Bébé face au monde : OUI ou NON ?

En Amérique du Nord, nous voyons régulièrement des bébés faire face au monde dans un porte-bébé situé sur le devant du porteur. De plus en plus de voix se lèvent pour dénoncer cette pratique. Plusieurs écoles de pensées existent à ce propos.

Les arguments contre sont nombreux :

Ce sujet ne fait pas l’unanimité dans le petit monde du portage : si certains prônent l’abolition de cette position, d’autres sont plus nuancés. Christine Villeneuve du Centre de ressources périnatales Les Relevailles de Montréal explique : « Notre rôle n’est pas de juger les parents ni de les faire sentir coupable, mais de les accompagner. Nous savons que de porter bébé face au monde répond au désir de nombreux parents et de quelques bébés. Nous nous assurons que, tant qu’à ce qu’ils le fassent, ils le fassent correctement et en toute sécurité. »

Bien le porter face au monde en toute sécurité implique de ne jamais le faire avant que bébé n’ait atteint l’âge de trois mois. Avant ce temps, il n’a pas le tonus musculaire pour bien tenir son cou et sa tête, et son cerveau n’est pas assez mature pour la stimulation visuelle occasionnée par cette position.

L’idéal est de placer bébé dans la poche, assis en indien, dans la position petit Bouddha. Si bébé veut avoir les jambes à l’extérieur, il faut avoir un porte-bébé dont l’assise est large pour lui offrir un bon soutien. Nous nous assurerons de bien soutenir les fesses et les cuisses jusqu’aux genoux. L’important est de garder les jambes dans leur position naturelle qui est, pour un bébé, une ouverture à 45 degrés et les genoux pliés à 90 degrés.

Souvenons-nous que, puisque la stimulation de bébé est importante dans cette position, nous ne devons l’adopter qu’à petites doses, dans des milieux calmes. Toutes les emplettes en plein centre commercial… c’est fortement déconseillé !

Assurons-nous de pouvoir le retourner s’il démontre des signes de fatigue afin qu’il puisse s’endormir confortablement.

Peu importe la personne qui le porte, bébé doit toujours être à hauteur de bisous. Ce n’est pas seulement pour nous gâter, c’est aussi parce qu’il est moins lourd ainsi.

Le choix de porter face au monde ou monde reste celui du porteur. Faire un choix est toujours plus facile lorsque l’on connait les enjeux de la situation. Après lecture de cet article, porterez-vous face au monde ou non ? Êtes-vous mieux informée ? Changerez-vous vos habitudes ?

Pour de plus amples renseignements sur le portage, nous vous suggérons les sites Internet Emporte-moi, Savez-vous porter les choux ?, ainsi que les formatrices du Centre de ressources périnatales Les Relevailles de Montréal et de plusieurs autres centres à travers la province.

Article rédigé par Catherine Lemire