Allaitement: témoignage de Marie-Pier

En juillet 2009, j'accouchais de mon premier garçon, Mathis. Pour moi, avant même d'accoucher, ma décision était prise. Je voulais donner ce qui était de meilleur à mon bébé, le lait maternel. De plus, puisque nous aimons beaucoup voyager, je trouvais cette solution plus pratique. Durant toute ma grossesse, j'ai lu une panoplie de livres, donc "Près du cœur". Celui-là, ne venait pas me chercher puisque je ne me sentais pas touchée par l'allaitement. Dans mes autres livres, l'allaitement n'était que brièvement abordé. Je trouvais que l'allaitement était si naturel, pourquoi lire sur le sujet? Je n'ai aussi pas fait de demande de marraine d'allaitement mais connaissait l'organisme de ma région.

L'accouchement se déroula bien. 13 hres de travail naturel pour faire sortir mon gros bébé de 8lbs 15 oz. La première tétée  fût la plus "fatale". Mon accompagnante, mon chum, l'infirmière me demandent si la tétée fait mal.. :"Euh... c'est sûr que je sens quelque chose, mais je ne me suis jamais fait téter par un bébé donc je ne pourrais pas le dire" était ma réponse. Déjà après une journée, les gerçures étaient installées. Le deuxième soir, pour me donner une pause, on lui donna mon colostrum tiré manuellement à la cuillère. Le petit était encore affamé, on lui donna donc un peu de préparation à l'aide d’un fil au bout d'une seringue.

Malgré ce fait, les infirmières continuent de me dire de mettre ma crème à base de lanoline et que ça va guérir.  De retour à la maison, je vis ma montée laiteuse. Mon chum est une perle, il lit sur internet, s'informe et m'aide à passer au travers. Après 1 semaine, mon chum n'en peut plus. Il rappelle l'infirmière qui a fait la visite postnatale. Elle nous parle d'halte d'allaitement. Je m'y dirige mais les infirmières poursuivent le même discours.. crème de lanoline et goutte de lait. 

Déjà après 1 semaine d'allaitement, je n'en peux plus. J'ai le mamelon du sein droit complètement affreux, ma crevasse est très installée, y'a du pu et la peau pend. Durant la nuit, je dis à mon chum que je ne veux plus allaiter, de stériliser les biberons. Il m'encourage à poursuivre. Je me dis que j'ai réussis à faire sortir mon gros bébé sans épidurale, que je suis bien capable d'endurer les douleurs.

Mon chum est tanné de me voir souffrir, on décide d'aller louer un tire-lait et que j'arrête d'allaiter du sein droit. J'allaite donc mon garçon que du sein gauche et je tire mon lait du sein droit. À ce moment, on oublie la visite! Pas très élégant de me voir tirer du lait et me voir pleurer durant la tétée (qui durait 1h30). La semaine suivante, nous allons à une autre halte d'allaitement, dans la ville voisine. La consultante en lactation m'envoie directement chez le médecin. Elle me dit que jamais elle n'a vu quelque chose de si horrible. Puisque j'allaitais que d'un sein, celui tiré s'améliorait un peu mais celui allaité s'empirait. Le médecin me prescrit donc la crème Jack Newman.

En revenant à la maison, malgré le fait d'avoir la crème, nous décidons de prendre rendez-vous pour une consultation privée avec une consultante en lactation. Elle se déplace chez nous et me donne des trucs pour le remettre au sein, sur mes deux seins. Ça m'a beaucoup aidé!! À toutes les semaines, j'ai continué à la voir car mon problème ne s'améliorait pas. La position était bonne mais mes gerçures/crevasses ne guérissaient pas. Ce fut qu'après 3 mois ½ que j'ai eu de beaux mamelons sans blessure.

J'ai aussi consulté une chiropraticienne aussi consultante en lactation pour mon garçon. Nous avons commencé les rencontres à 7 semaines. Mon garçon pleurait tout le temps dans sa poussette et son siège d'auto. De plus, le soir, il nous faisait vivre les coliques. Après la consultation chiropratique, nous avons appris que Mathis, avait un petit problème au cou. Il n'arrivait pas à mettre son oreille droite à son épaule. Cette restriction pouvait peut-être nuire à mon allaitement. J'ai donc continué mes consultations avec la chiro qui aidait à la fois le cou de Mathis et mon allaitement. J'ai aussi continué à consulter la consultante en lactation qui m'avait envoyé voir le médecin (celle de l'halte d'allaitement) et celle que nous avions engagé.

J'avais donc des rendez-vous 3-4 fois par semaine pour mon allaitement. Après 3 mois d'allaitement, je suis devenue marraine d'allaitement. J'ai donc été formée par la régie de la santé et des services sociaux et j'aidais mes filleules à surmonter leurs problèmes. J'ai dû arrêter d'allaiter Mathis quand il avait 9 mois. À ce moment, j'étais enceinte de 2 mois et ma production lactée avec beaucoup diminuée. Puisque je me "battais" avec Mathis au sein et que je ne voulais pas pratiquer l'allaitement en tandem (les deux à la fois) j'ai décidé de lui donner de la préparation. J'ai vécu un lourd deuil d'allaitement mais je me disais que j'allais me reprendre avec mon 2e.

En novembre 2010, j'accouchais de mon deuxième garçon, Elliott. Ma première tétée fût déjà sensible. Après une journée, les gerçures s'installaient. J'en ai parlé avec médecin, infirmières et la consultante en lactation de l'hôpital (beaucoup ne le savent pas mais souvent il y a une consultante en lactation dans l'hôpital. Elle n'est pas proposé d'emblée pour les problèmes mineurs mais si vous insister, vous pourrez la consulter). Tous pensaient que son frein de langue était peut-être un peu court.

Mon médecin trouvait aussi qu'il avait peut-être une petite restriction au niveau du cou car il était probablement le cou plié à droite depuis longtemps dans mon ventre. Nous avons décidé, avec le médecin, d'attendre de voir comment mon allaitement allait aller sans couper son frein de langue. Ma sortie de l'hôpital était un samedi. Le mardi suivant, j'avais déjà rendez-vous avec la chiropraticienne/consultante en lactation. On a vite régler la position et aider son cou. Après 1 semaine, avec la crème Jack Newman, mon problème était réglé. Elliott a actuellement 2 mois, il boit bien et prend énormément de poids. Je compte l'allaiter aussi longtemps que je le peux. À mon retour au travail, je compte garder les boires du matin et du soir pour passer ce moment si agréable avec lui. Maintenant, allaiter, est une passion!! 

Article rédigé par Marie-Pier Proulx