Un peu angoissée

Une date qui m’angoisse approche. Je n’avais pas réalisé à quel point ça me stressait et, après quelques réflexions, je ne pouvais plus nier l’inévitable : j’ai peur. L’ironie dans toute cette histoire est le fait que j’avais même repoussée cette date deux fois depuis janvier et, chaque fois, j’avais toujours une bonne raison de le faire (c’est la saison de l’influenza, une sortie scolaire, etc.). C’est avec ces raisons que je justifiais ma décision de remettre à plus tard le rendez-vous. Cependant, je fuyais la raison principale : mon angoisse.

En fait, mardi, ma fille a rendez-vous au CHUS pour une sensibilisation aux pacanes. Ma poulette est gravement allergique aux arachides ainsi qu’à certaines noix. Les pacanes, étant une noix à laquelle elle est peu ou pas allergique, son allergologue suggère de faire une sensibilisation dans l’espoir que son corps accepte la noix. Ce type de procédure comporte ses risques, et j’en suis fort consciente. D’un côté, je suis optimiste et j’aimerais beaucoup qu’elle puisse être en mesure de manger certaines noix pour enlever un stress. Être allergique à 3 aliments au lieu de 6, à mon avis, ce serait une grande amélioration. Évidemment, si tel est le cas et que les tests de mardi sont une réussite, je vais tout de même faire attention, mais ce serait une petite bataille de gagnée.

D’autre part, j’ai peur, car je m’en voudrais si ma décision fait en sorte qu’elle réagit négativement mardi, et qu’elle subisse une réaction allergique. Je me rassure en me disant que nous ne pourrions pas être mieux entourées, car nous serons à l’hôpital. Étant donné qu’elle grandit et que le secondaire approche lentement mais surement, j’aimerais vraiment connaître le fond de ses allergies alimentaires.

Je me permets d’ouvrir une parenthèse et de sortir de mon for intérieur tout le dédain que j’ai face aux allergies alimentaires. Ce n’est pas toujours évident, et j’ai l’impression d’être en constante lutte sociale parce qu’encore aujourd’hui, il y a tellement de personnes qui ne comprennent pas la gravité de la chose. Je suis consciente que ce n’est pas une maladie grave, dégénérative ni une maladie où elle doit prendre des médicaments tous les jours, mais c’est tout de même, dans son cas, mortel. MORTEL. À mon avis, ce n’est pas à prendre à la légère.

Bref, j’avais tout simplement besoin de vider mon sac. Je ne peux pas vraiment en parler à la maison, car elle écoute souvent tout ce qui se dit. Elle a des oreilles partout cette enfant-là (elle ne tient pas du voisin !!!). Mardi est le grand jour. Je vous en donnerai des nouvelles pour vous tenir au courant.

De nos jours, je remarque qu’il y a maintenant non seulement des allergies alimentaires, mais également plusieurs intolérances alimentaires. Ce n’est pas une situation facile pour les personnes aux prises avec ces réalités. Selon Anaphylaxie Canada, l'allergie aux arachides touche environ 2 enfants sur 100, et la moitié des Canadiens connait une personne présentant une grave allergie alimentaire. C’est un fait important à ne pas négliger. Et là, nous parlons simplement des arachides. Qu’en est-il pour les noix, les œufs, le gluten, les produits laitiers, etc. ? Est-ce qu’il y en a parmi vous qui vivez avec des allergies, alimentaires ou autres? Ou qui ont des enfants ayant des allergies ? Comment vivez-vous avec cette réalité ?

Pour plus de renseignements sur les allergies alimentaires, rendez-vous sur le site du AQAA- Association québécoise des allergies alimentaires.