On fait plaisir aux autres ou on pense à soi d’abord?

Les fêtes sont maintenant chose du passé. Si vous êtes comme moi, vous avez sûrement couru comme une poule pas de tête dans les jours précédents le 24 décembre. En tous les cas, moi, je peux vous garantir que je courais comme une folle en ayant la désagréable impression que je n’arriverais pas à temps. J’ai fini de travailler le 22, j’ai fait quelques achats le 23 et le 24, nous recevions à la maison. J’y suis arrivée aux fêtes, mais avec la langue à terre et l’anxiété dans le tapis.

C’est une des raisons pourquoi j’ai dû prendre une grande décision, à quelques jours de Noël. J’ai décidé que je n’allais pas faire mille et un trucs pour susciter des Oh ! et des Ah ! autour de moi. Je cuisine beaucoup de petites douceurs pour offrir aux amis et à la famille. J’en ai faits, mais pas mal moins qu’avant. Aussi, depuis de nombreuses années, j’aime offrir des cartes de vœux toutes faites à la main. Le summum pour moi, c’est de mettre un timbre sur les enveloppes et de les envoyer par la poste. Qui n’aime pas recevoir une belle carte de Noël (et Dieu sait qu’elles sont belles mes cartes !) ? Moi, la première, je suis comme une enfant lorsque je découvre une carte dans ma boîte aux lettres. Année après année, le nombre de cartes augmente. L’an passé, j’avais commencé à réduire le nombre pour en offrir « seulement » une quinzaine. L’année précédente, c’était 24. C’est tellement plus simple de les acheter, mais moi, je tiens mordicus à mettre à profit ma créativité. Je le sais, je suis folle de même. Mais qui dit beaucoup de cartes dit aussi beaucoup de temps consacré à la fabrication. Temps qui, malheureusement, me faisait défaut cette année. J’ai donc pris la décision crève-cœur de ne rien faire. En fait, j’en ai fabriqué seulement 2 parce que je tenais à offrir quelque chose de très personnel à 2 personnes différentes qui tiennent une place importante dans ma vie. Bref, ce Noël-ci, je n’ai pas donné de carte à mon frère et à ma sœur (désolée la fratrie) et j’ai acheté une carte d’une artiste québécoise pour mes beaux-parents. C’est la première carte achetée depuis quoi ? Environ 12-15 ans ? Et savez-vous quoi ? Je me sentais excessivement mal de ne pas avoir offert de cartes personnalisées à ma famille. Je me sentais super « cheap » et surtout, je me sentais très coupable d’acheter quelque chose que je suis en mesure de faire.

C’est là que j’ai dû me parler parce que la culpabilité me rentrait dedans. C’est à ce moment précis que j’ai réalisé que j’avais pris la bonne décision quelques jours auparavant. Je me suis alors demandé s’il était possible de ME respecter et insidieusement, décevoir les autres. Je me suis aussi demandé qu’est-ce qui était le plus grave ? Décevoir les autres et vivre avec cette idée effroyable que je les avais déçus ou me rendre malade pour continuer à leur faire plaisir ? J’ai décidé que ma santé physique et mentale était plus importante que les « mauzus » de cartes et les gâteries. Résultat de ma réflexion ? Je ne crois pas m’être fait des ennemis. Je ne crois pas non plus que les gens autour de moi m’aiment moins parce que j’en ai fait moins justement. Au contraire, je ne sais pas combien de fois j’ai entendu, lorsque je m’excusais (encore la fameuse culpabilité !), les paroles telles que : « Ben voyons ! Ne t’en fais pas ! L’important, c’est votre présence ou d’avoir pensé à nous ». Pourquoi n’y avais-je pas pensé moi-même ? C’est tellement une réflexion si simple… C’est fou comment nos perceptions peuvent engendrer une forme de pression sur nos épaules, et ce, pour rien…

Dans l’effervescence des préparatifs de Noël, on oublie parfois de prendre soin de soi-même. En fait, ce n’est pas tellement l’idée de ne pas prendre soin de soi, mais plutôt l’idée de SE respecter. Je sais qu’il est beaucoup plus facile de faire plaisir aux autres que de SE faire plaisir soi-même. Et pourtant… Avec cette nouvelle prise de conscience, j’ai décidé de m’accorder davantage de temps. Il n’y a pas personne qui va mourir si j’en fais moins. Il faut savoir que pour moi, c’est vraiment ardu, car j’aime faire plaisir aux autres. Toutefois, il ne faut pas que je perde de vue le fait qu’en agissant souvent ainsi, je m’oublie totalement et je ne me respecte pas... Je pense que je viens de trouver une bonne résolution pour 2017.

Bonne réflexion !

Article rédigé par Carolyne Soulard
@SoulardCarolyne