Cette nouvelle qui fait mal

La grande sensible que je suis n’a pas fermé l’œil de la nuit ou presque. Je pense à cette histoire du papa qui a enlevé son fils, après que le corps de sa mère ait été retrouvé sans vie dans la résidence familiale. Outre l’atrocité de cette nouvelle et le stress de retrouver le petit en vie, il y a plus. Il y a de la violence, de la haine humaine qui me fait peur et qui me bouleverse chaque fois.

On ne connaît pas toute l’histoire mais les pièces du casse-tête commencent à être assemblées. On entend « drame familial », « couple en difficulté », « homme impulsif ». Impulsif. Ça me rappelle de douloureux souvenirs.

J’entends le psychologue parler de « black-out ». L’humain qui vit une situation très difficile et qui n’arrive pas à la gérer. Il voit tout en noir. Il ne sait plus comment réagir. Et il agit. Mal. Très mal. Sous le coup de l’émotion. Il est blessé. Et il blesse à son tour.

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J’ai longtemps cru que je n’étais pas faite pour être en couple. Après 12 ans de vie commune avec mon premier chum qui est devenu mon mari et le père de mes enfants, cet amour s’est éteint pour laisser place à l’amitié. Nous sommes séparés depuis 3 ans et notre relation se porte bien. Nous sommes une famille « nouveau genre » et ça nous convient parfaitement : deux maisons, mais une belle complicité. J’ai un amoureux que j’adore, doux et compréhensif. La vie est bonne pour moi.

Mais elle ne l’a pas toujours été. Dans le tourbillon d’une séparation, on perd ses repères et certaines personnes mal intentionnées peuvent malheureusement s’immiscer dans ton malheur sans qu’on le voit venir. Ce « genre de personne » impulsif, qui casse quelque chose dans la maison mais qui te promet de ne jamais te toucher, toi, ni tes enfants. Ce « genre de personne » dont l’entourage ne se doute pas un seul instant qu’il puisse déceler une once de méchanceté quand tu tentes de leur en parler. Ce « genre de personne » qu’on ne soupçonnait pas camoufler autant de vulnérabilité et de mal-être intérieur. Ce « genre de personne » que tu as peur de quitter. Ce « genre de personne » qui te marque à vie, malheureusement.

Alors à toi qui lit ces lignes. Qui reconnaît être en relation avec ce « genre de personne ». Protèges-toi et protèges tes enfants. Il existe des ressources pour toi. Si tu as ne serait-ce qu’un petit doute, une peur enfouie au fond de toi, parles. Maintenant.

Article rédigé par Cynthia Côté