La raison pour laquelle on a dû provoquer mes deux derniers accouchements

  Photo : Catherine Galarneau

Photo : Catherine Galarneau

Attention : cet article pourrait vous causer des démangeaisons!

Si mon souvenir est bon, j’étais à ma 32e semaine. C'était ma 3e grossesse. J’étais déjà énorme (à mon premier rendez-vous, le doc avait même soupçonné la présence de jumeaux!) Un soir dans mon lit, je n’arrivais pas à dormir parce que… je n’arrêtais pas de me gratter! La paume des mains, la plante des pieds. C’était un peu infernal. Puis, j’ai réalisé que ça faisait quelques jours que chaque soir au coucher, j’avais du mal à m’endormir parce que je me grattais intensément. 

J’ai pensé que ma peau était sèche, alors j’ai mis de la crème. J’ai pensé que je faisais une réaction à la crème, alors j’ai changé de crème. J’ai changé de savon aussi. Et j’ai continué de me gratter. 

Un beau soir, j’ai sorti mon ordinateur et j’ai tapé « démangeaisons et grossesse ». Je suis tout de suite tombée sur des tonnes de témoignages et d’articles en lien avec la cholestase gravidique. La quoi?

Mes premières lectures (et toutes les autres qui ont suivi) avaient de quoi d’inquiétant : cette maladie peut entrainer la mort du bébé! 

Contrairement à bien des gens, en lisant ça je me suis dit : « ça ne doit pas être ça, j’ai juste des démangeaisons! »

J’ai eu mon rendez-vous de suivi avec le doc à 34 semaines. Dès que je lui ai dit que des démangeaisons m’empêchaient de trouver le sommeil, elle m’a regardée et m’a dit « Ah! Tu nous fais une cholestase! » Je vous avouerai que je suis restée sans mot, bouche bée. Je ne m’attendais pas à quelque chose qui pourrait être aussi grave et surtout, je pensais que ça prendrait des tests pour établir un diagnostic. Il en existe un test, mais il est fait à Montréal et obtenir les résultats chez nous prend environ 4 semaines. Et quand on a un diagnostic de cholestase, on provoque la naissance à 37 semaines (quand on peut se rendre jusque là!) parce que le bébé est techniquement à terme donc, court moins de risque en dehors qu’en dedans. Faites le calcul, on n’avait pas le temps d’attendre les résultats. 

Mon médecin m’a tout de suite envoyée à l’hôpital. J’y ai eu une prise de sang et un monitoring. On m’a dit que tout était sous contrôle pour le moment. Et que je reviendrais faire un suivi tous les 3 jours pour s’assurer que tout reste sous contrôle. S’il y avait un pépin, je serais provoquée sur-le-champ. Si tout semblait bien aller, on attendrait 37 semaines. J’ai eu des médicaments ; un pour aider à contrôler et diminuer les risques de la cholestase et l’autre, pour limiter les démangeaisons. 

Tout s’est bien passé. J’ai donc été admise à l’hôpital un dimanche soir, à l'aube de ma 37e semaine, pour préparer l’induction qui aurait lieu le lendemain matin. Mais… mon corps n’était pas prêt. Même si c’était la 3e fois qu’il devait expulser la petite vie qu’il avait fait pousser, il ne s’est pas tout de suite souvenu comment faire. Il n’en a fait qu’à sa tête! Ma fille est née le mardi matin. La fin des démangeaisons a été presque immédiate!

  Photo : Catherine Galarneau

Photo : Catherine Galarneau

Selon les statistiques, quand on a fait une cholestase, les chances d'en refaire une sont très élevées. À ma grossesse suivante, j’ai senti les démangeaisons très tôt. Mais, pas de façon continue. Mes médecins ne savaient pas quoi en penser, apparemment c’était trop tôt et pas assez intense. On a donc surveillé jusqu’à… jusqu’à la toute fin. À l’aube de ma 37e semaine, mon doc m’a dit qu’elle ne savait pas quoi faire, provoquer à 37, ou non? Elle m’a donné un rendez-vous avec l’équipe de gynéco de l’hôpital. C’était un mardi. Le docteur que j’ai rencontré a décidé de ne pas prendre de chance. J’ai donc été admise pour accoucher… avec beaucoup d’espoir que ça se déroulerait mieux que la fois précédente. Plus rapidement, surtout. Mais bon. Ça a pris quelques jours, mais j’ai finalement été délivrée de mes démangeaisons! 

Et depuis, mes paumes de mains et de pieds ne démangent plus, ou presque!

Article rédigé par Catherine Galarneau

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