Pour toi papa

Ma journée s'est amorcée comme n'importe quel lundi. Les enfants sont partis pour l'école, j'ai travaillé dans ma chambre (qui est aussi mon bureau!) une bonne partie de l'avant-midi. J'ai une grosse semaine devant moi. Ensuite, ce fut le dîner suivi d'un cours de step qui m'a fait beaucoup de bien.

Une fois revenu à la maison, je me suis replongé dans le travail. Les enfants sont arrivés de l'école vers 16h00.  Ma journée ressemblait à une journée typique. Et là, à 17h06, j'ai l'impression d'avoir été secouée par une bourrasque de vent- un fort vent... du genre 100 km/h en regardant dans l'agenda de mon fils. Je voulais lire son plan de travail et en voyant les dates de la semaine- 28 mai au 1er juin, je suis restée figée, incapable de réfléchir.

Instantanément, je me suis retrouvée le 28 mai 1992. J'avais 12 ans. Mon père venait de mourir.

Mais comment ai-je pu passer à travers la journée sans y penser, sans réaliser que nous étions le 28 mai? La semaine passée, je savais que la date approchait mais ça m'est complètement sorti de la tête. Depuis 17h06, je pense à des souvenirs. Je pense égalament au temps- que ça passe vite. Et je réfléchis à la vie et comment celle-ci est précieuse. 

Je dédie donc ce billet à mon père.  Ce n'est pas parce que j'ai oublié que nous étions le 28 mai que je le porte pas avec moi dans mon coeur.

Saviez-vous que je suis incapable de regarder le bulletin de mes enfants sans penser à lui? Je le lis exactement comme il le lisait avec moi.

À chaque année, à ma fête, je remémore les belles fêtes que j'avais lorsque j'étais petite. Peu importe la journée où elle tombait, il prenait congé pour être à la maison. En plus, il me faisait les plus beaux gâteaux! Il était un chef cuisiner/pâtissier et son talent était extraordinaire.

Parfois, on me demande comment je fais pour oser dans la vie- et bien ce soir, en écrivant ce billet je réalise que c'est un peu grâce à mon père que je travaille et que j'ose pour réaliser mes rêves d'enfance. Lui, il rêvait d'ouvrir son propre restaurant. Malheureusement, il n'a jamais pu le réaliser. J'ai appris à un jeune âge que la vie était fragile, c'est pourquoi j'essaie d'en profiter au maximum. 

Récemment, j'ai lu un livre et l'homme qui l'a écrit était mourant. Il nous racontait l’importance de persévérer lors d’obstacles, d’aider les autres à réaliser leurs rêves, de profiter de chaque instant parce que la seule chose que nous avons est le temps et un jour nous réaliserons peut-être qu’il nous en reste moins que nous le pensons. Tellement vrai, n'est-ce pas?

20 ans sans te voir, sans te parler, sans te toucher, sans t'ostiner.
Incroyable...

Papa, peu importe où tu te retrouves, sache que je suis bien, je suis heureuse et que je suis très reconnaissante pour la vie que je mène.

Je crois que je peux affirmer que tu serais fière de moi. :)  Et que dire de tes petits-enfants. Ils sont tout à fait fantastiques. Ma fille est une "mini-moi" et mon garçon te ressemble beaucoup sur le plan physique. C'est un petit costaud! Ils sont gentils, intelligents, généreux, bref- ils sont magnifiques.

Je ne suis pas une fille à cimetière et je ne suis pas très bonne avec les dates.
Malgré ces petits faits, sache que je ne t'oublie pas et que je t'aime.

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