Un matin ordinaire dans une classe qui sort de l’ordinaire

Mise en contexte 

vie scolaire - adaptation scolaire - secondaire - témoignage - je suis une maman


Il est 8 h 45, je suis assise dans notre bureau commun, le département d’adaptation scolaire. C’est une pièce de taille moyenne où s’entassent sept enseignantes dévouées, ainsi du matériel pédagogique du plancher jusqu’au plafond!

Ces dernières sont à organiser leurs périodes, à discuter de la dernière recette qu’elles ont préparée la veille et surtout, elles sont prêtes à vivre une nouvelle journée au point de service.

Ma collègue Amandine et moi discutons de la journée à venir. Il faut dire qu’au secondaire, nous ne sommes pas seules à enseigner dans notre classe. Amandine et moi, nous nous partageons le groupe, selon nos matières.

L’arrivée des élèves

Les élèves commencent à être plus nombreux dans le corridor; il ne reste que quelques minutes avant que la journée ne débute.

Un des nôtres arrive, beaucoup trop motivé pour un lundi matin. J’apprécie grandement que mes élèves soient enthousiastes à l’idée de venir en classe, mais cette intensité amène souvent son lot de défis pour l’élève et pour nous!

Premier tour de piste

Il arrive à vitesse grand V et se plante dans le cadre de la porte.

Élève : Bon matin !!!! J’ai pas pris ma pilule!

Amandine : Bon matin ... ! On va appeler maman pour qu’elle me le confirme. Tu prendras celle que l’on garde ici.

Moi (à ma collègue) : Je vais aller voir Nadine (notre exceptionnelle éducatrice spécialisée) pour qu’elle sache que le matin risque d’être plus fragile!

Je reviens, Amandine me dit que maman a confirmé qu’il ne l’avait pas prise et elle souhaite qu’on lui retourne la bouteille vide. Elle en remettra dedans ce soir, pour un futur « au cas où ».

Deuxième tour de piste

Il est désormais 8 h 50. Un autre de nos élèves arrive. Par contre, il n’a pas l’entrain du précédent ... Il a les yeux qui ont l’air de dire : « tu me parles et je saute ma coche! »

Moi : Bon matin, mon homme! Ça va?

Lui, en grognant : Oui… (Je lui laisse quelques minutes, tout en l’observant de loin.)

Moi : Tu as fini d’enlever tes vêtements d’extérieur, vas rejoindre les autres! Tu pourras revenir à la première cloche.

Je vous épargne toutes les délicatesses auxquelles nous avons eu droit. Au début ce n’était pas dirigé vers nous, c’était plus en réaction à son matin qui avait mal commencé. Ensuite, les rappels d’avoir un langage acceptable à l’école ont jeté de l’huile sur le feu. Je vous épargne toutes les insultes qui ont suivi. 

Notre quinze ans n’est même pas entré en classe ce matin-là; nous validerons sa disponibilité à revenir en classe plus tard, après son passage au local d’encadrement.

  

Troisième tour de piste

Il reste huit minutes avant la cloche. Nous gérons une chicane de casier, un élève qui doit aller laver ses vêtements à cause d’un accident, un autre qui n’a pas d’argent pour dîner et qui est complètement envahi par la situation, même si on lui a dit qu’on lui prêterait 5 $.

Les autres sont là et ils gravitent autour d’un noyau en pleine ébullition. Il est 9 h, la première cloche sonne, ils se choisissent un livre et vont s’asseoir. Il est 9 h, la deuxième cloche sonne. La journée commence officiellement.


Oh! J’ai oublié de nourrir le poisson, encore!

Article rédigé par Stéphanie Pigeon

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