais vulnérable, même si j’avais peur de sa réaction (car je suis une grande sensible dans la vie et même aujourd’hui, j’ai toujours peur de ce que les gens vont penser. Je travaille là-dessus, mais c’est un long processus), j’ai choisi de raconter ma rentrée.

Puis Catherine m’a répondu ceci :

«Ohhhh Ben non Jaime, t'es pas out, t'es une maman avec un peu plus d'expérience, c'est tout! »

Elle avait bien raison. Ses mots m’ont rappelé que parfois, dans la vie, tout est une question de perspective. Qu’il faut parfois reculer pour mieux avancer, qu’il faut faire le vide afin de mieux respirer, qu’il faut parfois tomber pour se relever.

C’est exactement ce qui m’est arrivé ce mardi matin de la rentrée.

Oui, je navigue sur un cours d’eau. Oui, c’est un changement dans ma vie. Au lieu de focaliser sur le négatif, je dois me concentrer sur le positif, les acquis, le cheminement et toutes les belles choses que les dernières années m’ont apportées.

changer de perpective, voir les choses autrement

Ahhhh la fameuse perspective. Parfois, en changeant notre angle de pensée, on voit une situation bien différemment.

Je suis en train de #TrouverMonNouveauNiveaudeBienEtre (parce que je n’aime pas le mot équilibre). Je ne l’ai pas encore trouvé, mais cette prise de conscience est certainement un pas dans la bonne direction.

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