Débarcadère 101

Ce matin une goutte a fait déborder mon verre.

Ma fille entame sa 7e année de fréquentation à la même école primaire (maternelle + 6 ans) et avec les années, la situation du débarcadère étudiant empire et, en tant que mère et citoyenne, je n’en peux plus. 

Pendant les premières années, j’étais complètement bouche bée et je ne savais pas trop comment réagir. Or, depuis quelques années, je suis devenue la mère qui klaxonne quand elle voit les gens agir de façon incohérentes et dangereuses.

Je ne suis certainement pas la première à vivre autant de frustrations et inquiétudes en ce qui concerne un débarcadère étudiant et j’espère que mon « coming out » aura des répercussions positives sur les parents et futurs parents d’écoliers.
 

Sécurité routière


Ma réalité

Le débarcadère de mon école est fait en forme de U, à sens unique. Une automobile peut entrer d’un côté et se garer le long du débarcadère. Ce dernier longe la cour d’école et le tout est séparé d’une clôture où il y a quelques espaces ouverts afin que les enfants puissent facilement y accéder. Je vous dirais qu’une dizaine de véhicules peuvent facilement y stationner afin de déposer leurs enfants.

Le problème vient du fait qu’un certain nombre de parents décident de débarquer leurs enfants à deux endroits :

1-    Dans le débarcadère de l’autobus
2-  Dans le débarcadère des étudiants, en face de l’école, en stationnant en double file et en bloquant la circulation aux autres voitures.

Je. Ne. Comprends. Pas. 

Les dangers

Tout d’abord, le débarcadère de l’autobus devrait uniquement servir aux autobus et non aux automobilistes. De plus, le matin, il y a énormément de circulation et les parents qui s’y garent pour déposer leurs enfants y restent souvent pris, car ils ne peuvent pas reprendre facilement la route.

Un stationnement en double pour déposer ou récupérer son enfant (car les parents utilisent cette même tactique en fin de journée) est TRÈS dangereux.

De plus, présentement, le comportement routier de certains parents dans le débarcadère fait en sorte que le boulevard près de mon école devient un énorme bouchon de circulation.

À noter que, ici, je vous ai seulement parlé des débarcadères. Mais qu’en est-il avec la vitesse (souvent plus de 30 km/h) dans les zones scolaires ? Et les automobilistes qui ne laissent pas traverser des enfants aux coins de rue ?

Étant une mère qui travaille majoritairement de la maison, en sept ans, laissez-moi vous dire que j’en ai vu de toutes les couleurs.


Quelques statistiques

En 2013, selon les données de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), 1545 accidents sont survenus près d’une école (en zone scolaire, durant toute heure de la journée). Il y a eu 437 blessés.

La blogueuse Maude Goyer a récemment écrit un texte où elle partageait une tranche de vie sur le sujet et elle relatait que, depuis 5 ans, au Québec, environ 500 enfants âgés de 5 à 14 ans ont été victimes d’accidents pendant les trois semaines entourant la rentrée scolaire. Deux en sont même décédés. Les statistiques partagées m’ont laissées perplexe. Cinq cents enfants sur cinq ans, en trois semaines d’école, c’est énorme.
 

Pourquoi

Pour se rendre à l’école, la grande majorité du temps, mes enfants marchent. Par contre, lorsqu’il pleut à boire debout ou je suis près de l’école aux moments où ils sortent, je les prends avec la voiture. Lorsque je vis des moments comme ce matin, je vis une quantité phénoménale d’émotions et la question qui revient, fois après fois est POURQUOI ?

Je suis consciente que la vie va vite, que nous sommes souvent pressés en début et fin de journée. Cela dit, je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des parents qui posent des gestes dangereux et qui mettent la vie de nos enfants en danger.

Je vous demande d’y penser un instant.
 

Est-ce si grave de vous stationner au bout du débarcadère ?

Je comprends que votre enfant aura à marcher quelques pas supplémentaires. Mais votre enfant serait plus en sécurité, car il pourrait débarquer sur un trottoir et avoir un accès direct à la cour. De plus, votre geste ferait en sorte que la circulation avancerait matin, midi et soir.

Je vous invite à vous rendre sur le site de la SAAQ où vous trouverez d’autres statistiques et plein de ressources afin de poser les bons gestes en automobile, à pied et en vélo dans les zones scolaires.   
 

Car, malheureusement…

Un jour, tôt ou tard, il va y avoir un accident chez vous, près de votre école. Parmi les 1545 survenus pendant une année, un en sera de votre quartier. Vous ferez dorénavant partie des statistiques de la SAAQ.

Ça vous dit ? Moi, aucunement. 

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