À toi mon enfant multicolore

C’est la première fois vraiment que je dis ces mots là depuis ta naissance, mais je trouve ça dur la transition entre toi toute petite et toi maintenant qui devient une adolescente. J’ai de la misère à composer avec tes sautes d’humeurs, mais le pire c’est que je me sens désemparée quand tu fais de l’anxiété.

Jamais en apprenant que j’étais enceinte je soupçonnais avoir à composer avec des complications à la naissance, suivies de tous ces tests et attente de résultats… le premier étant si tu allais survivre, ensuite s’il y avait des séquelles neurologiques pour finalement apprendre que les séquelles seraient soit un TDAH ou l’épilepsie. Faque on y est. C’est le TDAH.

On a fait tous les suivis, rendez-vous inimaginables dès ta sortie de l’hôpital comme ils nous recommandaient. Tu es fantastique et tu évolues si vite. Tout était beau.

Ensuite vient l’école. Et tu sais quoi? On s’est relevé les manches. On a mis tout en place pour te permettre de t’épanouir et continuer d’être l’enfant que tu es et suivre le rythme. Je n’avais jamais pensé à tous ces rendez-vous et au jonglage entre le travail, l’école, la routine. Ben on l’a fait. Que ce soit entre le médecin, l’orthophoniste, la prof privée à la maison, on a géré. Quand l’anxiété s’est pointée on a pris les devants et on est allé voir la psy pour enfants.

Là maintenant tu grandis, tu es magnifique. Quand tu paniques parce que tu ne comprends pas ton devoir ou que tu pleures parce que tu es trop stressée de ne pas y arriver et que tu en trembles, ça me fends le cœur.

Mais que tu me dises en criant dans ta panique que c’est de ma faute si tu ne comprends pas… Ben mon cœur pleure. Je sais que tu ne le penses pas, que je suis ton « punching bag », mais quand je repense à toutes ces années passées et les sacrifices faits ça me rends un peu émotive. Ben oui, ça m’arrive de l’être moi aussi.

Que tu veuilles toujours jouer sur un cellulaire, je peux gérer.

Que tu veuilles toujours voir tes amis, ça aussi je peux gérer.

Ne plus jouer avec le petits frère, je peux comprendre.

Que tu argumentes pour te coucher plus tard, je m’y étais préparée.

Mais te voir faire toute cette anxiété, je dois t’avouer que ça me dépasse.

Avoir un enfant TDAH, c’est avoir un enfant multicolore. Il y a une palette de couleurs et d’émotions et comme la vie, c’est plein de surprises.

Il y aura des tempêtes mon cœur, mais souvent quand ça se calme il y a un arc-en-ciel, rempli de couleur… comme toi.

Acceptes d’être un petit rayon de soleil parmi tout ça et surtout fais-toi confiance. La vie est bonne, la vie est belle.

Pis le soir quand tu ne t’endors pas à cause de toute cette « mausus » d’anxiété, racontes-toi cette histoire pour t’aider à t’endormir. Celle qui raconte que tu n’es pas seule et que maman est là aussi pour toi et elle fait son possible.

Rédigé par Maman anonyme