Le mot des lectrices : Teena Charyton

On entend souvent parler du fameux moment présent... que le bonheur s’y trouve, que c’est le plus important. Je n’ai jamais su comment faire pour me recentrer sur ce moment présent, j’avoue que je suis souvent dans le passé et le futur. Puis, en regardant en arrière, je me rends compte que j’ai oublié de vivre certains moments pleinement. Il y a des photos que je regarde et je me dis que j’aurais pu en profiter plus… j’étais tellement stressée à ce moment-là pour rien de grave; c’était la fête de mon enfant!

Plus jeune, j’habitais en ville et je me déplaçais toujours en métro et autobus. J’ai des souvenirs enivrants de moments où je débarquais à la station de métro Berri UQAM et m’engageais dans ce flot de gens qui marchaient d’une allure pressée. Mes sens étaient aiguisés et j’attendais avec impatience de découvrir quel artiste jouait dans le corridor de la station qui menait à l’intersection de toutes les directions. Et quand finalement je l’entendais, cela déclenchait en moi un sentiment d’émerveillement enfantin incroyable. Je me sentais transportée, invisible à tout le monde autour, j’en avais des papillons dans le ventre! C’étaient des moments incroyables et ils se produisaient surtout dans une foule. La foule me permettait de ressentir que je faisais partie de quelque chose de tellement plus grand que juste moi. La foule me permettait de me sentir connectée à tout et à tout le monde!

Longtemps, je n’en disais rien à personne, c’était mon secret, car j’avais peur de paraitre bizarre, d’être jugée. Avec le temps, je me suis rendu compte que je pouvais atteindre ce sentiment enivrant quand j’allais me promener seule, là où il y avait une foule. Debout, au milieu de tout le monde, non pas pour voir et entendre les spectacles, mais plutôt pour me laisser bercer par l’énergie qui se dégageait de moi et des autres, pour me connecter à plus grand que moi.

Plusieurs années plus tard, j’ai finalement compris que ces moments étaient des moments présents. J’ai compris que de me connecter à plus grand que moi me permet de me recentrer sur l’ici et maintenant. J’ai compris que je suis dans le moment présent lorsque je ressens ces fameux papillons dans mon ventre! 

Je suis maintenant capable de retrouver ce sentiment enivrant sans l’aide d’une foule, juste en fermant les yeux et en prenant quelques grandes respirations, j’arrive à faire voler mes papillons! Et lorsque je les ressens sans aide, je sais que c’est le moment de lâcher prise sur tout et de profiter au maximum de ce qui se passe à ce moment. 

Pensez-y et la prochaine fois que vous ressentirez des papillons, prenez le temps de réaliser à quel point vous êtes dans le moment présent et à quel point c’est excitant!

Un texte de notre lectrice invitée du mois de mars : Teena Charyton