Lettre à une amie éplorée

Ma chère amie,

On aurait dû accoucher presque en même temps. On avait que quelques jours de différence. On se réjouissait toutes les deux de ces bébés espoirs. Deux bébés qui venaient après des fausses couches. Deux quatrièmes bébés.

Sauf que les choses ne sont pas toujours aussi belles, justes et simples qu’on le voudrait.

Sauf que la vie a parfois des détours à nous imposer pour que l’on comprenne certaines choses.

Ton chemin à toi aura été parsemé d’étoiles rendues au ciel. De petites poussières de vie qui t’ont traversé le corps pour te glisser entre les cuisses sans que tes larmes puissent les retenir. Quatre fois. Dont cette fois, il y a maintenant presque un an.

Non, on n’a pas vu nos ventres s’arrondir en même temps. Non, on n’a pas donné la vie à quelques jours d’intervalles. J’ai bien eu mon bébé arc-en-ciel. Le tien s’est trouvé une place au ciel. Avec le précédent ET le suivant. Ben oui. La Vie t’en a envoyé un autre après, qui s’est accroché une place au firmament.

J’ai l’impression que ces fragments de vie t’ont été envoyés pour que tu comprennes que la vie est courte, qu’elle vaut la peine qu’on fonce pour la vivre le plus heureusement possible.

Et tu sembles l’avoir compris. Tu as osé. Tu es devenue celle que tu voulais être. Et ça te va si bien!

 Crédit photo : Catherine Galarneau

Crédit photo : Catherine Galarneau

Pis là. 

Pis là, la vie consent à te laisser une nouvelle chance. Tu es à mi-mandat de ta plus grande fierté! Ton quatrième, celui que tu as tellement souhaité, devrait être dans tes bras au début de l’été.

J’espère que quand tu regardes les grands yeux de ma fille ou son doux sourire, ça ne t’arrache pas le cœur en pensant à celui qui aurait dû être là, même âge, même étape. Je vois bien dans tes yeux cette petite ombre que tu tentes d’étouffer à coup de grands éclats de rire. Je ne l’ai pas oublié cette aventure, ce petit bébé si parfait. Je sais que tu ne l’oublieras jamais toi non plus. Je ne veux pas te narguer avec mon bonheur, qu’on aurait pu partager. Mais je suis fière et heureuse de ma petite princesse parfaite, qui elle, s’est accrochée jusqu’au bout.

Sache que je suis très heureuse que tu sois enfin sur ton X, avec une belle promesse bien au chaud dans ton bedon. Je me doute bien que ça n’a pas été facile, j’ai moi-même quelques petites lumières qui sont sorties de ma vie presque aussi vite qu’elles en étaient entré. La Vie suit son cours et je te la souhaite douce, pour la suite.

Article rédigé par Catherine Galarneau