L’image corporelle de nos filles : il faut se mobiliser

On dit jamais deux sans trois, et, en ce moment, ce proverbe me fait peur. Il me fait très peur.

N⁰ 1
La semaine dernière, j’ai été un peu sous le choc quand j’ai vu passer la pétition pour bannir la compétition Mini-Miss à Laval. On dit que ce genre de choses se passent ailleurs, mais là, Laval, c’est un peu trop près de chez nous. Je suis entièrement contre ce genre d’évènement. Kim Lizotte a très bien résumé ma pensée sur Twitter la semaine dernière en disant : «  Parce qu'une enfance heureuse ne devrait pas inclure du spray-tan et des faux cils. » Tellement d’accord avec elle. Évidemment, j’ai signé et partagé la pétition.

N⁰ 2
Hier, je tombe sur cet article publié dans le Huffington Post qui parle d’une nouvelle tendance : le thigh gap (l’espace entre les cuisses). Pardon ? Une tendance ? Selon l’article, le thigh gap est cette nouvelle tendance auprès des jeunes filles aux États-Unis où on mesure la distance entre les cuisses. Évidemment, grâce aux réseaux sociaux, on partage des photos, des statuts, et cette tendance se propage comme un feu de forêt. Les jeunes aujourd’hui sont « amis » avec pleins de gens et voilà que ces jeunes voient des images d’une réalité qui ne devrait pas exister.

 

Crédit photo : Huffington Post

Crédit photo : Huffington Post


N⁰ 3

Voilà. Je pourrais attendre pour apprendre la nouvelle tendance, car je suis convaincue qu’il y en aura une, mais je ne le ferai pas. Deux fois en deux semaines, à mon avis, c’est beaucoup trop, et je crois que, en tant que parent, il faut se mobiliser et tenter, du mieux que nous le pouvons, d’éduquer nos filles, de leur montrer que oui, c’est important d’avoir un mode de vie sain, mais qu’il ne faut surtout pas virer sur le top. Les mannequins dans les revues, ce n’est pas la réalité de monsieur et madame tout le monde. 

D'ailleurs, une maman de deux enfants m'a témoigné ceci cette semaine : « dans mon temps (j’ai été mannequin de 1995 à 2000), en plus d’être des filles d’une beauté qui correspond à des standards très précis, avant un shooting, on avait un minimum de 45 minutes de maquillage (même pour un look naturel), 45 minutes de coiffure, les éclairages avantageux et ensuite la photo passait par Photoshop où l’on corrigeait les derniers défauts et où, bien souvent, on agrandissait les jambes à au moins 150 % ce qui les rends plus longues et plus minces... 

Je n’ai pas travaillé beaucoup, car je refusais les injections de collagène dans les lèvres, la dentisterie esthétique pour rendre mes dents parfaites et beaucoup d’autres niaiseries du genre. Il ne faut surtout pas prendre ces images pour la réalité, c’est un jeu. Un jeu super malsain qui rend notre société malade.  »

C’est une image qui a été créée, et il faut prendre le temps d’expliquer à nos filles et nos garçons que cette image est fausse.  

Cette éducation, cette mobilisation, à mon avis, elle commence à la maison. Des petits gestes que nous pouvons tous poser pourraient faire une grande différence. Prenons par exemple Facebook. Nos enfants ne devraient pas avoir de compte. Selon les règles de ce réseau social, c’est même illégal. Facebook est réservé pour les personnes de 14 ans et +. Prenez un instant pour visualiser les statuts commandités et publicités qui défilent devant vos yeux. Croyez-vous que c’est approprié pour les enfants ? L’autre jour, ma poulette m’a demandé de lui créer une adresse courriel. J’ai dit non. Quand elle en aura vraiment besoin (au secondaire, par exemple), on s’en reparlera. Si elle désire écrire à ses grands-parents ou à une tante, elle sait qu’elle pourra toujours utiliser mon adresse à moi.

Chez nous, ma fille ne peut pas se maquiller. Pour des occasions spéciales, je vais lui mettre un peu de gloss mais c’est tout. Elle aime beaucoup le vernis à ongles alors elle a sa petite réserve et nous nous amusons à faire nos ongles de temps en temps, mais ça arrête là. Le maquillage, ce sera pour plus tard.

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La semaine dernière, j’étais à Toronto et j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Nia Vardalos, la vedette du film « My big fat greek wedding ». Elle me racontait que chez elle (sa demeure principale est en Californie), ils ne parlent pas de beauté corporelle. C’est un sujet tabou dans la maison. À la rentrée, ils ont eu un party piscine avec d’autres familles et une mère a dit à sa fille : « wow, tu as un corps d’enfer ». Nia n’a pas du tout aimé ses propos et elle l’a dit à la mère. Elle m’a expliqué que, dans la vie, elle est super gentille, mais, lorsque l’on vient brusquer son petit nid familial, elle ne se gène pas pour protéger sa fille et ses proches. Selon Nia, tout est une question d’équilibre. À Hollywood, c’est un peu intense. L’autre jour, elle était à un souper et le repas consistait en une mini poitrine de poulet avec trois brocolis. Elle était avec une copine et, après la soirée, elles avaient encore faim. Oui, nous parlons de Hollywood et le monde des stars, mais les jeunes, tout comme certains adultes, prennent ce qui se passe dans ces mégapoles de LA et New York comme les normes à suivre.

Vous savez, je suis une fille pleine d’espoir. J’ose espérer qu’ensemble, nous pouvons faire une différence. Si, en tant que parents, nous faisons un effort pour parler à nos filles, si nous mettons en place des règlements pour protéger nos filles et nos jeunes, puis si nous leur enseignons l’importance d’un mode de vie sain (mot clé, ici : sain…) je ne peux pas croire que nous ne pouvons pas faire une différence, une belle différence.

Chaque pas, chaque geste, chaque signature d’une pétition et chaque règlement que nous mettrons en place pour éduquer nos enfants fera en sorte que notre position sera très claire pour nos filles : peu importe ta grandeur, grosseur, couleur de cheveux, style vestimentaire, choix de carrière… vous êtes toutes belles et capables de réaliser vos rêves les plus chers.

Que pouvons-nous concrètement faire afin d’aider l’estime et l’image corporelle pour nos filles ? Partagez, commentez… et je rédigerai une suite à cet article avec vos propositions, car, ensemble, je suis convaincue que nous pouvons faire une différence.
 

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