Des cheveux dans le bain

Le jour où je me suis rendu compte que ça faisait plusieurs fois que le drain du bain bouchait après avoir lavé les cheveux de ma fille, je me suis mise à m’inquiéter. Pourquoi perd-elle ses cheveux ? Que lui arrive-t-il ?

  Juliette Crédit photo : Cynthia Côté


Juliette
Crédit photo : Cynthia Côté

Juliette avait 4 ans lors de son premier épisode d’anxiété. Un long processus a toutefois dû être enclenché avant que ne tombe le verdict final. Son médecin de famille ainsi qu’une pédiatre spécialisée en troubles alimentaires l’ont suivie pendant un an. Puisqu’elle est très difficile sur le plan alimentaire, on a d’abord cru qu’elle manquait de vitamines.

Après une batterie de tests à l’hôpital sur son âge osseux, des prises de sang et tout le tralala, ma fille a été rencontrée seule à seule. Je dois admettre que de me sentir exclue de son examen médical m’a inquiétée. Je me demandais ce que j’avais fait d’incorrect, ou ce que j’aurais plutôt dû faire pour éviter ça. 

À mon retour dans le bureau de la pédiatre, elle m’a demandé d’examiner avec elle le cuir chevelu de ma fille. Il y avait plein d’endroits où il n’y avait plus de cheveux du tout. J’étais tellement inquiète et je me sentais si impuissante. Elle dit très calmement : « Vous savez, des cheveux, ça repousse. Là, ce qu’on veut, c’est qu’ils arrêtent de tomber. » On a donc cessé les coiffures trop serrées, on assèche correctement le cuir chevelu, mais surtout… on parle. On parle beaucoup. De ses émotions, de ce qui s’en vient. Il faut la rassurer encore plus que n’importe quel autre enfant : « Votre fille souffre d’anxiété. À ce stade, il faut agir rapidement », m’explique-t-elle.

Anxiété

En faisant un bilan rapide des derniers mois, son père et moi avons constaté que notre Juliette avait eu plus que son lot d’émotions : l’arrivée de sa petite sœur, l’entrée à la garderie, la maternelle qui s’en vient. Elle nous parlait toujours de tout ça avec beaucoup d’enthousiasme alors nous n’avons jamais vu cela venir. Elle gardait toutes ses émotions dans son petit cœur d’enfant, jusqu’à en perdre ses cheveux.


« Regarde, maman, mes mini cheveux ! »

LA plus belle phrase entendue quelques semaines plus tard… Quand les cheveux de ma Juliette ont recommencé à pousser. Avec beaucoup de patience et d’amour, on peut en faire pousser de petites réussites !

Lors de ce premier épisode d’anxiété, je cherchais beaucoup sur Internet et rarement je voyais la perte de cheveux comme symptôme à l’anxiété. Sur le site de référence de l’Hôpital de Montréal pour enfant, entre autres, on parlait plutôt de changement de comportement, de problèmes de sommeil et de rythme cardiaque élevé. Juliette ne présentait aucun de ces symptômes. Elle était enjouée, adorait sa nouvelle petite sœur et papa lui accordait beaucoup d’attention. Elle ne semblait, en apparence, ne manquer de rien.

En approfondissant mes recherches, je suis tombée sur un site que j’affectionne particulièrement, celui de Naître et grandir. Outre la patience, les démonstrations par le jeu et les encouragements, j’ai privilégié les conseils suivants qui m’ont été très utiles :

§  Rappelez-lui constamment qu’il y a plein de choses dont il n’a plus peur. Cela l’aidera à comprendre qu’il lui est possible de surmonter ses craintes.

§  Essayez de négocier avec lui des « périodes d’essai » en ce qui a trait aux nouvelles activités. Cela l’encouragera à découvrir le monde.


L’entrée en maternelle de ma Juliette a été très difficile et sa professeure appréhende déjà son entrée en première année. Mais maintenant, nous sommes outillés pour affronter ses peurs que ce soit une grande étape de la vie ou encore, rencontrer une mascotte (sa phobie !).

Article rédigé par Cynthia Côté