Dérapages

Ce documentaire m’a complètement ébranlée. Durant le visionnement, à quelques reprises, j’étais sans mots. J’ai également vécu une grande gamme d’émotions : tristesse, colère, empathie, joie (quand nous avons vu la maman de Bianca enceinte), etc. En toute honnêteté, je ne pensais pas être si touchée et bouleversée par ce film. Lorsqu’il est sorti, Paul Arcand a fait plusieurs entrevues, et j’entendais plusieurs personnes répéter à maintes reprises « un documentaire à voir, tout le monde devrait le voir », et, au fond de moi-même, je ne comprenais pas pourquoi. Maintenant, je comprends.

À 16 ans, j’ai dérapé

Lorsque j’ai eu 16 ans, j’ai également eu mon permis de conduire. Ma mère fut très généreuse avec moi et me prêtait souvent sa voiture, une Honda Civic rouge. Jeune, innocente et immature… et j’étais amoureuse d’un bad boy. Aujourd’hui, avec mes yeux d’adulte, je réalise à quel point il me niaisait. Mais bon, cela est un sujet pour un autre billet ! Le garçon en question habitait en campagne et il était le voisin d’une de mes amies. Or, quand j’allais visiter ma copine, j’en profitais également pour le voir. Un soir, ça avait vraiment bien été entre nous deux et, sur le chemin du retour, j’étais vraiment heureuse. J’étais également en retard donc j’ai décidé d’accélérer pour arriver à temps. Dans une courbe, j’ai complètement perdu le contrôle de ma voiture et j’ai fait plusieurs tonneaux. Par chance, j’étais sur un chemin de campagne avec peu de circulation. Je ne sais pas si je serais encore ici advenant le cas où une autre auto serait arrivée en  sens inverse. J’ai appris une méga leçon cette soirée-là et, depuis, je suis beaucoup plus prudente en voiture. Après cet incident, je n’ai jamais osé boire et prendre le volant. Jamais.

Des vies changées pour toujours

Peu importe l’histoire racontée, un fait revenait fois après fois. L’impact de l’accident avait des répercussions sur plusieurs personnes : les victimes, leurs familles, leurs amis, leurs proches, leur voisinage, etc. En tant que parent, je ressentais la douleur des parents de Mikaël et l’immense peine de la mère de Bianca. J’étais seulement en train d’écouter leur histoire et, à quelques moments, je trouvais ça insupportable. Ces histoires m’ont rappelé que, dans la vie, nos décisions, nos choix peuvent avoir des conséquences sur la vie de plusieurs.

Tout le monde devrait voir Dérapages

Hé oui, je fais dorénavant partie de ce clan : tout le monde devrait voir ce film / documentaire. Quand mes enfants seront plus grands, je vais l’écouter avec eux. Le simple fait de l’écouter avec mon mari a suscité des discussions intéressantes pendant le visionnement et par la suite, alors j’imagine l’effet que ça aura lorsque nous l’écouterons en famille.

Dans le passé, il m’arrivait de texter ou de vérifier mes courriels à un feu rouge. C’est fini. C’est trop dangereux et ça ne vaut pas la peine. Il y a 10 ans, nous vivions très bien sans cellulaire. Le besoin et la nécessité d’être toujours au courant, de répondre à nos courriels le plus rapidement possible… c’est nous-mêmes qui l’avons créé ce besoin, et je réalise de plus en plus qu’il n’est pas essentiel à ma survie. C’est devenu une mauvaise habitude. Une que je vais devoir changer.

Les réflexions postvisionnement

Tout d'abord, je suis contente d'avoir vu Dérapages une première fois, sans mes enfants. Je crois que je serai plus en mesure d'être là pour eux lors de notre visionnement familial. Maintenant que j’ai vu le film / documentaire, je me demande comment bien gérer cette phase qui approche tranquillement, soit celle où mes enfants vont sortir pour aller dans les bars et veiller. J’avais beaucoup de respect pour les parents dans le film qui allaient chercher leurs enfants à 3 h du matin. 

Mon mari, lui, a eu une brillante idée d’acheter des coupons de taxis aux jeunes pour qu’ils s’en servent à la fin de la soirée. Sur Facebook, certaines personnes voudraient que Dérapages soit présenté dans les écoles secondaires, d’autres aimeraient que l’âge pour l’obtention du permis de conduire soit augmentée à 21 ans.

Je constate qu’il y a une chose qui me dérange beaucoup : nous avons beau être prudents, éduquer nos enfants... mais reste que nous ne pouvons pas contrôler le choix des autres. Inévitablement, des personnes de bonne foi avec des bonnes intentions seront victimes, car d’autres n’auront pas pensé aux conséquences de leurs actes. Mais bon, je vais m’enligner sur le positif et me concentrer sur ce que je peux faire : inviter le plus de gens possible à visionner Dérapages, m’engager à montrer l’exemple aux jeunes et, ensemble, du mieux que nous le pouvons : éduquer la prochaine génération pour éviter ces cauchemars qui changent des vies à tout jamais.

Vous en pensez quoi ?  Quelles ont été vos réflexions postvisionnement ?

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