TDAH, TOC, TAC, DYS, TSA, SGT, TED… je sais plus!

« Ton gars, il est autiste, faut consulter ». 

Junior avait environ 2 ans et demi lorsque sa gardienne m’a dit ces mots.

 Crédit photo : Annie Goudreau

Crédit photo : Annie Goudreau

Insultée parce que ça ne se fait pas dire ça à un parent, au fond je savais qu’elle avait raison :  fiston n’était pas comme les autres.  Il ne parlait pas, marchait à peine, faisait des crises agressives et ne jouait pas avec les autres. Combiné à un frère de 3 ½ ans qui raconte que papa l’a « garroché » pour justifier un bobo au front, et un jour, la DPJ est entrée dans nos vies. 

Je ne souhaite ça à personne, mais au final, cette plainte à la DPJ aura été l’élément déclencheur de notre bonheur. « Blanchis » de tout (évidemment!), les procédures nous obligeaient à rencontrer une psychoéducatrice du CLSC. L’ange tombé du ciel... qui aura vu immédiatement que le bobo, ce n’était pas nous, c’était « lui » !

Dès le début, l’autisme a été écarté, parce que fiston était « là ».  Il interagissait avec les gens, regardait dans les yeux et était très sociable.  Mais il avait quoi? 

Après 1 an de visites à domicile toutes les semaines (c’est difficile sur l’horaire de travail!), d’application de techniques comportementales (ça aussi c’est difficile, surtout quand il n’y a pas de constance entre maman, papa et la garderie!), il est devenu évident qu’on avait besoin d’aide additionnelle.

Rencontre en pédopsychiatrie :  « Madame, Monsieur, c’est votre faute si Junior est comme ça, vous n’êtes pas assez strictes.  Changez vos habitudes et revenez dans trois mois. » 

 Crédit photo : Annie Goudreau

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La « bonne nouvelle » selon notre psychoéducatrice, c’est qu’il voulait nous revoir...  « C’est un test, pour voir si vous êtes vraiment sérieux... ».  Je le détestais déjà.

Trois mois plus tard, plus stricts que jamais sans succès, nous avons commencé la fabuleuse odyssée du « barouettage » entre spécialistes, véritable partie de ping pong où chacun se renvoie la balle!

Direction orthophoniste par la porte d’en arrière (merci psychoéducatrice), après « seulement » quelques mois d’attente : « Il parle bien pour son âge (tu trouves?), pas un retard de langage, juste un gros TDAH, c’est difficile de l’évaluer.» 

Fiston, 3 ans et demi, en est à sa 7e garderie en un an. 

Retour chez le pédopsy :  « Trop jeune pour un TDAH, faut d’abord voir s’il a des retards de langage et de motricité.  Évaluation en ergothérapie. »

Deux garderies plus tard, chez l’ergothérapeute du CLSC, parce qu’à 4 ans, il ne tenait ni crayon ni ciseaux et ne descendait pas les escaliers un pied après l’autre.  « Impossible de l’évaluer, trop hyperactif, TDAH beaucoup trop fort ».

 Crédit photo : Annie Goudreau

Crédit photo : Annie Goudreau

Devinez la réponse du pédopsychiatre...

Après 4 ans de ping pong, mon « troupeau » débarquait dans le bureau du pédopsy :  papa, maman, gardienne-ange-tombé-du-ciel # 10, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue, prof de maternelle, directrice d’école, personne ressource de la commission scolaire. Monsieur le pédopsychiatre, pouvez-vous vous déniaiser s’il-vous-plaît

« C’est juste un gros TDAH.  Observation à l’école de jour de l’hôpital (psychiatrique) pendant deux semaines, et ça va être fini. »

Bref, il y sera resté huit mois, au cours desquels nous aurons eu des hypothèses de retard de développement, de Tourette, de Dyspraxie, de TDAH...  et en juin, la partie de ping pong s’est terminée avec une dyspraxie motrice, TDAH+++++++ et anxiété « invalidante ».

Fiston a maintenant 10 ans, est heureux comme pas un, confiant et fier de qui il est.  Dans une classe spécialisée, il apprend comme un champion :  matières scolaires, règles de vie sociale et comment gérer anxiété et agressivité.  Et j’adore notre pédopsychiatre!

Mon message aujourd’hui?

Si vous soupçonnez que quelque chose n’est pas « normal » dans le développement de votre enfant, consultez.  Chaque enfant a son rythme personnel de développement, mais certains signes ne trompent pas!  Bébé ne babille pas à 1 an? Ne marche pas à 2 ans? N’arrive pas à tenir un crayon à 3 ans? Posez des questions!  Plus on arrive à mettre des mots sur les maux rapidement, meilleures sont les chances de réussite plus tard!

Et si un jour on vous annonce que junior a XYZ, souriez!  Parce qu’enfin, vous saurez. 

Et quand on sait, on peut agir!

Bonne chance!

Article rédigé par Annie Goudreau
Son blogue : Morceaux-arc-en-ciel