Je plaide coupable...de culpabilité!

Lorsque je suis devenue maman, plusieurs sentiments sont apparus : amour inconditionnel, joie, bonheur, gratitude, fierté et… culpabilité. Cela fait maintenant dix ans que je suis maman et par trois fois. À chaque fois que notre famille accueillait un nouveau membre, ces sentiments ressentis s’accentuaient. Particulièrement au dernier. J’ai toujours dit que le sentiment de culpabilité venait avec le rôle de maman. 

Je ne sais pas pourquoi, mais la culpabilité est un domaine dans lequel les femmes excellent. Je n’ai jamais eu l’impression que mon conjoint a ressenti ce sentiment aussi intensément que moi… en tout cas, si oui, il a bien caché son jeu, chose que je ne sais pas faire…

Je me suis amusée à chercher la définition de culpabilité dans le dictionnaire : Culpabilité, sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

Réelle ou imaginaire… je serais curieuse de faire une compilation du nombre de fois où j’étais réellement coupable par rapport à celles où j’imaginais être coupable. Et il y a une différence entre les deux!

Jusqu’à tout récemment, je ne m’étais jamais vraiment questionnée sur le sujet. J’avais appris à vivre avec le fait de me sentir coupable pour différentes raisons : les conseils ou reproches de tous-ceux-qui-savent-tout-et-ont-toujours-raison-sur-les-bébés-et-le-rôle-de-maman, un repas rapide « fast food » par manque de temps ou ne pas avoir l’envie de cuisiner, une sortie entre amies, une réunion de travail ou d’école, le manque de temps avec les enfants, manquer une sortie scolaire, car je ne peux m’absenter du travail et… encore les reproches de mon entourage, car je travaille trop, etc. Cependant, dernièrement j’ai assisté à une conférence de Marcia Pilote qui s’intitule « La vie comme je l’aime » où elle aborde le sujet de façon humoristique. Quelle prise de conscience! J’en remercie la vie.

Pendant qu’elle parlait, c’était comme si elle me décrivait; dans ses exemples, je me reconnaissais clairement. En une heure, j’ai fait une rétrospective des dix dernières années de ma vie, songeant à plusieurs moments où je me culpabilisais… toute seule.

Avant d’être une maman, amante, amie, collègue, voisine… je suis une femme. Je réalise que naturellement et de bonne volonté je me suis mise dans une position où il est parfois plus facile de me culpabiliser que d’assumer une action ou une parole. On parle souvent de confiance en soi pour les mamans, les enfants. Jamais on n’en parle pour la femme qui est derrière tous ces rôles. Parfois, ça prend un événement ou quelqu’un de l’extérieur pour nous faire réaliser ce genre de chose. J’ai donc décidé dorénavant de penser, prendre et assumer mes décisions en fonction de la femme que je suis afin d’être meilleure dans tout les rôles que j’exerce. C’est loin d’être gagné, mais je crois que ce travail sur moi-même fera de moi une femme plus épanouie.

Article rédigé par Isabelle Grenier
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