L’adoption : que d’émotions!

L’aboutissement d’un long processus qui permettra la réalisation d’un rêve, celui d’avoir un enfant et de fonder une famille. Pour certaines personnes, l’attente est tellement longue qu’elles ont le temps d’avoir des enfants biologiques. Alors, l’entourage vous demandera sans doute pourquoi adopter alors que vous avez de beaux enfants à VOUS. L’adoption, c’est la possibilité de connaître un enfant avec un vécu et de l’accompagner, de connaître et d'intégrer une culture différente, de rencontrer des gens fantastiques et de vivre de nouvelles expériences, etc. Tant d’éléments qui font en sorte que l’adoption est une belle expérience et permet d'avoir, tout de même un enfant à NOUS.

iStock_000019420722XSmall.jpg

Avant de rencontrer ce dernier, les parents auront plusieurs défis à réaliser, dont le premier qui consiste à compléter leur dossier en vue du dépôt dans le pays d’adoption. Les rencontres psychosociales qui permettent aux parents de voir s’ils sont prêts à entamer ce long processus et d’accueillir un enfant qui aura des besoins différents en plus des besoins habituels qu’ont les enfants. Comme le disent Dr Chicoine et Madame Lemieux (2003) 1, l’enfant adopté est un enfant comme les autres, mais avec certaines particularités. Par contre, ce n’est pas une partie de plaisir pour certaines personnes de mettre leurs tripes sur la table. De plus, certains se sentiront frustrés que de devoir faire ce processus, alors que les parents qui ont un enfant biologique n’ont pas à passer ce genre d’entrevue.

Une fois, le dossier déposé, il y a la période d’attente. Toute une gamme d’émotions prendra place tels que la colère de ne pas contrôler les décisions du pays d’adoption et de notre pays, l’espoir de pouvoir un jour tenir NOTRE enfant dans nos bras, la peine de voir que les propositions prennent de plus en plus de temps à venir, le découragement et l’envie de tout laisser tomber, la jalousie de voir d’autres parents avoir leur PROPOSITION, etc. L’adoption c’est comme des montagnes russes, il y a des bas et des hauts.

Finalement, le téléphone tant attendu arrive et la PROPOSITION, celle où nous connaissons le nom de l’enfant, son état de santé, sa date d’anniversaire, son dossier évolutif ainsi que LA PHOTO à laquelle on s’attache jusqu’à notre départ. On l’aime déjà, c’est NOTRE enfant. On l’imprime et on la place partout dans la maison et au bureau. On effectue même un envoi massif à notre famille et à nos amis par courriel. ENFIN! Quelque chose de concret auquel on peut s’accrocher. Un autre défi nous attend, l’attente de LA DATE de DÉPART qui habituellement vient après tant de semaines, mais en ce moment c’est plus long que prévu et évidemment personne ne peut dire avec certitude quand sera LA DATE. 

L’heure est maintenant sonnée et voici enfin le départ après huit mois d’attente au lieu de 2. C’est parti pour la rencontre. Attendez, il y a de la glace sur les ailes de l’avion, alors on quitte le Québec 2 heures en retard et évidemment on manque le vol de correspondance et l’on doit prendre une chambre d’hôtel pour prendre le vol du lendemain.

Vous croyez que j’exagère, détrompez-vous, c'est un processus des plus normal.

Après 30 heures sans dormir, nous arrivons enfin à destination et dans quelques heures ou dans quelques jours nous rencontrerons notre trésor. LA RENCONTRE, tellement d’excitation et de craintes. Va-t-il m’aimer? Vais-je le trouver beau? Dans certains pays, on rencontre la nounou qui s’occupait de notre enfant et même certaines personnes ont rencontré la mère biologique de l’enfant. Ouf! Que d’émotions, car nous sommes heureux de le rencontrer, mais en même temps, on a l’impression de l’arracher à son milieu.

LA RENCONTRE. Quel soulagement! Certains bébés riront, d’autres pleureront. Le parent pleurera ou pas, mais ce qui est important c’est que nous sommes enfin réunis.

À suivre… Dans le pays de l’enfant

1 Chicoine, J-F., Germain, P., Lemieux, J. (2003) L’enfant adopté dans le monde (en quinze chapitres et demi). Éditions de l’hôpital Ste-Justine : Québec

Article rédigé par Nathalie Roger B.Éd.
Maman de deux filles de 9 et 3 ans de la Chine.
www.adaptationfamille.ca