La formule magique pour le développement psychologique de l’enfant : la liberté !

Les enfants d’aujourd’hui ne bénéficient presque plus de temps libre. L’école, les services de gardes, les activités organisées et les emplettes avec les parents chargent leurs horaires. Dans le peu de temps libre qui leur reste, bien peu le consacre au jeu libre. La télévision et les jeux vidéo sont peut-être à blâmer, mais les parents, en voulant, avec les meilleures intentions du monde, stimuler leur progéniture, porteraient en grande partie la responsabilité de la décroissance étudiée du jeu libre. Fait alarmant : plusieurs chercheurs notent une corrélation entre cette courbe de déclin et la courbe de certains désordres mentaux chez les enfants et les adolescents. Une analyse de leurs études couvrant les soixante dernières années fut publiée en 2011 dans l’American Journal of Play.

Les pathologies observées

Les études analysées par le Journal enregistrent une croissance dramatique et continue des indices de désordres psychologiques chez le groupe-cible depuis les années cinquante. La dépression, souvent liée à l’anxiété, connait une augmentation de 85 %. Approximativement 8 étudiants du secondaire sur 10 souffriraient de dépression clinique comparativement à un sur dix entre 1938 et 1955. Dans 80 % des cas, nos jeunes se sentent moins en contrôle de leur vie que les grands-parents au même âge. Aussi, le taux de narcissisme a doublé entre 1994 et 2009.

Selon le Dr Stuart Brown, fondateur de la National Institute of Play, « les recherches scientifiques tracent un lien direct entre un déficit de jeu et certaines tendances de santé publique particulièrement inquiétantes : […] l’augmentation de la dépression chez les enfants et l’augmentation des problèmes de comportements observés à l’école, notamment la violence et les problèmes d’interaction sociales. »

Les avantages du jeu libre

Le jeu libre définit une période de jeu non structuré par l’adulte. Bien que l’adulte soit présent afin d’assurer la sécurité, il n’interagît d’aucune façon. Idéalement, le jeu libre se joue à l’extérieur avec d’autres enfants. Les jeux de ruelles en constituent l’exemple le plus parfait.

Dans ce type de jeu, notre charmant chérubin goûte à la socialisation, au partage et à la coopération, mais aussi au contrôle de son impulsivité et de ses émotions. Quel petit ami voudrait continuer à jouer dans la chicane ?

En élaborant le cadre et les règles, les enfants se fixent des buts à atteindre tout en se servant de leur imagination et de leur créativité. En éprouvant l’échec dans un contexte ludique, ils apprivoisent celui-ci et expérimentent ainsi la résolution de problèmes et la recherche de solutions. Parfois en solitaire, parfois en équipe.

Les parents cherchent tous le jeu qui développera l’autonomie, la confiance en soi, la pensée créative, le contrôle des émotions, l’esprit d’équipe et l’intelligence. De plus, semblerait-il que les apprentissages effectués lors du jeu libre aideraient grandement à la lecture et aux mathématiques. Un tout-inclus, finalement !

Mes chéris, allez jouer dehors ! Maman va s’asseoir bien sagement sur sa chaise longue avec un bon livre. Ce faisant, je participe à votre développement !

Article rédigé par Catherine Lemire

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