Maman, je suis souvent choisie dans les derniers…

C’est la phrase qui est venue m’assommer hier soir. 

Autour de la table, en attendant les garçons de la maisonnée (ils étaient en train d’imprimer des feuilles pour l’exposé oral de fiston sur la Nouvelle-Zélande au sous-sol), je discutais avec ma fille. Elle me racontait sa journée. Elle m’expliquait qu’en éducation physique, ils avaient formé des équipes pour différents ateliers. Elle était très contente et fière de m’annoncer qu’elle avait réussi à grimper le mur d’escalade et qu’elle avait aussi eu beaucoup de plaisir sur les poutres.

Je lui posais des questions pour continuer la discussion. L’une d’entre elles : « tu étais avec qui dans ton équipe ? » Elle m’énuméra les membres de son équipe et à la fin ajouta : « je suis souvent dans les derniers à être choisie ». J’ai posé quelques questions supplémentaires et nous avons changé de sujet lorsque les garçons sont arrivés.

Comme parent, que fait-on avec une déclaration comme celle-là ? Doit-on faire quelque chose ? Lorsqu’on forme des équipes, il y a nécessairement les premiers et les derniers choisis. J’essayais de lire entre les lignes, de voir si elle essayait de me dire quelque chose. Rien. Elle avait l’air bien. Si ça la dérangeait, elle ne me l’a pas montré. Dans la vie, ma poulette est une fille tellement raisonnable. Il y a tellement de choses qui lui passent 10 pieds par-dessus la tête. Mais en même temps, si elle me l’a dit, peut-être que ça la dérange ?

En toute honnêteté, quand elle me parlait de tout ça hier soir… instantanément, je me suis replongée dans ma jeunesse. J’étais très souvent la dernière choisie en éducation physique. Ça me faisait tellement de la peine. Les sports, ce n’a jamais été mon fort. J’aime ça, mais je suis tout simplement pourrie. Disons que je n’étais pas la fille la plus populaire au primaire, et de l’intimidation, j’en ai vécu.

D’une part, je ne veux pas extrapoler, car mon vécu ne ressemble à rien de celui de ma fille. Ma poulette a des amis, aime aller à l’école et n’a jamais réellement eu des conflits avec les amis de sa classe.

Je ne veux pas créer un problème là où il n’y en a pas, mais je me demande quoi faire avec les informations apprises hier soir. J’aborde le sujet à nouveau ? J’attends pour voir si elle m’en reparle ? Je prends le temps de réitérer qu’elle peut me dire n’importe quoi sans jugement ?

Au fond de moi, j’espère seulement qu’elle ne sent pas comme moi lorsque j’avais son âge et qu’elle viendra me voir si elle a besoin de conseils ou d’une oreille.

J’ai décidé de demander conseil à un psychologue. Je me suis dit que ces conseils pourraient certainement aider d’autres parents qui vivent une situation semblable. Selon Gabrielle Pitre, D.Psy de la clinique psychologique Évolution, une des clés pour être à l’affût de ce qui se passe dans la vie de notre enfant est la communication. Il faut créer un lien avec notre enfant pour que ce dernier se sente en sécurité. C’est donc important de créer un climat favorable à l’échange. D’être une figure rassurante. Ne pas trop pousser, car notre enfant risque de reculer.

Pour favoriser un beau climat pour des échanges, Mme Pitre nous conseille de créer des petits moments, des petites routines dans notre journée. Par exemple, autour de la table au souper, chaque membre de la famille raconte un bon et moins moment de la journée. Ou encore, le soir, on essaie de passer un temps seul, un à un avec chacun de nos enfants où nous pouvons discuter de tout et de rien. Si notre enfant est introverti, nous pouvons essayer d’ouvrir la discussion avec des sujets simples, non émotifs. Nous pouvons également faire des parallèles avec un film ou parler de quelqu’un d’autre. Exemple : « Quels conseils donnerais-tu à ta cousine qui, en ce moment… ».

Autre conseil de Mme Pitre est d’être réceptif des émotions verbales et non verbales de nos enfants lorsqu’ils nous parlent. De plus, en tant que parent, si notre enfant nous confie quelque chose et que, pour une raison ou une autre, nous n’avons pas tout à fait compris que c’était un signe ou un cri du cœur, le sujet reviendra s’il est important. L’enfant va nous démontrer d’autres signes ou fera d’autres pas vers nous. 

Finalement, en réel cas de doute, l’école est une bonne source d’information. Appelez le professeur de votre enfant ou envoyez un courriel. Parfois, discuter avec le professeur peut nous rassurer ou encore confirmer nos inquiétudes. Si tel est le cas, avec l’aide de l’enseignant, vous pourriez élaborer des stratégies pour aider votre enfant.

Ah la vie de maman… je suis souvent en train d’apprendre quelque chose ou de faire des réalisations sur moi-même, de me revoir petite avec mes yeux et ma tête d’adulte. De réellement comprendre et ressentir ce que mes enfants vivent. Je constate également que mon rôle de maman est celui qui m’est le plus cher. Je continue à répéter cette phrase qui m’aide énormément dans mon quotidien : « j’ai la meilleure des intentions et je fais du mieux que je peux… ».

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