Quand la santé mentale vacille

Un couple. Un enfant. Elle bipolaire, lui « sain d'esprit ». 

Après quelques années, Monsieur n'en peut plus et prend la porte, parce que les montagnes russes, malgré les traitements, c'est devenu invivable pour lui. Le hic, c'est que Madame est encore amoureuse... Pendant les épisodes dépressifs, elle parle de suicide et pendant les épisodes de manies, elle harcèle Monsieur pour des conneries, textos après textos après courriels après appels, après accusations, utilisant l'enfant de temps en temps pour justifier ses « craintes » et briser papa.  Et le cycle se répète 3 ou 4 fois par année, sans arrêt, sans pause...

Madame n'a pas conscience que sa « dérape » affecte la vie de Monsieur, la vie de l'enfant, la vie des amis... Son boulot à elle oui, mais le boulot de Monsieur aussi, qui doit parfois s'absenter pour réparer les dégâts causés par Madame dans sa vie personnelle à lui! Il peut faire quoi Monsieur ?

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L'exemple ci-haut n'est pas tiré de mon expérience personnelle... Mais j'ai déjà eu connaissance de situations similaires, notamment dans le cadre de mon emploi (adjointe juridique). Des situations comme ça, c'est bien réel, et les ressources pour l'ex-conjoint, elles, se limitent à des histoires d'avocats... 

On parle beaucoup de santé mentale (quoique pas assez selon certains), de l'importance d'aider les gens qui ont une santé mentale plus fragile, de l'importance de les soutenir, d'offrir des ressources et un meilleur accès aux thérapeutes, de l'importance de respecter sans juger, etc.

Mais on ne parle jamais de « l'autre ». L'autre, c'est le conjoint, l'ex-conjoint, la famille immédiate, les enfants, les amis... 

Je suis une « ex » du type « santé mentale fragile ». Par le passé, dans des moments de crise d'anxiété sévère, j'ai souvent eu l'impression de perdre le contrôle de ma tête, de mon corps, incapable de réfléchir comme il faut et ça a parfois dérapé...  Jamais de façon dramatique toutefois!  Mais avec le recul, je réalise que mes dérapages n'ont probablement pas affecté que ma seule petite personne.

La maladie mentale, ça peut affecter les enfants (s’il y en a), l’ex-conjoint et/ou le nouveau, la famille, le travail, les amis… Bref, toutes les sphères de la vie sont touchées quand notre santé mentale à nous vacille. Et la première étape pour arrêter de déraper, c'est souvent de commencer par accepter qu’on dérape.

Parce que j'ai conscience de ma fragilité, je peux maintenant trouver les outils pour m'aider à gérer tout ça moi-même, entourée de mes amis et ma famille, et ainsi espérer devenir une meilleure maman, une meilleure conjointe, une meilleure « ex » aussi. Méditation, coloriage, tricot et surtout : le lâcher prise.

Vous avez d'autres trucs à suggérer?  Si par hasard vous avez des suggestions, des ressources, des références pour aider les « autres »à mieux vivre avec la santé mentale défaillante d'une tierce personne, partagez-les avec nous!

Article rédigé par Annie Goudreau
Son blogue : Morceaux-arc-en-ciel