Si les macaronis n’existaient pas…

« Je ne sais pas comment tu fais ! Tu devrais lui donner ceci ! Ah moi, je la sortirais de table sans souper ! » Combien de fois ai-je entendu cela… Ces conseils si précieux, qui changeraient soi-disant ma vie ! Avoir un enfant difficile, c’est quelque chose. Mais avoir DES enfants TRÈS difficiles, ça relève du défi. Mais on s’en sort, rassurez-vous !

Enfants difficiles

J’ai eu envie de vous raconter ma petite histoire de « rotation de deux repas » ou de comment les macaronis ont changé ma vie. Je ne croyais jamais dire une telle chose un jour, croyez-moi, mais si les macaronis n’existaient pas, je pense que je n’aurais pas survécu aux six dernières années. Chez moi, on fait la rotation de deux repas principaux : croquettes de poulet (pas n’importe lesquelles, celles en forme d’animaux, on s’entend !) avec fromage et concombre, ou macaronis au jus de tomates avec du fromage. Oui, oui, je suis sérieuse !

Quand j’étais petite, je mangeais de tout. J’ai été élevée à la bonne vieille méthode, c’est-à-dire, tu manges ce qu’on te sert ou tu ne manges pas. Je me trouve donc chanceuse, car j’aimais presque tout. Celà dit, cette super « technique » a été utilisée dans ma phase « je-ne-sais-plus-quoi-faire-pour-les-faire-secou-manger : au secours ! ». « Ils ne se laisseront pas mourir de faim ! », qu’ils disent. Faut croire que, mes filles, oui. Mon aînée, qui levait le nez sur toutes ses purées-faites-avec-amour-maison-par-maman, ne daignait même pas toucher au gâteau au chocolat. On s’entend pour dire que ce n’est pas le brocoli le problème, ici, mais toute une gestion d’alimentation qu’il faut considérer. Voyant la panique s’emparer de moi, tout mon entourage s’est empressé de me faire part de leurs judicieux conseils.

  Crédit photo Cynthia Côté


Crédit photo Cynthia Côté

J’ai donc tout essayé :

a)     Le tableau de récompenses
b)     Les encouragements
c)     L’ignorance
d)     La colère (on se tanne des fois… et on s’en veut après !)
e)     Servir le repas qui a été cuisiné
f)      Servir autre chose
g)     Couper le jus, le lait, l’eau, les collations, la télévision (ah non, ça, c’est pour autre chose !)
h)     Retourner à l’étape A, en m’en voulant d’avoir essayé D et F

Mon aînée s’est alors mise à perdre du poids, son anxiété s’est remise de la partie et elle baissait dans ses courbes de croissance. Une batterie de tests médicaux plus tard, notre Juliette était en pleine santé, mais il fallait passer en mode « engraisser la demoiselle ». Conseils de pédiatre spécialisée en nutrition : engraisser les bouillons de soupe, smoothies, manger plus de desserts, bref : manger tout ce dont elle a envie pour prendre le plus de poids possible. Le seul « hic », Docteur, c’est que madame Juliette ne mange rien de tout ça. Avez-vous déjà essayé d’engraisser ça, du macaroni au jus de tomates ? Et les fameuses recettes de biscuits aux haricots. Vous aurez deviné que ça ne fonctionne pas chez nous, à mon grand désespoir !

Mais rassurez-vous : ça finit par s’améliorer. Ma Juliette aura 6 ans. Elle mange plusieurs variétés de fruits et légumes, principalement crus, du poulet, de la pizza, du riz, des saucisses, des pâtes et quelques desserts. C’est bien peu, mais c’est un grand pas pour elle. Elle accepte de goûter à de nouvelles choses parfois, ce qui nous aidera à éventuellement varier les menus.

Le seul conseil qui a fonctionné pour nous, c’est de lâcher prise. Ce conseil, c’est mon intuition de maman qui me l’a donné. J’aimerais conclure en vous disant mission accomplie, mais la vie m’a envoyé un petit défi qui a presque 2 ans ½. Elle est mignonne comme tout avec ses frisous blonds, mais elle ne mange aucun fruit, aucun légume, uniquement du poulet en morceaux, des croquettes en forme d’animaux (oui, oui, c’est psychologique, mais essayer de lui faire comprendre que les rondes goûtent la même chose, c’est risquer qu’elle refuse catégoriquement de manger !), des rôties au beurre d’arachides, du fromage, du chocolat et… des macaronis !

Article rédigé par Cynthia Côté