Comment prendre ta place de papa

Nos conjointes changent après l'accouchement.  Leur instinct maternel s'installe.  Elles ont une grande responsabilité envers l'enfant. Ce sont elles qui sont responsables de le nourrir quand elles allaitent et elles adoptent une nouvelle façon de penser et de nouveaux comportements. Le nouveau-né devient leur priorité et c'est normal.  L'enfant devient le centre de leur vie et l'instinct maternel, qui est une émotion, peut être très fort dépendamment de la personnalité de la mère.

En tant que nouveau papa, nous avons tendance à laisser beaucoup ou toute la place à la mère et on devient souvent l'assistant.  On se dit, c'est elle la mère, elle l'a porté durant 9 mois, elle le connaît mieux que moi.  Elle sait ce qu'elle fait, surtout qu'elle a l'air vraiment sûre d'elle.  Je ne sais pas quoi faire et je veux aider alors j'attends qu'elle me dise quoi faire et je le fais de la façon dont elle le ferait.  Malheureusement, c'est là que se trouve notre erreur.

Il est vrai que nos conjointes ont ce fort instinct maternel mais elles n'ont pas notre recul. Nous avons à coeur le bien-être de notre enfant autant qu'elles mais nous ne sommes pas habités par notre instinct paternel de la même façon. Pour les femmes, en général, elles sont en fusion avec leurs enfants, il est une extension d'elles.  La preuve est qu'un cordon les reliaient à cet enfant.  Pour nous, notre enfant n'est pas une extension de nous, c'est quelqu'un que l'on aime et que l'on veut protéger mais il est séparé de nous.  Il est une autre personne que nous. Cela fait vraiment une différence.

Certaines mamans ont tendance à réagir fortement au plus petit cri de leur enfant et à vouloir trouver ou sauter sur la première solution qui leur vient en tête.  Il a faim.  Il faut changer sa couche.  Il veut se faire prendre. Etc. Cependant, observer l'enfant 5-10-30-60 secondes pendant qu'il pleure peut permettre de comprendre le vrai problème que l'enfant a.  Est-ce qu'il bouge les jambes?  Seulement les bras?  A-t-il l'impression d'avoir mal? Ou faim?  En tant que papa, nous sommes les mieux placés pour analyser de façon plus posée.  Analyser prend de la patience et comme nos conjointes sont très fatiguées, elles en ont moins et c'est normal. Nous avons cette patience, utilisons-la.

Même si tu n'as jamais eu d'expérience avec un bébé, tu es dans un état physique et psychologique où tu peux bien observer et expérimenter.  Quand ton petit se tortille de telle ou telle façon et que tu lui donne à boire, est-ce qu'il se calme?  Si oui, c'était ça le problème. Peu à peu, tu vas décoder les mouvements et les cris de ton enfant. Tu vas décoder son langage.  Cela ne fonctionnera pas toujours et ce n'est pas grave mais cela fonctionnera dans la majorité des cas.  Tu vas ainsi acquérir la connaissance nécessaire pour prendre de plus en plus de place dans la vie de ton enfant.  Au fur et à mesure de tes succès, ta conjointe va comprendre que tu peux avoir raison et elle te laissera plus de place.  Tu ne seras plus seulement un assistant mais un parent en entier.

Un événement m'a montré que ni les mamans, ni les médecins n'ont la science infuse en ce qui concerne les enfants et que les parents attentifs sont souvent les mieux placés pour s'occuper de leur enfant.

Philippe avait 1 mois et buvait 4 onces de lait à chaque boire.  À la fin de chaque biberon, quand il n'y avait plus de lait, il pleurait durant 1 minutes et ensuite arrêtait de pleurer.  Les médecins nous avaient dit que l'estomac des enfants de 1 mois ne peut contenir que 4 onces de lait.  Après plusieurs biberons qui se terminaient toujours avec des pleurs pendant 1 minute, je me suis dit, il a peut-être faim pour plus que 4 onces? Je lui ai donc fait un biberon de 7 onces, juste pour voir. Le pire qu'il puisse arriver est qu'il ne le finisse pas. Et bien, savez-vous ce qui s'est passé? IL L'A TOUT BU! Je n'en revenais pas! Quand le biberon fut terminé, Philippe n'a pas pleuré, ni chigné mais il était tout à fait rassasié!  Une goutte de lait lui coulait sur la joue. Il était vraiment plein et super bien. Calme, relaxe, prêt à s'endormir.

Cela fut une très bonne leçon.  Tous les bébés sont différents, les règles et les principes ne sont là que pour nous guider mais au fond, si on aime et observons nos enfants, nous allons apprendre à les connaître comme personne d'autre et nous serons ce qui est le mieux pour eux!

Article rédigé par Pierre Roberge