Entrevue et confidences avec Mélanie Maynard

 

 

Je la regardais à Deux filles le matin, puis cette année je la suis dans son nouveau hebdomadaire Ça finit bien la semaine.  Elle me fait souvent rire puis je trouve que c'est une personne très intègre qui s'assume pleinement. Elle a accepté ma demande d'entrevue sans hésitation et ça m'a beaucoup touché.

Mélanie, merci de vous être prêté au jeu.  Vos réponses m'ont fait réfléchir... Merci pour votre temps et grande générosité.  
J'espère un jour avoir le plaisir de vous rencontrer.

Sans plus tarder, voici mon entrevue avec Mélanie Maynard.  

Bonne lecture !

____________________________________________________________________________________

Entrevue et confidences avec Mélanie Maynard

Depuis cet automne, nous pouvons vous voir tous les vendredis soir à l’émission Ça finit bien la semaine.  Comment  trouvez-vous la co-animation d’un « talk-show » diffusé en soirée ?  C’est quoi votre plus grand défi ?

La co-animation ne me change pas tellement puisque j’en faisais depuis 5 ans à l’émission Deux filles le matin. Ce n’est pas tant l’animation que le type d’émission qui diffère. La quotidienne matinale se voulait plus comme un magazine à caractère sociale alors que là, c’est d’avantage de l’entrevue de personnalités publics.

C’est certain que la commande n’est pas la même, il faut être plus vigilant, on à moins droit à l’erreur, il faut des invités qui vont chercher l’auditoire et des questions qui les empêchent de changer de poste !  C’est plus stressant mais aussi plus stimulant ! Comme le Québec est un bien petit marché, mon défi est donc de toujours chercher plus loin afin de faire découvrir aux gens des facettes moins connues des artistes que j’interview.

 

Vous êtes non seulement animatrice mais également comédienne.  Un jour, aimeriez-vous êtes derrière la caméra ?

Ça ne me déplairait pas du tout.  Plus je connais le médium et plus la production m’intéresse.  J’ai un côté qui aime être en contrôle,  je n’aime pas faire des choses que d’autres ont décidés pour moi,  les sphères où se prennent les décisions sont donc très invitantes pour moi.  

D’autant plus que je ne suis pas certaine d’être la bonne candidate pour le « remontage  de face » -quand les années se feront sentir sur mon visage, alors passer derrière sera peut-être inévitable un moment donné !

 

Comment vivez-vous la conciliation travail/famille ?

Mieux depuis que mon horaire est allégé.  Mon fils avait à peine 8 mois et ma fille 8 ans quand j’ai commencé à animer Deux filles le matin, cinq jours semaine, environ 8 mois par année.  Ça, c’était essoufflant.  Même quand j’étais à la maison, j’avais toujours la tête pleine de ce que j’avais à accomplir quand les enfants seraient couchés.  Avec le recul, c’est un sacrifice que je regrette un peu.  On ne peut pas être totalement performante partout.  J’ai manqué des beaux moments dans la vie de mon petit dernier et ça me rend très triste.

Quand je pense que la majorité des femmes ont un horaire comme ça à l’année !  J’ai beaucoup de compassion pour celles qui ne peuvent pas choisir de ralentir ou d’alléger leur horaire.  Quand à chaque année je disais que je quittais Deux filles, c’est que j’étais vraiment tiraillée entre l‘artiste qui voulait se réaliser et la mère.   Ma fille aussi avait bien hâte que je quitte cette tâche. C’est certain que pendant cette période, je me déculpabilisais en me disant que c’était le lot de plusieurs femmes.  Cependant, j’ai été bien entourée, je ne crois pas que mon fils n’est été fragilisé par la période que j’ai manqué, c’est moi que ça attriste quand je regarde des photos de lui petit,  je suis nostalgique de ses joues que j’aurais encore pu embrasser plus souvent !  

 

Pouvez-vous nous faire part d’une activité que vous aimez faire avec vos enfants à la maison ?

Disons qu’avec ma fille c’était le bricolage qui primait, nous avions les mêmes goûts, elle est très artistique alors ce n’était pas difficile de trouver des activités.  Avec mon fils, les bricolages sont de plus courtes durée et j’avoue trouver moins d’intérêts dans les Bakugans et Pokémons !  Outre qu’ils n’ont pas le même sexe, mes enfants ont 8 ans de différence alors ce n’est pas toujours évident de trouver une activité qui plait autant aux 4  (j’ai aussi deux belles-filles de 16 et 14 ans).  Je vous dirais que plus fiston vieillit plus il est facile de trouver des jeux qui plait à tous et faire des sorties où tout le monde est capable de suivre !  

Présentement, ce qui à la palme des activités de groupe, c’est les balades en forêt, la cuisine et la Wii ! 

 

Ce sont quoi vos désirs/rêves en tant que femme ?

Wow !  C’est une grande question !  Je vous dirais que depuis que j’ai failli perdre ma mère au printemps dernier et que j’ai perdu mon père cet automne, j’ai du mal à concrètement y répondre. Avant ces événements je croyais avoir des ambitions plus concrètes.  Maintenant j’ai plus de doute sur ce qui m’intéresse vraiment.  

Je ne veux plus avoir de regret, je veux faire les choses pour moi et pour ceux que j’aime d’abord et non plus pour prouver quoi que ce soit. Le rôle de superwoman, de prouver que je peux tout faire ne m’intéresse plus.  J’ai encore envie de beaux projets mais seulement pour des raisons qui feront raisonner quelque chose de vrai en moi, pas pour la reconnaissance ou la gloire. 

