Le combat d'une vie

C’était un matin d’hiver. Une autre matinée froide et lumineuse, un froid polaire.  

Je me dirigeais vers une petite ville pour photographier une amie. J’avais hâte de la voir, mais cette séance me rendait nerveuse, car elle revêtait un caractère très spécial.

Cancer sein

Depuis environ deux ans, je pratique la photographie boudoir. Ce type de photographie apporte beaucoup à mes clientes qui désirent vivre un moment spécial où la féminité est la reine de la journée. Photographier des femmes qui se dévoilent entièrement devant la caméra demande que j’adopte une attitude posée et sécurisante pour mettre mon sujet en confiance. Mais ce n’était pas ce qui me rendait nerveuse.

Ma nervosité venait du fait que j’allais photographier une amie atteinte du cancer du sein qui désirait immortaliser ce moment charnière de sa vie. J’allais donc la prendre en photo dans sa plus grande vulnérabilité.

Ça y est, j’y suis. Je l’aperçois par la grande fenêtre du salon. Elle m’attend. Je remarque son petit bonnet de coton qui orne sa tête.

En entrant, je la salue et je me précipite à l’évier de cuisine pour me laver les mains. Elle m’avait spécifié au téléphone qu’elle avait le système immunitaire à plat. Je me devais donc de demeurer prudente

Mary souffre d’un cancer du sein stade 1. Elle a 31 ans. Elle n’a pas d’enfants et elle ignore si un jour elle pourra en avoir de sa propre chair, et ce, malgré le fait qu’elle a fait congeler ses ovules. Son cancer étant hormono-dépendant, une éventuelle grossesse pourrait poser problème. 

Comme des milliers d’autres femmes, sa vie a basculé lorsqu’elle a découvert une masse dans un de ses seins. Une masse qu’elle décrit comme une lune. Une lune avec des cratères irréguliers. Une bosse qui n’a rien à voir avec toutes les autres bosses que l’on peut retrouver dans nos seins.

Sa vie est maintenant en suspens. 

Une fois le diagnostic tombé, il s’en suit une chirurgie pour enlever la tumeur. Ensuite, un traitement de chimiothérapie préventif lui est prescrit pour finalement compléter avec la radiothérapie.

Sa vulnérabilité me touche, sa tristesse me chavire. Et moi, j’ai de la difficulté à régler mon appareil. Quelques larmes s’échappent de mes yeux et pour rassurer Mary, je lui dis qu’elle est belle.

Cancer du sein

À travers ces sentiments d’incompréhension, je sens qu’elle a de l’espoir. Elle n’est pas seule dans son long chemin vers la guérison. Son conjoint et sa famille la soutiennent.

Mary aimerait que les femmes apprennent à connaître leurs seins. On ne le dira jamais assez : l’observation et l’auto-examen des seins sont une habitude que nous devrions toutes avoir.

De plus, le site Internet Ruban rose regorge de ressources pour guider les femmes atteintes du cancer.  

Cancer du sein

La prévention par l’observation des seins et la détection rapide d’une irrégularité sont deux facteurs importants dans la guérison d’un éventuel cancer. Donc, le site Internet Ruban rose fait en la promotion en plus d’offrir différents témoignages de femmes ayant combattu le cancer.  

Mary m’a précisé à plusieurs reprises que ce site Internet lui fournit l’information et le soutien dont elle a vraiment besoin.

Enfin, étant donné que le mois d’avril est le mois de la jonquille, je tenais à sensibiliser les lectrices JSUM à porter attention à différents changements suspects dans leurs seins ou ailleurs sur leur corps. Le cancer n’a pas d’âge.

Je tiens à remercier Mary d’avoir accepté de nous dévoiler une partie de sa vie.

Je remercie aussi mon amie Abby de m’avoir assistée lors de la séance photo.

Article rédigé par Laurence Lavigne 
Crédit photos : Laurence Lavigne

Dans la cuisine de Laurence