Occasions spéciales et familles recomposées : conseils pour réussir ce casse-tête

C’est la première communion de Fiston. Bien entendu, il souhaite partager ce moment de sa vie avec ses deux parents. Cependant, entre papa et maman, c’est la catastrophe, et ils ont refait leur vie avec une nouvelle personne. Voici quelques conseils pour réaliser son désir sans trop en souffrir.

Famille recomposée

1.     Priorité : l’enfant !

D’après François Saint-Père, psychologue, « si tout le monde s’entend sur l’idée de mettre en priorité le bien-être de l’enfant, la mésentente se situe souvent dans la définition que chacun des parents donne à ce bien-être ». Pour la psychologue Élyse-Mercier Gouin, il faut se soucier, dans l’organisation, du bien-être des acteurs principaux de l’événement et les choisir en fonction du désir de l’enfant. « Si l’on prend le cas d’une première communion, pour l’enfant, l’important est d’avoir ses deux parents avec lui. Ceux-ci peuvent donc être assis au premier rang. Si les beaux-parents sont présents, ils peuvent être plus discrets, dans un rang plus éloigné. » Les adultes doivent se mettre dans la peau de celui pour qui cette occasion a lieu et se décentrer le temps de la cérémonie. Pour madame Gouin, c’est important de toujours garder en tête que ce que l’on ferait manquer à l’enfant par égoïsme puisse être très marquant dans sa vie et provoquer des blessures profondes. 

2.     Respecter nos limites et celles de notre ex

Afin que l’événement se déroule le mieux possible et que chacun y trouve une certaine zone de confort, c’est important d’être à l’écoute de nos limites et de connaître celles de notre ex. Pour ce faire, Jean-François Chabot, avocat et médiateur, propose de négocier par écrit. L’écriture permet de prendre du recul et de différer nos réactions. De plus, puisque les écrits restent, ils deviennent un outil pour se remémorer notre entente.

Madame Gouin, quant à elle, suggère que si la réunion est pour tourner au vinaigre, mieux vaut penser à faire deux fêtes séparées. Dans le cas d’une première communion, il peut y avoir la cérémonie publique où tout le monde est présent et une réunion par famille selon le temps de garde. « Rien ne nous oblige à ouvrir la porte de notre maison à notre ancien conjoint. » Martin Champagne, père de deux enfants, abonde en ce sens : « On ne mélange pas les familles élargies ! »

3.     Communiquer

En communiquant, l’on peut connaître les appréhensions de l’autre, ses limites, son ouverture. Selon Catherine Cloutier, psychologue, « la majorité des parents sont capables de communiquer à l’occasion, car ils connaissent l’importance que ça revêt aux yeux des enfants ».

François Saint-Père propose de se réunir quelques semaines avant l’événement pour que chacun puisse s’exprimer. En plus de favoriser la communication, la planification s’en trouve facilitée. 

4.     Répartir les tâches également

Pour éviter des situations frustrantes et des rancœurs, c’est important que les deux parents s’impliquent également et assument+ leur part de responsabilité dans l’organisation de l’événement. Pour Martin Champagne, c’est la clé du succès. « J’aime préparer les gâteaux pour les occasions. En échange, la mère s’occupe des invitations. »

5.     Faire preuve de souplesse

S’il faut changer des jours de garde pour accommoder la tenue de l’événement, c’est important de le faire. Selon maître Chabot, « de refuser une certaine souplesse dans le calendrier de garde lors des occasions spéciales est un caprice des parents et va à l’encontre du bien-être des enfants, ce qui est inacceptable ». Il faut faire preuve de respect envers l’enfant ainsi qu’envers l’autre parent. 

6.     La médiation ? Pourquoi pas.

Faire appel à un médiateur n’est pas strictement réservé à l’occasion de la séparation. « La médiation, nous rappelle monsieur Saint-Père, est un processus pointu qui peut être utilisé de façon ponctuelle dans le but de trouver des solutions concrètes favorisant la coopération pour une occasion précise. » Selon, madame Gouin, « les ressources ne sont pas assez utilisées lors des petits moments ».

La médiation se distingue de la consultation entre ex-conjoints qui, elle, est un processus émotionnel cherchant à replacer les priorités, assainir la relation, revisiter les blessures du passé dans le but de réduire la tension. On peut faire appel à celle-ci pour trouver des solutions à long terme. François Saint-Père rappelle que la relation entre les parents sera toujours présente. Il est possible d’aller chercher des outils permettant de l’améliorer, même lorsque leurs vies respectives sont maintenant bien loin l’une de l’autre.

7.     Lâcher-prise et faire certains deuils

Annie Goudreau, parent, explique que l’on doit apprendre à lâcher-prise. « C’est possible que mon nouveau conjoint ne soit pas présent pour un événement, ça se peut que je n’aie pas tous mes enfants avec moi lors d’une occasion spéciale. Dans mon plan de vie idéal, ça n’arrivait pas. Mais bon… parfois, les choses ne se passent pas comme on veut. »

Johanne Martineau, maman et coach de vie, propose quant à elle « d’accepter les non-dits et les petits malaises ». On ne peut pas se battre contre, il faut simplement les accepter.

8.     Accepter le nouveau conjoint de son ex

« En plus de tolérer les beaux-parents, nous confie monsieur Saint-Père, il faut encourager son enfant à avoir une bonne entente et avoir la maturité pour donner lui donner le droit de développer une relation significative avec lui. » Selon un vieil adage, ça prend tout un village pour élever un enfant. En ce sens, c’est donc une merveilleuse nouvelle qu’un autre adulte s’ajoute à l’équation. Madame Gouin ajoute : « l’amour ne se divise pas, il se multiplie. Il est erroné de croire qu’un enfant cessera d’aimer son parent. Ce n’est pas un enjeu d’affection. » 

La coopération, l’entraide, le respect, la flexibilité et la transparence sont les principes de base du psychologue François Saint-Père. Pour y parvenir, il faut pouvoir régler son passé. L’amour éprouvé pour son enfant représente la meilleure des motivations. Cet amour inconditionnel permet de déplacer des montagnes. Il devrait primer pour permettre à notre enfant de jouir de la présence de ses deux parents à l’occasion.

Article rédigé par Catherine Lemire