Mon histoire d'infertilité

Quand j’étais jeune, comme la majorité des petites filles, je jouais à la poupée. Je me prenais pour une maman avec mon bébé au père imaginaire où la vie était simple et facile. J’ai grandi et mes jeux sont devenus des rêveries. 11-12-13 ans, toujours aucun signe de puberté. De petite fille à adolescente, le temps a été long avant de voir des changements. 

Enfin durant l’année de mes 15 ans, mes règles ainsi que les interrogations ont commencé. Sans le savoir, c’était le début de mes problèmes. J’ai passé de retard à absence et de migraines à maux de ventre. Selon mon médecin de famille, rien d’inquiétant, cela se replacerait seul avec le temps et avec la pilule contraceptive. J’ai passé d’une sorte à une autre sans que cela fonctionne…

L’année de mes 19 ans, je suis déménagée avec mon amoureux. En mars 2006, je me suis présentée à l’urgence de ma ville avec des menstruations de plus de 28 jours. Tout le mois de mars a été dur sur mon corps. Je demande immédiatement d’être vue par un gynécologue de cet hôpital. Une réponse plutôt décevante du docteur résident; je devais en parler avec mon propre médecin de famille. Comme cela lui semble moins inquiétant que pour moi, je refuse de lui en parler et je demande un autre avis médical.

Novembre 2006, première rencontre avec ma gynécologue. La perte de poids est toujours suggérée ainsi que plusieurs tests à faire autant du côté de mon conjoint que de mon côté. Prises de sang spermogramme, tests de grossesse, d’ovulation et prise du prochain rendez-vous. Janvier 2007, stressée, inquiète et paniquée, j’entre dans son bureau. Le mot qu’aucune femme ne veut entendre, mon cauchemar commence. "Tu es infertile"; ovaires polykystiques, endométriose. C’est à ce moment que mon rêve de petite fille de 12 ans s’écroule. Traitements, tests et échographies à tour de bras. Voilà à quoi mes mois ressemblaient. Je ne faisais plus l’amour, j’étais en train de créer un enfant. Tout était trop programmé…

L’adoption est devenue plus qu’une option. Se marier, attendre le 25 ans du conjoint et bien d’autres critères à respecter. Se convaincre de ne pas penser que nous sommes en préparatifs pour nous acheter un enfant, plutôt d’être heureux de démarrer les démarches pour se fonder une famille. Trouver l’agence d’adoption parfaite pour nous et nos critères. Remplir les tonnes de paperasses demandées et attendre encore et encore.

Malheureusement, cela n’a pas fonctionné pour nous. Nous avons divorcé. Non pas par manque d’amour, mais plutôt par colère de ne pas pouvoir lui offrir ce que je voulais le plus au monde.

11 ans plus tard, je suis rendue à : deux chirurgies, deux hystérosalpingographies, plusieurs échographies/vaginales, quelques hémorragies, plusieurs nuits blanches, beaucoup de maux de ventre, plusieurs paptests, plusieurs médicaments, beaucoup d'émotions, plusieurs crises de larmes, plusieurs rendez-vous avec un gynécologue, plusieurs prises de sang, et bien plus!

En 2014, un nouvel amoureux avec enfants est entré dans ma vie. Je n’ai pas à me plaindre, me direz-vous. Je les adore plus que tout, je suis leur maman de coeur, mais je me sens tout de même incomplète.

infertilité

J’ai entamé d’autres démarches. On m’a annoncé que je ne suis pas une bonne candidate, pour les injections. Nouvelle douleur en moi qui m´éloigne de plus en plus de mon rêve de fonder ma propre famille.

Le début de l'année 2016 a été assez difficile. Hémorragies et nombreux microbes. J’en suis venue à me dire que j’en avais assez! Que j’arrêtais tout!

Mais, en août 2017, je constate avec le recul que je ne suis pas si prête que cela à lâcher prise. Certaines journées sont plus faciles que d’autres, mais je rechute encore lorsqu’une amie ou même mes propres proches m’avouent attendre l’arrivée de la cigogne.

Je suis présentement en attente de mon rendez-vous en in vitro à Sainte-Justine (pour voir ce que peuvent me dire ces spécialistes).

J’ai arrêté de chercher à comprendre mon corps, arrêté de chercher à comprendre les pourquoi et comment. J’ai tout simplement arrêté de chercher à comprendre, je souffre en dedans, je souffre en silence. Je voudrais juste me réveiller et me dire que ce n’était qu’un mauvais rêve…

Article rédigé par Émilie Morin

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