Je considère que j’étais déjà quelqu’un de familiale mais je dirais que ce qui est arrivé à mes parents m’a fait réaliser l’importance de ma cellule familiale dans ma vie, à la fin il n’y a que ça qui compte. Alors en tant que femme je crois que mon désir actuel est de profiter du moment présent en tentant de ne plus négliger ma vie personnelle et de m’en rappeler quand un tourbillon tentera de m’aspirer à nouveau ! 

 

Quel est votre plus grand défi en tant que mère ?

Tenter de faire profiter mes enfants de ce que je sais, de ce que j’ai appris en les amenant à le découvrir par eux-mêmes !  Mon défi est de leur servir de guide vers l’individu qu’ils ont à devenir. Je crois qu’on ne peut être heureux que lorsqu’on réussit à être 100% soi-même.  Si non, on est toujours en train de se comparer ou de se mesurer.

J’aimerais que mes enfants soient fiers de ce qu’ils sont, soient fiers de leurs choix et de leurs opinions. Comme je suis issu d’une famille de 8 enfants, j’ai passé une grande partie de mon enfance à me comparer à plus belles et plus brillants que moi, je tente donc de tout mon cœur à favoriser le côté unique plutôt que comparatif de mes enfants.  Je crois que c’est une des bases essentielles pour qu’ils aient une bonne estime d’eux-mêmes. 

 

Quelle est votre plus grande fierté en tant que mère ?

My god,  je suis tellement fière !  S’il y a quelque chose sur quoi je n’ai aucune humilité ce sont mes enfants !  Mes yeux roulent dans l’eau aussitôt qu’on me parle d’eux !  Je crois que mes enfants seront armés pour faire face à la vie.  Nous sommes dans la vérité, je ne leur ai jamais parlé comme s’ils étaient des sous-humains, ils ont des réponses à toutes les questions qu’ils me posent et chacun des problèmes qu’ils vivent trouvent une oreille.

Je suis très fière aussi de la façon dont ils s’expriment.  Je leur lis des livres depuis qu’ils sont au berceau et je crois que ça a vraiment eu un impact sur leur développement.  Globalement, je suis surtout fière quand je vois que nous avons réussi à nous  « constituer » une famille.  Les statistiques ne sont pas reluisantes pour les familles reconstituées.  Il existe un véritable lien d’affection entre nos enfants et entre nous tous.  Nous avons travaillé fort, nous avons souvent eu le vent dans la face et encore parfois mais le lien qui nous unit est devenu aussi vrai qu’une famille conventionnelle, et même plus fort si je me fie à celle dans laquelle j’ai grandi.  Maintenant ce n’est plus, tes filles, ma fille et notre fils mais bien, nos enfants !  Avec le temps les enfants ont développé un véritable lien d’affection, ils s’aiment et se respectent comme s’ils étaient de vrais frères et sœurs,  c’est un grand bonheur pour nous.  En fait, y a que l’expression « ton ex » qui est encore en vigueur, malheureusement  le temps ne vient pas toujours à bout de tout !

 

Que faites-vous pour prendre du temps pour soi ?

Je lis dans mon bain, la porte barrée.  C’est ma principale source d’évasion, le seul moment où je n’ai pas la tête occupée à rien d’autre qu’à relaxer.  Aussi parfois, je réussis à aller prendre des marches toute seule, (mon chum et ma fille adore marcher avec moi, quand ce n’est pas un c‘est l’autre qui en profite pour me raconter ce qui les turlupinent), alors quand je suis seule… ça aussi ça fait faire le vide !  

Aussi, je me suis procuré un dvd portable et j’écoute des films dans mon lit que je choisis pour moi toute seule !  Comme on est 6 dans la maison, ce n’est pas toujours moi qui gagne chez Vidéotron ! Bref, du temps pour moi, c’est tu-seule !  Et je dois admettre que c’est assez rare !


Le temps des fêtes approche à grands pas….pouvez-vous partager une histoire/anecdote comique  reliée aux fêtes (de votre enfance ou avec votre famille) ?

Le Temps des Fêtes a été étourdissant cette année. C’était notre premier Noël sans mon père alors je crois que je l’ai traversé le Temps des Fêtes plus que je ne l’ai pas vraiment vécu. Il y a quand même eu un moment particulièrement magique.

Chaque année nous nous évertuons à faire vivre la magie du Père-Noël à notre petit dernier. (Ma fille a cessé d’y croire à l’âge de 7 ans parce que je lui ai dit la «  vérité » qu’elle m’avait sommé de lui dire !! Pour ensuite m’envoyer un –« tu as gâché mon enfance!! » au visage.)  Alors vous comprenez que mon fils, on s’arrange pour qu’il y croie !

Donc, comme il est devenu trop fin renard pour qu’on lui passe un oncle déguisé assis au milieu du salon, on trouve des astuces.  L’an passé, le Père-Noël faisait teinter ses clochettes dans la forêt et on lui courait après en tentant de l’apercevoir. (Ça prend un oncle en forme et pas trop saoul pour ne pas se laisser attraper !)  

Cette année, nous étions dans un chalet dans le coin de Mansonville, dans les Cantons de l’est.  Nous avons acheté des feux d’artifices et ensuite nous avons entendu un bruit dans le boisé.  Avec des lampes de poche nous sommes partis en expédition.  En suivant des traces et des bouts de carottes mâchées, mon fils a retrouvé la tuque du Père-Noël accrochée à un arbre et un peu plus loin des sacs rouges pleins de cadeaux.  Sa théorie à été que les feux d’artifices ont fait peur aux rennes et que le Père-Noël a échappé sa cargaison !

C’était magique, tous les adultes complices du prolongement de l’enfance d’un petit…quand ça marche je ne sais pas si c’est l’enfant ou l’adulte qui est le plus heureux !

 

Merci Mélanie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.  

Comment