L’humilité de la défaite

En octobre, je me suis rendue à Montréal pour le congrès Mères en affaires : deux jours de conférences, réseautage incluant un gala pour souligner les femmes/mamans entrepreneures. Non seulement j’étais contente d’y être pour le contenu (chaque année, j’essaie de suivre des formations, assister à des congrès et conférences, car je veux continuer à apprendre, grandir — c’est tellement important pour moi), mais j’y étais aussi en tant que finaliste pour le prix Mères en affaires de l’année. Je me pince encore. Mères en affaires de l’année — ça sonne bien, n’est-ce pas ? Le simple fait d’être mise en nomination m’a remplie de gratitude.

Le soir du gala, j’étais fébrile et excitée. On ne se le cachera pas : je voulais gagner. J’espérais tant que mon nom soit appelé lors de ma catégorie. Tout d’abord, on ne se le cachera pas, je suis une fille compétitive. Je donne toujours mon 110 %, même parfois plus, et, je ne sais pas pourquoi, mais j’avais l’impression que, en gagnant ce prix, j’allais me prouver quelque chose. Pendant plusieurs années, le sentiment d’imposteur m’habitait dans le monde de la blogosphère, de l’entrepreneuriat et je me disais que ce prix pourrait en quelque sorte me prouver que j’ai bel et bien ma place. Finalement, je pensais à mes enfants. Ils étaient TELLEMENT énervés que LEUR maman soit en nomination pour un prix. J’avais deux jeunes convaincus que LEUR mère allait gagner, car pour eux, j’étais de loin la meilleure.

Or quand mon nom n’a pas été appelé, vous comprendrez que j’ai vécu un petit moment de déception. Je ne croyais pas l’avoir « dans la poche » comme certains le diront, loin de là, car nous étions tout de même neuf sélectionnées dans ma catégorie. Mais quand vous voulez quelque chose, vraiment ? On a tous déjà passé par là, non ?

J’étais bien heureuse pour la gagnante — dans le fond, les neuf méritaient de gagner. Chaque femme dans cette catégorie travaille fort, a fait son chemin et réussit dans le monde des affaires. Ce n’est pas une route facile. Nous sommes souvent confrontés à des embûches, des défis et nous devons naviguer sur les vagues du mieux que nous le pouvons tout en conjuguant avec notre vie familiale et nos autres obligations.

Mais sur le coup, j’ai eu de la peine. Je me sentais comme une perdante. Un « loser ». J’ai parlé de ma déception à Émilie et Hélène (deux amies/collaboratrices au site JSUM qui étaient avec moi au Gala — d’ailleurs, je félicite Émilie qui a remporté un prix lors de ce dernier ; —)). En discutant avec elles, je réalisais que j’avais un choix devant moi : m’apitoyer sur mon sort, qui en quelque sorte, n’était vraiment pas la fin du monde (j’ai perdu, « so what ») ou vivre la situation avec humilité. La décision fut facile et quand j’ai fait le constat de ce que je devais faire, j’ai eu des frissons.

Vous voyez, je n’ai peut-être pas gagné le prix de « Femme de l’affaire de l’année », mais je me suis couchée le soir du gala avec tellement plus…

-         J’ai fait une rencontre avec une jeune entrepreneure et j’ai eu une idée pour une activité en Outaouais.
-         J’ai décidé de faire mon « coming out ».
-       Durant la conférence de Josée Bournival, les moments wow défilaient un après l’autre.
-       Les rencontres et les discussions avec quelques femmes sur place m’ont confirmé que j’étais bel et bien à la bonne place.

C’est en constatant tout cela dans ma tête que j’ai réalisé à quel point je sortais de ce congrès victorieux. Il fallait simplement que je regarde plus loin que mon égo, que mes peurs. Chose pas facile à faire, mais quand on arrive à y parvenir, les bienfaits sont énormes. J’en suis la preuve.

Et ça, bien ça n’a pas de prix. ;-)

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