Le chemin est parfois plus important que le résultat

J’ai toujours été inspirée par Manon Lavoie, celle qui est derrière M Comme Muses. Je la trouve honnête et authentique. J’aime suivre sa page Facebook et les aventures de ses Muses. Chaque année, Manon organise des escapades créatives, des week-ends où plusieurs Muses se retrouvent pour créer, faire le point et prendre du temps pour elles. Ces fins de semaine m’ont toujours intriguée, mais par peur, par gêne, je ne me suis jamais inscrite.

Je suis très à l’aise pour écrire des textes, parler à la radio, même faire des chroniques à la télévision. Me retrouver à l’intérieur d’un cercle à discuter et créer (je ne suis pas très bonne en arts), me donne une peur bleue.

L’automne dernier, Manon a publié sur les réseaux sociaux qu’elle allait dorénavant offrir des ateliers Parents-Enfants. J’aimais beaucoup l’idée et je me suis dit que ça pourrait être une activité que je pourrais faire avec ma poulette. Elle est très créative, aime les arts puis elle est présentement dans un petit tournant de sa vie. Elle achève son primaire, et les années à venir en seront de changement pour elle. L’idée qu’elle participe à des ateliers me plaisait beaucoup. J’ai fait le saut et je nous ai inscrites. 
 

 Moi et ma poulette lors d'une sortie scolaire.

Moi et ma poulette lors d'une sortie scolaire.


Direction Montréal, j’étais un peu nerveuse. C’était le Jour J et je ne pouvais plus reculer. Les gars sont venus avec nous, car ils désiraient passer la journée au Salon de l’auto. Nous avions préparé un plan de match pour le transport et l’horaire de la journée. Tout était en ordre. À la fin de notre cours, à 15h30, Poulette et moi allions nous rendre à Longueuil où les gars nous attendraient après leur transport en métro.

Dans la vie, je ne suis pas une personne qui vit bien avec le changement… j’aime suivre mon petit plan. L’atelier s’est bien déroulé, et j’ai passé un beau moment avec ma poulette. Le simple fait de prendre du temps et de peindre une grande feuille m’a apporté un calme intérieur. Ça m’a fait du bien. J’étais même surprise de vivre ce sentiment. Par contre, le son de mon cellulaire qui vibrait m’a sortie de ce confort. En voyant le numéro de téléphone, je savais que c’était mon mari qui m’appelait car c'était un # dans le 514. J'ai pris son message et il m’expliquait qu’ils avaient terminé et qu’ils se rendaient plus tôt à Longueuil pour nous attendre, au cas où notre atelier se terminerait plus tôt.

Instantanément, j’ai stressé. J’étais prise entre le calme du moment présent avec ma peinture et l’idée de terminer le plus rapidement possible pour aller chercher mon mari afin qu’il n’attende pas trop longtemps. J’étais mal. La fin de l’atelier a été moins agréable puisque je n’étais plus bien.

En route vers le métro, j’étais en grande réflexion. J’ai alors constaté que le changement de plan m’avait causé un certain stress, et que j’avais peur que mon mari soit fâché contre moi si nous n’arrivions pas plus tôt. Le fait qu’il n’ait pas de cellulaire n’a pas aidé la situation, car j’étais incapable de le rejoindre afin de discuter avec lui et de mettre les choses au clair. Bref, j’étais déstabilisée et j’ai paniqué.

Dans la voiture, sur le chemin du retour, nous avons parlé de la situation et mis les choses au clair. Le fait d’avoir été dans un état calme m’a permis de voir plus clair et de vraiment prendre un moment afin de mieux comprendre. Au-delà de la panique, que se passait-il ? Pourquoi est-ce que je me sentais ainsi ? Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait. Je crois sincèrement que le fait d’avoir pris un moment pour moi m’a permis de voir plus clair et de comprendre mon habitude de comportement.

Je réalise qu’il ne faut pas avoir peur de sauter dans un terrain inconnu, un endroit qui nous fait peur. L’important, c’est de faire le saut et d’être ouvert à ce que nous pouvons apprendre sur nous-mêmes. Ce premier atelier créatif avec ma poulette m’a permis de passer du très bon temps avec ma fille, de prendre un moment zen pour moi qui m’a fait prendre conscience d’un aspect de ma personnalité.

En regardant le résultat de notre premier chef d’œuvre, je vois qu’il me reste encore du chemin à faire, ha ha ha ! Cependant, le chemin que j’ai pris pour m’y rendre et les « aha moments » que j’ai eus me gonflent de fierté et d’espoir. J’ai très bien fait de plonger. Dans ce cas-ci, le chemin fut vraiment plus important que le résultat, et je n’ai aucun regret.

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