Le dépistage auditif à la naissance

On pense à tort que la déficience auditive est un mal réservé aux personnes âgées. Pourtant, les enfants n’en sont pas à l’abri. En effet, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, 4 à 6 enfants sur 1000 naissent avec une atteinte auditive dans la province du Québec1

Quels sont les facteurs de risque à la surdité?

Bien qu’il arrive régulièrement qu’on ne puisse mettre le doigt sur la cause précise d’une surdité congénitale (de naissance), plusieurs facteurs sont retenus comme étant à risque d’entraîner une déficience auditive. Parmi ces facteurs, notons [2,3] les infections intra-utérines (cytomégalovirus, toxoplasmose, rubéole, syphilis, etc), les facteurs prénataux (prise d’alcool ou de drogue durant la grossesse), les facteurs périnataux (prématurité, anoxie (manque d’oxygène), hyperbilirubinémie (jaunisse), les facteurs postnataux (méningites, prise de médicaments ototoxiques), les malformations au niveau de la tête ou des oreilles ainsi que les causes génétiques.

Pourquoi dépister les enfants dès leur plus jeune âge?

Il peut être très éprouvant pour un parent d’apprendre la surdité de son enfant si tôt. Par contre, plus la déficience auditive est détectée précocement, plus rapidement l’enfant bénéficiera d’interventions (ex. : appareillage auditif, suivi audiologique, implant cochléaire) et meilleures seront ses chances de se développer normalement.

La surdité peut parfois être sournoise. Il existe différents degrés de déficience auditive : minime, légère, modérée, modérément-sévère, sévère et profonde. De plus, certaines fréquences (sons graves versus sons aigus) peuvent être atteintes indépendamment des autres. Il arrive donc qu’une déficience auditive passe inaperçue, bien qu’elle puisse avoir des répercussions sur les différents aspects du développement de l’enfant, tels que le développement de la parole et du langage, les apprentissages, les habiletés sociales ou l’estime de soi.

Comment dépiste-t-on la surdité chez un nouveau-né?

Les deux techniques les plus utilisées pour dépister la surdité chez un nouveau-né sont les émissions oto-acoustiques (ÉOA) et les potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral (PÉATC). Généralement, le dépistage débute par un examen des émissions oto-acoustiques. Il s’agit d’une réponse émise par les cellules ciliées externes de la cochlée, organe auditif situé dans la partie interne de l’oreille. Lorsqu’un stimulus sonore est perçu, les cellules ciliées externes émettent un faible écho en retour, lequel est mesuré. Pour ce faire, un écouteur est installé à l’entrée du conduit auditif de l’enfant. Ce test ne prend généralement que quelques minutes à effectuer si l’enfant est calme.

Il arrive que l’enfant doive compléter un examen des potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral s’il présente un facteur de risque à la surdité et/ou si le test mesurant les émissions oto-acoustiques a été échoué. L’examen des PÉATC permet de vérifier l’intégrité du système auditif de l’oreille externe jusqu’au tronc cérébral. Pour ce faire, on installe sur la tête de l’enfant de petites électrodes. Les électrodes enregistrent l’activité neurale en réponse aux stimuli auditifs envoyés via des écouteurs.

Les tests utilisés pour le dépistage auditif sont indolores et non invasifs.

Comment puis-je m’assurer que mon enfant a une bonne audition?

Certains hôpitaux offrent le dépistage néonatal dès la naissance. Si votre enfant n’a pas eu l’opportunité de bénéficier de ce dépistage, prenez rendez-vous avec un audiologiste qualifié qui offre ce type d’évaluation. N’oubliez pas, il n’est jamais trop tôt pour s’assurer de l’intégrité de l’audition de votre enfant.

Article rédigé par Catherine Bordeleau, M.P.A, Audiologiste
Clinique MultiSens

[1] Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, 2015

[2] Programme de dépistage universel de la surdité et d’intervention précoce chez les nouveau-nés au Québec : analyse préliminaire, 2002

[3] Principles and Guidelines for Early Hearing Detection and Intervention Programs (American Academy of Pediatrics), 2007